The Body Shop? White Musk? Nez Bavard se serait-il perdu dans l’adversité?
Alors que le billet précédent portait justement sur l’exaspération que je ressentais dernièrement en matière de marketing et de manipulation publicitaire, écrire sur White Musk de l’enseigne The Body Shop peut paraître un peu paradoxal. J’en conviens. La marque anglaise a (comme beaucoup de ses consoeurs) une communication bien rodée, et se prévaut à grand renfort de publicité et de rabâchage dans ses catalogues, de tout un tas de valeurs on ne peut plus honorables : le commerce équitable, la défense des animaux, l’estime de soi, les droits de l’homme, la planète… tout ça, tout ça. Même si on sait bien que ces arguments sont surtout là pour nous attendrir et nous encourager à acheter, je ne peux m’empêcher d’avoir un regard légèrement sympathique sur cette enseigne. Même si elle ne réalise que le quart de ce qu’elle dit réaliser, je me dis que c’est déjà un bon quart quand d’autres ne font absolument rien. En tout cas, les prix s’en ressentent!
Bref, on pensera ce qu’on veut de l’enseigne, qui par ailleurs sort tout de même de bons produits, ce qui m’intéresse aujourd’hui est l’un des plus gros succès de la maison depuis sa création, la fragrance : White Musk. La toute récente campagne de publicité a attiré mon attention, alors je suis allée ressentir ce parfum, pour me remettre au goût du jour. La gamme complète a été revisitée. Il faut avouer que l’ensemble en jette pas mal. C’est comme quand vous regardez l’étagère consacrée au N°5 de Chanel, une des lignes les plus complètes existant en parfumerie, et il faut le dire, un vrai régal pour les adeptes. Et bien là, c’est pareil, pas moyen de sentir autre chose quand on a toute la gamme.
Parlons de la senteur elle-même. Et soyons franche, c’est un synthétique. Qui ne s’en cache pas d’ailleurs, puisqu’on parle de musc extrait sans cruauté, ce qui ne fait nul doute, puisqu’il est gentiment produit à l’échelle industrielle en laboratoire! Le débat sur les produits chimiques contenus dans les parfums se fera une autre fois.
Première observation évidente, c’est un parfum très chargé en musc (ça tombe bien!), tellement d’ailleurs qu’il neutralise un peu l’impression florale qu’il pourrait rendre, puisqu’il est visiblement composé d’un bouquet : lys, jasmin, rose, ylang. On trouve aussi : galbanum, basilic, patchouli, vanille, ambre, oakmoss et notes de pêche. Je dirais que le musc dans White Musk, c’est comme les aldéhydes dans le N°5, il apporte une dimension nouvelle et abstraite au parfum. Je pense d’ailleurs que leur origine chimique n’y est pas étrangère.
Ce parfum a été senti et ressenti, et il faut savoir que, de par sa composition chimique, son évolution diffèrera assez peu d’une peau à l’autre. Ce n’est pas pour me déranger, mais c’est peut-être parce que je ne m’identifie pas de façon excessive à son odeur. Cela dit, ça ne m’étonne pas du tout que certaines femmes ne puissent plus s’en passer. Pour plusieurs raisons. La campagne de publicité nous parle d’une sensualité à l’état pur… Un parfum, c’est sensuel quoiqu’on en dise, passons ce point. Moi je dirais surtout qu’il est très facile et très agréable à porter, et que l’on s’y attache parce que son odeur semble très personnelle, qu’elle est à la fois douce et présente et qu’il faut le dire, elle ne choque pas les narines. Les muscs blancs sont l’un des composants qui entrent quasi systématiquement dans la plupart de nos produits cosmétiques et aussi notamment dans nos lessives. Ils suggèrent une intense sensation de propre, et sont donc particulièrement appréciés dans
les parfums, en plus de leur pouvoir fixateur. Leur odeur dans White Musk est sui generis, douce, subtile, délicate, proche de la peau, et propre. Il me semble que c’est aussi pour cela que la fragrance plait beaucoup à la gent masculine. Ces messieurs, qui bien souvent râlent quand le parfum de leur chérie sent trop fort, ne sont généralement pas agressés par celui-ci et s’y attachent. Ces muscs bien que synthétiques produisent leur petit effet animal malgré tout. Je le trouve pour ma part plutôt bien réussi, relativement bien construit, les notes se déclinent de façon assez subtile, on reconnaît légèrement une pointe d’ylang et un soupçon de vanille. On les perçoit l’une comme l’autre surtout par l’aspect dense du parfum sur la peau. Mais le tout est si bien enveloppé dans la rondeur cotonneuse et veloutée des muscs, que l’on ne s’obstine pas à rechercher la présence de l’un ou l’autre des composants.
White Musk s’apprécie tel quel, pour son odeur résolument moderne et tendance. Et je crois que l’on peut d’autant plus l’aimer en ne lui demandant pas plus qu’il ne peut donner. Ce n’est pas une composition ultra raffinée et d’une qualité somptueuse, mais c’est un vrai parfum de confort, commode, coquet et charmant.
Je m’accommode très bien de l’eau de toilette qui semble tenir plutôt bien sur ma peau puisque je la sens encore 9 h après la vaporisation. Lorsque je veux une présence plus marquée, j’utilise la crème corporelle, et en touche l’huile qui affine la senteur et parfait le fini peau.
Disponible dans tout les magasins The Body Shop. EDT 60ml : 27,50 €, EDP 30 ml : 27,50€
Photos : thebodyshop.com
La parfumerie de masse me désespère, même si on y trouve encore (parfois) quelques exceptions. La parfumerie de niche est un ensemble assez flou, et je me demande parfois si l’interêt et le but est bien différent de celui des grandes marques. “Mais bien sûr!” me dira-t-on. Certes, la clientèle ciblée n’est pas la même, certes les matières premières utilisées sont différentes, certes le service est de meilleure qualité, certes… Mais le tout est encadré par un seul et même but : faire du chiffre. C’est la dure loi du commerce, et c’est ainsi que fonctionne le monde aujourd’hui. Mon sentiment est certainement dû au fait que je suis actuellement immergée dans cette machine commerciale pour mon travail, et que je suis moins libre qu’avant d’ignorer cette réalité écrasante du profit. Sans profit, pas de travail, pas d’entreprise viable. Ma critique ici porte essentiellement sur le formatage que subit toute entreprise lorsqu’elle se développe. C’est le sentiment désagréable que le moteur réel de l’entreprise, c’est-à -dire le projet, l’idée, le concept, l’invention, est totalement annihilé par le besoin de vendre encore et toujours plus. Heureusement toutes les entreprises ne suivent pas le même schéma, et parfois le profit a du bon. Mais le délicat petit monde du parfum et de l’olfaction est trop fragile pour subir l’exploitation outrancière dont il est l’objet aujourd’hui.
Nez Bavard est en ce moment largement plongé dans ses bouquins… Et les expériences parfumées de ces derniers temps sont très, comment dire : livresques. Ce qui me donne une occasion de vous parler de ma perception de l’odeur du papier.
burlesque et comique peut prendre une ampleur non négligeable. Et de toute façon, tous les goûts sont dans la nature, évitons les jugements de valeurs… Pour ma part, je vous parlerai plutôt de La Petite Fadette de George Sand que j’ai parfaitement détesté quand je l’ai lu la première fois, puis que j’ai adoré la seconde et encore plus la troisième, sans parler de la quatrième (je reconnais que c’est un cas particulier, je n’ai pas l’habitude de relire un livre 4 fois).
du volume.
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