Archive pour janvier 2007

The Different Company : Un parfum d’Ailleurs & Fleurs

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Bienvenue dans un monde différent, un monde de produits rares, où l’on cherche à sortir des convenances pour offrir un vrai luxe et une beauté à part : The Different Company.

Dans sa recherche de qualité et d’exeption, Nez Bavard ne pouvait pas manquer de passer par la maison : The Different Company. C’est une maison jeune, soutenue par Jean Claude Ellena, un célèbre parfumeur, à qui on doit notamment Bois Farine de L’Artisan Parfumeur, mais aussi First de Van Cleef & Arpels, et le désormais célèbre Terre d’Hermès. C’est sa fille, Céline Ellena qui est le nez de la maison, et qui a composé : Un parfum d’Ailleurs & Fleurs, l’un des trois parfums d’ “Explorations sensorielles” avec Un parfum des Sens & Bois et Un parfum de Charme & Feuilles.
J’ai découvert Un parfum d’Ailleurs & Fleurs une après-midi où je flânais au Carrousel du Louvre. En ce mois de janvier qui s’éternise, j’avais envie de fleurs fraîches et parfumées : alors je me suis naturellement dirigée vers celui-ci.
Le parfum est composé de bigarade, petitgrain, sureau, mandarine ; puis néroli, tilleul, badiane ; et enfin tubéreuse, fleur de noisettier, prune, muscs. Dans un premier temps, j’ai surtout senti le néroli et la tubéreuse. Puis vient la délicatesse du tilleul… Il est harmonieux et me fait penser à un grand bouquet de fleurs, c’est un exceptionnel fleuri-frais. C’est la fraîcheur du tilleul qui m’a le plus touchée, mais j’aurais aimé que la note du sureau soit plus présente.
J’ai eu une année, l’occasion de faire un sirop avec des fleurs de sureau fraîches et je n’ai jusqu’à présent rien retrouvé d’aussi agréablement rafraîchissant… Un parfum d’Ailleurs & Fleurs est rafraîchissant, mais je dois admettre une pointe de déception : il sent vraiment bon, il suggère le printemps, la plus belle saison qui soit… mais il ne me transporte pas. Je m’attendais avec un titre comme le sien à un parfum différent (à l’image de la marque), et je trouve un parfum certes suggestif mais classique.

J’aime les odeurs décalées ou franchement évocatrices comme Bois d’Arménie de Guerlain ou Fumerie Turque de Serge Lutens, ou bien chez The Different Company : Rose Poivrée. La quête de Nez Bavard pour un fleuri décalé peut commencer…

English Version
Welcome in a different world, a world of rare products, where one seeks to leave conventional pleasures to find true luxury and beauty : The Different Company

In its search of quality and exeption, Nez Bavard had to know about The Different Company. It is a young company, which works with Jean Claude Ellena, a famous perfumer, the creator of Bois Farine from L’Artisan Parfumeur, but also First of Van Cleef & Arpels, and the famous Terre of Hermes . It is his daughter, Céline Ellena who is the nose of the brand, she composed : Un parfum d’Ailleurs & Fleurs, one of the three perfumes of “Explorations Sensorielles” (Sensory Explorantions) with Un parfum des Sens & Bois and Un parfum de Charmes & Feuilles.
I discovered Un parfum d’Ailleurs & Fleurs one afternoon when I strolled by the Carrousel du Louvre. In this never endind January, I was looking for a fresh flower scent : then I naturally tried this one. The perfume features the notes of bigarad, petitgrain, elder tree, tangerine ; then neroli, lime, star anise ; and finally tuberose, plum, muscs. First, I especially smelled the neroli and the tuberose. Then delicacy comes from the lime… It makes me think of a large bunch of flowers, it is a exeptionnel fresh-floral scent. The freshness of the lime touched me more than the rest.
Un parfum d’Ailleurs & Fleurs is refreshing, but I must admit a little bit of disappointment: it smells really good, it suggests spring, the most beautiful season… but it does not thrill me. I expected with a title like this a different perfume : I find certainly a perfume suggestive but traditional to my nose.

I like the astonishing scents or seriously evocative, like Bois d’Arménie de Guerlain or Fumerie Turque from Serge Lutens, or from The Different Company: Rose Poivrée. The quest of Nez Bavard for an unusual flower scent can start…

L’Artisan Parfumeur : Dzing!

Comme promis, Nez Bavard reprend du service avec une nouvelle étude. Le parfum d’aujourd’hui vient de chez L’Artisan Parfumeur, il s’agit de Dzing! . “Encore un parfum de L’Artisan!!”, et oui, encore un, mais il faut dire que c’est grâce à L’Artisan que je développe mes réflexions et mes facultés aujourd’hui…Donc, je rends hommage.

Prrrrrrrrrrrrrrrrrr (roulements de tambour) Pouêêêêêêêt!! Ouverture des rideaux, les artistes entrent en scène.

Voici comment Olivia Giacobetti (la créatrice) et L’Artisan Parfumeur ont souhaité Dzing!, comme une succession de numéros de cirque, tous plus spectaculaires les uns que les autres. Ce parfum en est une métaphore, et elle est très réussie.
Pour décrire un parfum, je recherche généralement les notes qui le composent à la fois sur OsmoZ et sur le site internet du fabriquant. Cette fois-ci, comme à l’accoutumée, je vais voir les descriptions, mais j’ai été surprise de voir sur OsmoZ une description assez différente de celle de L’Artisan Parfumeur, et qui ne correspondait pas vraiment à ce que je sentais sur ma peau, à part quelques matières. Cette fragrance est pour moi essentiellement cuirée, et c’est la raison pour laquelle elle me plaît tant, elle est décalée et inhabituelle (comme souvent avec les parfums de L’Artisan).
Le premier numéro attaque en force par une odeur précise âcre et sèche de cuir, un beau cuir brut, qui est épaissi par les épices (safran et cannelle). Tout au long du spectacle, le cuir reste présent, mais au fur et à mesure, il s’estompe, et finit par s’installer au fond des gradins, pour laisser au premier plan la place à une douce et délicieuse odeur de caramel. On parle bien de caramel, mais ce parfum est aux antipodes du parfum sucré écoeurant, il est très intéressant par ce côté à la fois très corsé donné par le cuir, et le côté poncé et miellé du caramel. Les petites touches boisées sont présentes, mais de façon très légère, car pour moi, c’est vraiment le cuir et le caramel qui dominent. L’animalité du cuir m’a spécialement touchée, elle renvoie à un aspect brut et naturel de la personne, faisant de Dzing! un merveilleux parfum de peau. Cette eau ne s’apprécie que si l’on est déjà un peu féru de parfum je pense, car les notes de celui-ci sont “vraies” : c’est la rusticité du cuir, la force des épices, le sérieux du bois, et la tendresse du caramel. Je ne l’ai pas tout de suite aimé quand je l’ai senti pour la première fois, mais aujourd’hui lorsque je le porte il me donne une certaine assurance, comme les artistes du cirque qui effectuent leur numéro avec confiance et détermination. Je me sens sincère et réelle quand je le sens, il m’ôte le doute. Je l’apprécie surtout le jour, mais n’exclus pas de pouvoir le porter en soirée, bien qu’il n’ait pas vraiment le côté opulent de Cuir Beluga, par exemple. Je crois qu’il me plaît de la même manière que m’a plu Poivre Piquant, j’ai tout à l’heure dit à ma maman que j’étais aussi enthousiasmée par Dzing! que je l’étais quand j’ai découvert Poivre Piquant. Ces deux parfums sont contradictoires (est-ce mon côté Gémeaux qui parle?), ont deux aspects qu’il n’est pas fréquent de voir ensemble : force et douceur. J’ai la sensation que l’accord de ces deux parfums crée une sorte d’équilibre, notion qui m’est particulièrement chère et à laquelle je me fie en toutes occasions. On recherche toujours l’équilibre en parfumerie, mais selon le désir du parfumeur, l’harmonie peut être atteinte de façon linéaire, par le choix des composants, la proportionnalité établie entre les matières… ou bien l’harmonie va être trouvée de façon moins scientifique par un équilibre sensoriel et intuitif : c’est là ce que je recherche le plus dans les parfums.

Nez Bavard, le retour en force!

“Oh joie! Oh délivrance! Oh parfums tant aimés!” ont été les premières paroles de Nez Bavard, lors de son interview ce matin, par le journal Parfumatin. D’après ses dires il aurait enfin retrouvé toutes ses capacités olfactives avec l’aide de des ministres B. Eucalyptor et F. Thymus. Il a déjà repris ses investigations et travaille d’arrache-senteur pour établir le programme qui lui rapportera le plus de suffrages pour les prochaines élections. Odeur Frivole, sa principale concurrente aurait déclaré à son sujet “Monsieur Nez Bavard n’a visiblement pas la force nécessaire pour assumer le rôle de président auquel il prétend!” Madame Odeur Frivole tente de nous faire oublier ses récents dérapages avec son amie Gaëlle Vanille, que l’on soupçonne de détournement de pétales de roses. Nez Bavard n’a pas souhaité s’exprimer sur le sujet, mais il compte rendre prochainement un rapport à propos d’un parfum surprenant : Dzing! de L’Artisan Parfumeur.

Toutes les infos dans le prochain billet…

KenzoKi : Soins parfumés pour le corps

Les soins KenzoKi représentent un nouveau concept dans l’univers des cosmétiques. Ils se présentent comme réconciliation de la beauté avec le bien-être de l’esprit. La gamme KenzoKi est organisée autour de 4 familles de soins, qui se distinguent chacune par un parfum et une plante, ainsi que par des textures délicieuses. L’objectif avoué est d’apporter à l’utilisatrice le bien-être, grâce à l’éveil des sens et la pratique du Ki : un concept de la philosophie asiatique qui “vise l’équilibre idéal de toutes les énergies qui circulent” dans notre corps (voir le site).
Les principes actifs qui composent ces soins sont décrits comme puisés au coeur même des plantes utilisées, sans abîmer leur qualités naturelles, ce qui les rend parfaitement compaptibles avec la peau. Les 4 plantes sont : la feuille de Bambou, la fleur de Gingembre, le Lotus Blanc et le Riz. KenzoKi a utilisé des données de l’aromacologie pour définir un effet pour chaque famille. Cette science étudie le rapport et l’action que peuvent avoir les odeurs sur notre comportement et notre bien-être. Il y a donc 4 senteurs associées à 4 états d’esprit chez KenzoKi.

Pour résumer, la gamme KenzoKi c’est : 4 plantes ayant des vertus particulières : Feuille de bambou, Fleur de gingembre, Lotus blanc, Riz ; associées à 4 senteurs ayant une action sur l’esprit : énergisante, euphorisante, relaxante, sensuelle (séduisante) ; déclinées en 4 couleurs : vert, jaune, bleu, mauve ; matérialisées par des textures adéquates : fluides et gelées pour le Bambou et la Fleur de gingembre, crèmeuses et soyeuses pour le Lotus et le Riz. Les termes sont très évocateurs, on parle de “gel frisquet” ou de “cachemire” pour le corps. Pour avoir pu tester la crème de riz blanc, je peux dire que sa texture et son parfum sont d’un raffinement peu fréquent. Une fois cette crème essayée, on sait ce que “crème” veut dire : souple, douce et couvrante, elle laisse un fini poudré charmant.

Je me suis tout particulièrement intéressée aux “eaux bienfaitrices pour le corps”. Ces eaux peuvent être considérées comme un véritable geste de beauté parfumant. Elles s’appliquent à tout moment de la journée, hydratent, parfument et stimulent les sens. A choisir selon l’humeur et l’effet désiré : dynamiser, activer, relaxer, adoucir. J’ai essayé ces eaux, je ne sais pas si l’effet placebo a quelque chose à voir dans le résultat, mais je trouve qu’en effet, celles-ci vous mettent dans une certaine disposition d’esprit en rapport avec l’odeur contenue dans le flacon. Pour l’eau énergisante (verte), l’effet fraîcheur et coup de fouet est immédiat : très vert, ce parfum suggère la vie et l’action. L’eau sensuelle est d’une douceur cotonneuse particulièrement exquise, et la relaxante décrispe et apporte sérenité. Ma préférée est l’eau euphorisante, parce que j’aime rire, et que son odeur pétillante et brillante de gingembre redonne du peps et de la joie à tout moment de la journée et encore plus quand on est morose. Toutes ces eaux sont constituées majoritairement des eaux végétales des plantes utilisées (plus de 14% pour chacune) et apportent sels minéraux, oligo-éléments et huiles essentielles. Elles sont extrêmement faciles à porter, et s’appliquent différemment et plus généreusement que le parfum, on peut les rapprocher du principe de “splash” pour le corps : appliquer sur vos bras, le dos de vos mains, votre décolleté… Je les aime pour leur simplicité et leur effet sur l’esprit (même si c’est un placebo, ça ne fait pas de mal au mental, bien au contraire).

Sources : KenzoKi, OsmoZ

Guerlain : Shalimar

Shalimar… L’un des plus grands mythes parfumés du XXe siècle, aux côtés de Chanel N°5, et qui sera rejoint dans une dizaine d’années par Angel de Thierry Mugler. Ce parfum transporte avec lui l’image de la maison Guerlain, et une “note orientale” d’après les parfumeurs. Avec toutes ces particularités, il fallait absolument que Nez Bavard donne son avis !
Créé en 1925, ce parfum est encore tout à fait dans l’air du temps, et n’a pas un aspect décalé, mais peut-être est-ce dû au fait que Shalimar a inspiré bon nombre de parfums après lui. C’est en effet l’une des plus importantes réussites en parfumerie et l’un des premiers parfums à utiliser de la vanilline (ce composant caractéristique de la vanille, qui isolé, produit un effet intense). Il est construit de la manière suivante : Tête, Bergamote/Mandarine/Bois de Cèdre/Citron ; Coeur, Patchouli/Jasmin/Rose/Iris/Vanille ; Fond, Benjoin/Baume du Pérou/Cuir. Ses notes suaves et balsamiques en font un extraordinaire parfum enveloppant, et il s’affirme très féminin grâce aux notes fleuries et à l’iris. D’après le site de Guerlain, Shalimar est un parfum qui suscite et exprime le désir.
Malheureusement, Shalimar ne me plaît pas. Je suis trop jeune pour l’apprécier? Peut-être, mais cette conclusion me semble un peu facile. Tout d’abord, cette note caractéristique de Shalimar ne me rappelle pas l’Orient, personnellement, ou en tous cas ne me semble pas être une représentation typique de celui-ci. Mais cet avis est très subjectif, car il est possible que j’aie une vision de l’Orient très différente de celle qui est communément connue. Pour tout dire, je trouve que ce parfum n’est tout simplement pas si distingué que cela. Il n’entraîne pas chez moi l’admiration, comme Prada a pu le faire. Je reconnais en lui les qualités d’un grand parfum, son aspect chaud et travaillé, très sensuel et proche de la peau. J’aime cet aspect dans de nombreux parfums, et bien que Shalimar ne soit pas particulièrement lourd, je le trouve tout de même un peu chargé, presque grossier. Cette particularité doit peut-être venir de la vanilline, qui utilisée pure, perd de sa finesse et délicatesse. Il faut aussi savoir qu’avant de le sentir correctement pour la première fois, j’ai longuement entendu parler de ce parfum, décrit comme une exception, un petit bijou, une merveille… En m’attendant à quelque chose de vraiment exceptionnel, j’ai été un peu désappointée. Je fais un léger parallèle avec Chanel N°5, car je lui consacrerai un billet. Chanel N°5 ne me plaît pas (ou ne me plaisait pas) non plus (mais évidemment pour d’autres raisons), cependant, il est plus féminin et a plus d’allure que Shalimar. Chez Guerlain, je trouve Samsara mieux construit et beaucoup plus attachant. J’aimerai avoir votre avis sur Shalimar, entendre vos critiques car je suis interessée par les différentes visions que l’on peut avoir d’un même parfum. Laissez donc un petit commentaire !

Privée de parfum!

Ceci est un billet de révolte contre le bâillon olfactif!

Les variations de température qui sévissent dernièrement dans la capitale (Paris) ont eu raison de mes capacités olfactives… Je ne suis plus en mesure depuis maintenant plus de 4 jours d’apprécier pleinement la moindre petite miette de parfum. Cette situation m’est bien cruelle, car je suis privée de mon plaisir quotidien, malgré mes incessants efforts pour vaincre contre l’adversité.

“Dans un récent communiqué de presse le gouvernement interne de Poivre Bleu nous fait savoir qu’il déploie tous les efforts possibles pour résoudre au plus vite cette affaire : Messieurs les Ministres Barnabé Eucalyptor et François Thymus ont été convoqués d’urgence pour entamer un dialogue avec les principaux syndicats : Pouvoir Nasal (PN) et Gloire Olfactive (GO). Ils réclament le rétablissement immédiat de la situation et des subventions parfumées en dédommagement du préjudice subi par les travailleurs de l’odorat.
Malgré les aides fournies et les réformes entamées, il semble désormais inévitable que le prochain candidat qui sera élu à la tête de Poivre Bleu aux prochaines élections sera d’une senteur politique plus à l’écoute de la population. Nez Bavard est largement pressenti comme le futur gagnant. Il présentera son programme odorant dans quelques jours.”

D’ici là, j’espère que j’aurai retrouvé toutes mes facultés…

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