Archive pour mai 2007

Billet d’humeur humide

Le 28 mai 2007 est l’une des journées les plus pluvieuses que j’ai connues ici à Paris. Toute la journée, presque sans discontinuer, et de façon plus ou moins intense, il a plu, encore et encore. La pluie d’aujourd’hui n’est pas le type de pluie salvatrice que l’on attend les soirs de fortes chaleurs et qui survient pour le plus grand plaisir de tous, tellement bienvenue qu’on est capable de rester dehors pour profiter des grosses gouttes fraîches sur le visage.
Non, aujourd’hui il faisait froid, gris, triste, comme une soir de novembre. L’humeur a suivi : mélancolique, les épaules basses, la peau frissonnante, les cheveux humides, plats comme une planche à repasser ou vilainement frisottants.

C’est dans cette ambiance que je me suis intéressée aux Splashs de Marc Jacobs, 3 d’entre eux pour être précise : Rain, Grass et Cotton. Ces trois eaux parfumées pour le corps expriment trois sensations humides bien distinctes.
Rain est la pluie douce, celle qui tombe quand on aperçoit un arc-en-ciel haut dans les nuages. Cette pluie-là est une pluie fraîche de printemps, celle qui lave et clarifie l’air. On aime respirer Rain comme on aime humer l’air après une averse et que l’on sort souriant(e) et apprêté(e) pour aller voir des amis.
L’odeur de l’herbe coupée est l’une des odeurs les plus jubilatoires qui soit donnée à sentir. Grass retranscrit (quoique pas assez bien à mon goût) cette impression de nouveauté, de fraîcheur, de vert intense et envahissant. Une belle pelouse verte, qui informe fièrement les passants qu’elle vient de se refaire une beauté.
Cotton est plus cosy, il évoque pour moi le délicieux moment d’un bon bain chaud. Mais attention, pas le moins du monde moussant, non, celui-là est blanc comme celui de Cléopâtre, et dégage des effluves lactées, rondes et moelleuses. Un vrai moment de détente à se vaporiser sur le cou et les bras.
J’aurais pu parler de Cucumber et de sa très typique note humide, mais la sensation est proche de celle de Grass, même si je dois avouer une préférence pour Cucumber. Cela étant, si un jour quelqu’un me dit : “Tu sens le concombre”, je ne suis pas sûre que je le prendrai pour un compliment… Si ?

Les Splashs de Marc Jacobs sont au nombre de 8 aujourd’hui : Violet, Ivy, Amber, Rain, Grass, Cotton, Orange, Cucumber. Tous sont disponibles en 300 ml pour 59 euros au Printemps de la Beauté.
Il est cependant intéressant de signaler qu’il s’agit bien d’eaux fraîches, et que si l’application est vraiment agréable, la tenue n’excède pas les 20 minutes…

The Different Company : Jasmin de Nuit

Le jasmin est avec la rose, la fleur la plus utilisée en parfumerie, qui trouve une excellente illustration dans le parfum Joy de Jean Patou. En ce qui me concerne, c’est une fleur que je préfère au naturel, car je me suis lassée de la sentir à tous les coins de flacons. Jasmin de Nuit de The Different Company a réveillé mon intérêt pour cette plante délicate au parfum si puissant. En parfumerie les espèces les plus utilisées sont : jasminum grandiflorum, jasminum officinale et jasminum odoratissimum. Les principaux sites producteurs sont l’Inde (dont la plante est originaire), l’Egypte et les régions méditerranéennes de l’Europe (le jasmin a longtemps été cultivé à Grasse en France).

Céline Ellena (la fille de Jean-Claude Ellena) a utilisé abondamment le jasmin d’Egypte pour composer la frangrance. Ce que j’ai le plus apprécié dans Jasmin de Nuit, c’est que la plante a été travaillée différemment que dans Joy de Jean Patou et A la Nuit de Serge Lutens. Dans Joy, on cherche à sublimer une fleur, à l’habiller et la rendre distinguée, dans A la Nuit c’est une intoxication de jasmin à faire tourner la tête. Cécilia Ellena a donné à la plante un aspect différent, tout en sublimant son pouvoir naturellement animal avec de l’ambre, la dimension nouvelle est surtout celle de l’épice qui dans Jasmin de Nuit prend une place plus importante que dans d’autres compositions. Ce n’est pas juste un beau soliflore au jasmin, c’est un nouveau jasmin. On connait depuis longtemps la plante pour son odeur presque carnée, mais elle a aussi une dimension épicée qui s’exprime ici avec succès dans Jasmin de Nuit.

C’est l’aspect que j’ai le plus aimé, c’est donc celui que je sens le plus. On distingue aisément la délicieuse base jasminé-ambrée, mais on frissonne de plaisir pour les notes de cannelle, de badiane et de cardamome relevées d’hespéridées (mandarine et bergamote). Le bois de santal et le musc parachèvent la composition. Le seul bémol à signaler est qu’elle manque un peu de profondeur. Le jus tient bien, développe joliment toutes ses notes, mais il manque la petite once de mystère qui confère à un parfum toute sa beauté. Quoiqu’il en soit, Jamsin de Nuit donne envie d’être porté, car il a dans ses volutes des airs de contes orientaux qui vous font voyager et imaginer des histoires rocambolesques…

Sources : Wikipedia (photo du jasmin), The Different Company, www.senteursdailleurs.com (photo du flacon), www.apprivoiser-les-epices.com (photo de la badiane)

Comme des garçons : 2

Dans la jungle parfumée des grandes parfumeries et des grands magasins, Nez Bavard est mis à rude épreuve. Mais depuis quelque temps, j’ai repéré grâce à une collègue les parfums de la maison : Comme des Garçons. Dans un souci de vision globale, j’ai farfouillé quelque peu sur internet, pour dénicher des informations sur la marque et la créatrice. Il en ressort une très nette impression de destructuration, archaïsme, refus de la standardisation et du conformisme de la mode. Le principe des Guerrilla-Stores est un exemple, des magasins qui apparaissent et disparaissent aux 4 coins du globe, pour s’inscrire dans la dynamique urbaine, en constante mutation. Rei Kawakubo dit de son travail : “C’est plus facile de détruire les codes si on ne les a jamais appris”. Pourtant, on ressent le poids et l’héritage culturel de la civilisation japonaise chez cette femme lorsqu’elle parle (et surtout lorsqu’elle ne parle pas), ainsi que dans ses choix stylistiques ou stratégiques. Il existe chez les Japonais une forte dualité entre les traditions et la modernité (l’urbanisme s’est développé de façon assez brutale après la Seconde Guerre Mondiale), ainsi qu’une capacité très surprenante (pour nous autres Occidentaux) à faire du syncrétisme : c’est à dire à pouvoir, par exemple, être à la fois bouddhiste, shintoste et chrétien en même temps. L’approche de Rei Kawakubo est pour le moins déroutante, inhabituelle et sûrement pour certains choquante.

Dans les parfums de CDG, on a le sentiment d’une vraie recherche, on explore, on essaye des choses, on tente de contourner les habitudes… Ce n’est pas la seule maison à le faire (et à le faire bien), mais je trouve intéressant de le signaler car cela me permet de faire un point de comparaison avec Etat Libre d’Orange, dont les créateurs revendiquent avec tant de ferveur leur liberté d’expression. C’est pourtant, pour moi, la représentation typique d’un snobisme pseudo-artistique puant. Rei Kawakubo dérange elle aussi dans ses créations, et certains pourront formuler à son égard bon nombre de critiques, mais son travail a le mérite de surprendre réellement, de susciter interrogation puis réflexion.

Partant de là, je dois dire que c’est exactement ce qui s’est passé pour moi lorsque j’ai découvert les parfums de Comme des Garçons. De prime abord, on ne sais pas trop “quoi” sentir, et on se demande un peu de quelle manière réagir, notamment parce que plusieurs des parfums évoquent des sensations ou des situations que l’on n’aurait absolument pas attendues dans un parfum. C’est notamment le cas d’Odeur 71 qui suggère, entre autres, la poussière qui brûle sur une ampoule chaude, et représente le concept de “l’anti-parfum”. J’ai eu la chance de me familiariser en premier avec une fragrance assez facile, à savoir qu’on était déjà tout de même dans l’inhabituel mais pas encore dans le décalé. J’ai découvert 2 de CDG de façon assez naturelle : ma collègue qui représente la marque avait l’habitude de préparer des touches à sentir pour les client(e)s, parfumées avec 2. Je sentais donc régulièrement, lorsque j’allais lui parler, ce parfum. Je me suis d’abord dit qu’il était particulier, puis au fil des jours il s’est mis à me plaire, et j’ai décidé un matin de l’essayer pendant une journée. C’est un parfum que j’ai eu le temps de “mûrir” et d’apprivoiser, bien que encore une fois, 2 n’est vraiment pas la création de CDG la plus difficile à aimer.

Mon essai fut concluant. 2 n’est pas courant la première fois qu’on le sent, mais plus on le sent, plus il devient familier et naturel, au point qu’après quelque temps on se demande comment on a pu le trouver bizarre au premier abord. Dans ce parfum et dans plusieurs autres de Comme des Garçons, des impressions très contemporaines se retrouvent enfermées dans une petite bouteille, mais sont finalement acceptées avec simplicité. Le flacon est conçu pour que le parfum soit actif (il bouge avec vous), il ressemble étrangement à une flasque à whisky que l’on glisse dans la poche (voir le Pocket Size absolument craquant). L’impression olfactive est très urbaine (plus que citadine) et moderne. Pour celui ou celle qui vit en ville, les composants chimiques synthétiques ne sont pas perçus comme un manque de qualité, ils sont intégrés et acceptés spontanément par le porteur. Le rendu sur la peau est un mélange industriel artisanal : encens et aldéhydes incisifs et aiguisés pour le côté abstrait, le patchouli et le bois de cèdre pour la chaleur et la simplicité, l’ambre, l’angélique et l’absolu de maté pour la rondeur, la douceur et la mélodie du parfum. Mais on trouve aussi : encre, vétiver, cumin, magnolia, labdanum, huile de cade.

J’aime beaucoup la façon dont il évolue sur moi, les bois et l’impression de modernité sont bien présents, mais il tourne de façon très douce, légèrement sucrée sur ma peau. CDG 2 fait partie des parfums que j’aime sans réfléchir et que je porte sans raison particulière, parce qu’il me convient tel qu’il est et qu’il se marie à l’humeur du jour. La seule restriction est que je ne me vois le porter qu’en ville, parce que je me sentirais décalée si je le portais en vacances à la campagne.

Disponible au Printemps de la Beauté, Paris : 80€ les 100ml

Sources : Basenotes, Rendez-Vous Magazine, Dover Street Market (photo du défilé), The Times (photo de Rei Kawakubo), www.spirit-of-paris.com (photo de la Bibliothèque nationale de France - François Mitterrand), Luckyscent (photo du flacon)

Myxomatose

Pour répondre à l’appel de mon ami Cr0vax, voici l’oeil de Nez Bavard. Le souci du détail (involontaire) aura voulu qu’on puisse apercevoir quelques roses parfumées dans l’iris. La nature fait bien les choses…

Je fais suivre à FuroshikiBlog, à Chouco et à GlidingOrchid

Acqua Di Parma, Blu Mediterraneo : Arancia Di Capri

Arancia… Autrement dit, orange en italien. Tel est l’élément principal de l’eau de toilette Arancia Di Capri (Orange de Capri) de la collection Blu Mediterraneo chez Acqua Di Parma. Nez Bavard a aaaaaadoré ce parfum et avait toutes les raisons pour cela. Tout d’abord, Nez Bavard vient (entre autres) du Sud (c’est d’ailleurs pour cela qu’il est tant bavard), et il est donc familier avec les odeurs enchanteresques qui foisonnent dans ces régions. De plus le bleu est la couleur favorite de Nez Bavard et la collection s’appelle Blu Mediterraneo, cela tombe bien. Pour finir, l’orange est la couleur complémentaire du bleu en arts plastiques, le hasard fait décidément bien les choses…

Trêve de plaisanteries, Arancia Di Capri est le premier (très) gros coup de coeur pour une senteur d’été hespéridée qui me rappelle autre chose que mon Paic Citron pour la vaisselle. Dans la jungle des sorties estivales du mois de mars, j’ai bien du mal a distinguer Pierre de Paul et Jacques de François… Autant dire que pour le moment rien ne m’a vraiment intéressée, peut-être que cela viendra. J’ai cependant découvert ce parfum(datant de 2005) très récemment en me décidant à sentir autre chose qu’Iris Nobile. Et je me suis félicitée d’avoir poussé ma curiosité! Je ne sais pas ce que ce parfum me rappelle, mais il me rappelle quelque chose d’agréable, d’estival, d’ensoleillé et de frais. Comme un soir de juillet, vers 18 h, fraîchement sortie de la douche et habillée en coton léger, assise à l’ombre d’un arbre, un verre de jus d’orange glacé à la main, discutant avec des proches. Et juste le filet d’un parfum doux et frais, comme celui d’un gel douche (mais en mieux) qui virevolte un peu partout dans la brise ambiante. Je ne suis encore jamais allée sur l’île de Capri (mais j’espère pouvoir y remédier très prochainement), mais cette fragrance me transporte quand même. Vers des endroits agréables où l’on ne pense (vraiment) à rien d’autre qu’à être bien.

Arancia Di Capri est à la fois pétillant et hilarant, et dans le même temps reposant et apaisant. Il est rafraîchissant comme une menthe à l’eau et aussi doux qu’un verre de jus d’oranges fraîchement pressées, dont la saveur est si douce et si moelleuse qu’on a la sensation de boire du coton. Je vais sans nul doute continuer mes recherches sur les parfums de cet été mais il ne fait quasiment aucun doute que Arancia Di Capri fera partie de la tête de liste des achats parfumés de cet été. J’ai pu sentir aussi la gamme bain (comprenant un lait pour la douche et une crème pour le corps), et je n’ose même pas imaginer le plaisir que ce doit être de se plonger dans la senteur fraîche-douce-pétillante d’Arancia Di Capri. Ce parfum a mis en évidence quelque chose que je savais depuis longtemps, mais qui a pris ici toute son ampleur : le pouvoir des odeurs sur le mental et l’humeur. Serais-je vraiment une passionnée de parfums si je ne vous avouais pas que selon le parfum que je mets, je me sens : plus belle, plus forte, plus maline ou plus rigolote? Ici l’action de ce parfum est très simple : elle me rapproche de moi. Quand je dis “elle me rapproche de moi” j’essaye d’exprimer la drôle d’impression que l’on a parfois quand on se sent au plus proche de notre personnalité, quand les choses sont simples et que l’on perçoit les situations avec clarté et confiance. Je ne doute pas que cette sensation ne soit due à la qualité des essences utilisées dans ce parfum et à leur rendu naturel sur la peau.
Toutes les huiles essentielles sont réputées autant pour être relaxante que pour leurs différentes actions thérapeutiques. Cela dit, tout dépend d’une bonne utilisation et d’une bonne qualité de celles-ci, et ensuite, encore faut-il que ces essences évoquent pour celui qui les sent quelque chose d’agréable. Une personne avec qui je discutais me disait un jour que pour elle, l’odeur de la verveine était associée à la maladie, et n’évoquait donc rien de particulièrement agréable à ses yeux. Tandis que pour moi, l’odeur de la verveine évoque le bol de tisane fumant posé sur ma table de chevet, exhalant un puissant parfum frais et vert pendant que je lis assise sur mon lit avant de dormir. Pour Arancia Di Capri, l’action combinée de plusieurs huiles essentielles, ayant une vraie signification relaxante et agréable pour moi, entre en ligne de compte. J’ai apprécié dans ce parfum l’absence de fleur et de notes synthétiques insupportables (telles que les notes solaires présentes dans Hypnôse de Lancôme et L de Lolita Lempicka). Le rendu est plus naturel et n’a pas été “féminisé” par une fleur.

Arancia Di Capri est composé comme suit : orange, mandarine, bergamote, pamplemousse, petitgrain, cardamome, feuille de maté, muscs, caramel.
Que l’on se rassure, ce parfum a plus un aspect doux (comme le jus d’orange) qu’un aspect sucré. La forte teneur en notes hespéridées est ce qui rend ce parfum si rafraîchissant. A ma très grande et très agréable surprise, j’ai eu la joie de constater qu’il tenait vraiment bien pour un parfum de ce type : au moins une journée.

Sources : Wikipedia (photo des oranges), maxsauter.net et valesdir.free.fr (photo de Capri)

Premier Mai

Le 1er mai est en France la fête du travail, mais c’est aussi le jour où, par tradition on s’offre les uns les autres un brin de muguet. Le muguet est une de mes fleurs préférées (pour moi qui suis née en mai), autant pour son parfum que pour son esthétique.

Le muguet (Convallaria majalis) est une plante herbacée des régions tempérées dont les petites fleurs disposées en forme de grappe sont très odorantes et fleurissent au printemps. La plante fleurit généralement dans les sous-bois, où il fait frais et humide. Rien n’exclut de pouvoir la cultiver en jardin, à condition de la planter dans un endroit ombragé plutôt frais. En automne le muguet produit des fruits : des petites baies rouges. A noter que toutes les parties du muguet (fleurs, feuilles, fruits) sont extrêmement toxiques, la covallatoxine étant une substance proche de la digitaline.

Hormis ses ravissantes petites clochettes que l’on aimerait bien entendre sonner, j’aime surtout le muguet pour son odeur, malheureusment parfaitement impossible à capturer à l’état naturel. Malgré de nombreux essais, aucune méthode d’extraction n’a réussi à ce jour à obtenir de l’essence de muguet de façon naturelle. Ainsi, la plupart des parfums au muguet — dont l’un des plus connus est Diorissimo de Christian Dior — sont des recompositions synthétiques. Le nom de la molécule utilisée est le terpinéol que l’on trouve aussi dans les savons. Son parfum est apprécié depuis le XVIe siècle et le terme de “muguet” aurait servi jusqu’au XIXe siècle à désigner un jeune homme élégant. Offrir un brin de muguet le 1er mai est une tradition en France et en Belgique, c’est une sorte de porte-bonheur, sachant que dans le langage des fleurs, le muguet signifie : retour du bonheur.

Heureux premier mai à toutes et à tous!!

 

Sources : Wikipedia, danae.mon-blog.com (photo du muguet)


 

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