L’Artisan Parfumeur et Piment Brûlant II

Voici le deuxième billet portant sur Piment Brûlant, de L’Artisan Parfumeur.
Le hasard (ou la chance) a voulu que ce parfum se soit retrouvé depuis peu en ma possession. Je connais ce parfum depuis le 18 novembre dernier, date à laquelle j’ai effectué le stage d’initiation au parfum pour les particuliers de L’Artisan. Je consacre ce soir un billet spécial à L’Artisan et à Piment Brûlant, pour en approfondir l’étude.
J’ai tout d’abord considéré ce parfum comme trop franc pour moi, comme s’il affirmait trop haut son appartenance au cercle fermé des parfums bouillant de caractère. Balivernes, balivernes me direz-vous ! J’ai depuis ce temps eu tout le loisir de former mon nez (bien que ce soit loin d’être fini), et de le sensibiliser à la délicatesse particulière des compositions. Comme je ne cesse de le dire, mon passage révélateur chez L’Artisan Parfumeur n’en finit pas de m’émerveiller. Je sens, je découvre, je m’adapte, je cultive mon odorat, mais j’en reviens toujours à mes premiers amours : les parfums de L’Artisan. Plus que les autres ils me parlent, m’interpellent ; et mieux que les autres, ils racontent sur ma peau une histoire, la mienne, différente tous les jours. Au-delà de l’aspect métaphorique, j’ai supposé vrai empiriquement ce que j’essaye d’exprimer par les figures de styles.
Je n’ai pas les connaissances chimiques qui m’accorderaient le droit d’appuyer mes hypothèses, ce que je peux dire, c’est que plus je porte ces parfums, plus il me semble que leur composition unique permet de développer sur la peau du porteur une odeur profondément personnelle. Par composition unique j’entends, composition qui permettrait une alchimie moléculaire très avancée, plus qu’avec les parfums d’autres marques. Cette perception me vient de la façon dont je sens le parfum évoluer sur ma peau, se fondre avec elle, jusqu’à en faire partie. Le parfum n’est plus un voile, ni un ajout : Je suis le parfum.
Je n’ai eu ce ressenti qu’avec les parfums de L’Artisan. J’ai d’ailleurs fait le test suivant : j’ai appliqué sur mon bras droit quelques gouttes de l’échantillon : La Chasse aux papillons Extrême (de L’Artisan). Puis sur mon bras gauche, j’ai pulvérisé un petit peu de : J’adore (de Dior, un parfum que néanmoins j’affectionne tout particulièrement). Le résultat est probant, les deux sentent bon, mais sur mon bras droit, l’odeur semble naturelle, faisant partie de la peau, elle attire puis transporte. Tandis que sur mon bras gauche, l’odeur est sophistiquée, agréable, mais on croirait qu’elle est posée, comme un bibelot sur une table, sur mon bras. Et cette impression n’est pas réservée à un nez “exercé”, j’ai demandé l’avis de ma maman, et elle a reconnu les même choses. Elle a d’ailleurs trouvé une expression très parlante : “Sur ton bras gauche, l’odeur est comme fermée“. Elle n’est rien d’autre que son odeur…

C’est grâce à ce genre de petits tests et à l’apparition du concept de “Je suis le parfum“, que je me suis rendue compte que les parfums de L’Artisan étaient profondément adaptables, qu’ils s’exprimaient, littéralement, en fonction du porteur. De ce fait, leurs parfums m’étaient adaptés à partir du moment où ils me plaisaient. C’est donc ici que Piment Brûlant est réapparu. Avec ses braises et sa franchise. Là où Poivre Piquant est chaud et doux, Piment Brûlant est bouillant et charnel. Pour avoir pu le porter entièrement, je peux maintenant confirmer qu’il est certes plein de caractère, mais qu’il ne prend pas le pas sur moi et surtout qu’il ne colle pas d’étiquette ou d’image.

Tout ceci est certes assez subjectif, et il n’y a pas besoin d’aller aussi loin pour prouver la qualité des parfums de L’Artisan Parfumeur. Ce que je tente d’expliquer, c’est que, finalement, les parfums que l’on trouve en parfumerie ont des qualités, exeptionnelles pour certains, mais ils me laissent très distinctement l’impression d’être des ajouts, des superpositions lorsque je les porte, dans une mesure plus ou moins importante bien sûr. Cela ne m’empêche pas d’en apprécier un grand nombre, et d’aimer les sentir et les analyser. Même si j’idéalise un peu la maison, je ne pense pas me tromper en plaçant les parfums de l’Artisan Parfumeur, très au dessus du lot.

5 Réponses vers “L’Artisan Parfumeur et Piment Brûlant II”


  1. 1 Lotus Rouge 12 janvier 2007 à 12:26

    ça alors ! l’image du parfum (les autres parfums que ceux de L’Artisan parfumeur) posé sur la peau comme un bibelot sur la table est très bien trouvée.

  2. 2 marion 13 janvier 2007 à 8:08

    as-tu déjà fait des mélange entre poivre piquant et piment brûlant qui appartiennent à la même gamme pour sentir le résultat? ça ne manquerait pas de piquant!…

  3. 3 Lotus Rouge 14 janvier 2007 à 1:43

    A propos d’autobiographie, je te signale des pages sur les journées consacrées aux Rendez-vous aux Jardins 2 – 3 – 4 – 5 juin 2006. Cette quatrième édition de la manifestation du ministère de la Culture avait pour thème le parfum. On y trouve des entretiens intéressants, dont celui de Jean-François Laporte et une bibliographie copieuse. http://www.rendezvousauxjardins.culture.fr/
    Bonne lecture !

  4. 4 Dzonghka 29 août 2007 à 3:40

    OUAH!!! Je dois dire que je suis + qu’agréablement surprise de trouver encore des gens aussi sensibles au parfum! J’ai la chance de travailler pour l’artisan parfumeur depuis quelques temps, j’avoue avoir, dans tes propos, totalement retrouvé l’univers que je défend et toute l’originalité et la sincèrité des parfums qu’il propose. C’est une maison enivrante d’odeurs et d’instants volés, un fabuleux voyage… merci de le rapporter si bien!!!!

  5. 5 Jerryb 28 décembre 2007 à 9:58

    Bonjour Poivre Bleu,
    J’étais parti pour vous faire tout un article sur les mollécules complexes qui expliquerait pourquoi les parfums l’Artisan se fondent à la peau, mais ça n’aurait rien apporté de bien constructif. Je suis cependant convaincu c’est une question de philosophie que se traduit dans le choix des matières premières. L’Artisan prend grand soin de sellectionner des matières premières qui “vivent” avec la peau car les parfums de peau sont leur raison d’être. Ils vont donc s’attacher à travailler le “fondu” plus que le sillage et la tenue. En revanche, la démarche de Dior consiste plus à construire une oeuvre reconnaissable entre mille. Ils travailleront donc surtout le sillage et l’accessibilité. C’est sans doute pour cela que vous trouvez que le parfum est posé sur la peau. L’illustration parfaite de ceci est l’exemple de la Chasse aux Papillon et de Pure Poison. Il s’agit du même accord travaillé différemment. Le premier vit avec la peau et le corps mais manque un peu de sillage, là où le second est plutôt bon, alors qu’il reste très “monobloc” sur peau. Faites la comparaison…. c’est amusant.
    Ce n’est donc pas forcement une question de qualité des matières premières mais plutôt deux philosophies de la parfumerie. A bientôt et bonnes fêtes !

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