Archive pour mars 2008

Nez à Nez : L’Hêtre Rêvé

Bois tendres et secs. Douceur, réconfort, chaleur. Estival, printanier, hivernal? Je ne sais pas trop. Cela faisait un moment que je ne m’étais pas aussi bien retrouvée dans un parfum.

Ce qui est assez extraordinaire avec l’odorat, c’est que l’on a jamais vraiment fini de découvrir les odeurs, d’abord parce que l’on peut en découvrir de nouvelles tout le temps et tous les jours, et parce que les sensations qui les accompagnent varient, sans que jamais on ne soit exactement dans la même situation deux fois de suite. Deux parfums qui se ressemblent ne donneront pas souvent la même sensation, même si on décèle la ressemblance. La ressemblance n’a rien de gênant, dans la mesure où le parfum exprime quelque chose de personnel, de nouveau, de différent, d’unique. Quelque chose que seule la ou les personnes qui y ont travaillé connaissent, un sentiment unique.

C’est l’idée que je me suis faite chez Nez à Nez. L’art de se sentir différent , la devise de la boutique, ne tient pas tant au révolutionnaire des compositions mais plutôt à la charge émotionnelle, sentimentale qu’ils transportent. C’est la grosse différence avec une parfumerie grand public où les fragrances sont figées, froides, monotones et rigides. C’est ce qui différencie à peu près toutes les parfumeries de qualité des autres. Je me suis un instant demandée si les faveurs que j’avais pour ces parfums venaient simplement du fait que la maison se voulait “confidentielle”, ou “de niche” comme on dit. Si Hugo Boss avait sorti Ambre à Sade, aurais-je eu la même réaction? … Bon, d’accord, Boss n’aurait jamais sorti Ambre à Sade, ni même aucun autre parfum de la ligne de Nez à Nez. J’en ai conclu que j’appréciais ces parfums à leur juste valeur : ce sont des compositions de qualité (tant au niveau des composants, qu’au niveau de l’exécution), mais surtout, et c’est ce qui a fait la différence pour moi, il s’agit de parfums expressifs. Des parfums qui parlent, qui nous susurrent des choses à l’oreille quand on les porte, qui s’adaptent à un vécu et à une histoire, qui se font uniques sur chacun. Et cela, parce qu’au départ ils sont uniques, comme un tableau. Cette comparaison n’est pas innocente lorsque l’on sait que l’un des deux propriétaires de la marque, est un artiste peintre. Christa Patout semble être celle qui a accompagné en majorité la création olfactive, en collaboration avec Karine Chevallier, le nez qui se cache derrière les compositions. Stéphane Humbert Lucas, le mari de Christa Patout, a sans nul doute créé l’univers visuel de Nez à Nez, et l’on peut admirer plusieurs de ses toiles (si je ne m’abuse) à la boutique parisienne, rue Quincampoix.

Les créations de Nez à Nez ne sont pas complètement inédites et novatrices, et ressemblent peut-être à d’autres produits déjà présents dans l’offre des concurrents, mais ce sont, cependant, de vraies créations, où l’on sent que pour chaque parfum, il y a eu une idée de départ, une sensation, qui a réellement investi le parfum. Je n’ai pas tout aimé (heureusement), mais parmi mes coups de coeur se trouve l’Hêtre Rêvé. Quel titre! Pourtant, on est pas loin d’une atmosphère onirique lorsqu’on le porte. C’est un bouquet de bois secs et chaleureux. Très doux, il suggère une atmosphère cotonneuse. Je ne me suis pas un instant demandée s’il m’allait bien, s’il m’était adapté, s’il m’évoquait quelque chose… Je me sentais bien en le portant, quelque chose d’assez évident pour que l’on n’ait pas vraiment besoin de l’expliquer. Mais c’était assez rare pour que je le remarque. Si je devais lui trouver un équivalent au niveau de la sensation, je le rapprocherais de Muscs Koublaï Khan de Serge Lutens. L’Hêtre Rêvé se compose de : Badiane, mandarine, cannelle, clou de girofle /Santal, vétiver, patchouli, cèdre, gaïac, jacaranca / Cuir, prune, muscs.

Pour en savoir plus sur les créateurs de la marque, vous pouvez lire une interview sur le blog The Scented Salamander.

Sources : nezanez.net , Osmoz

Burberry : The Beat

Aaaaah les pulsations de la vie! Le battement de notre coeur que Burberry a mis pour nous en bouteille si gentiment! Je ne lui serai jamais assez reconnaissante…

Ce soir j’ai hésité entre écrire sur The Beat donc, ou sur le nouveau parfum ultra plat, ultra lourd, ultra pas-nouveau en fait de Paco Rabanne : Ultra Red. Entre rien et quand même un peu quelque chose, mon choix s’est porté sur le quelque chose. Nez Bavard cède à la facilité pour ce premier billet de mars (mea culpa) et se laisse aller à la critique négative, car les activités parfum sont légèrement réduites pour le moment (mais on s’arrange). Les nouveautés de mars ont gaiement fleuri tout au long du mois, dont ce nouvel essai young-fashion-trendy-sexy-perfume qui sera sûrement en tête des ventes pour l’année 2008.

Une senteur mariant un accord thé de Ceylan comme un clin d’oeil subtil pour rappeler les origines britanniques de la marque (dixit la charmante jeune femme qui anime le podium Burberry actuellement au Printemps de la beauté…), autour d’un accord d’iris, que j’ai personnellement eu du mal à discerner. Un démarrage très lessiviel, un peu acide, pétillant et fruité, somme toute classique mais intéressant. Le tout plongeant au milieu d’une ribambelle de notes aussi fleuries qu’un Flower Bomb de Viktor & Rolf (jacinthe, iris), qui deviennent très rapidement crémeuses, cocotées (l’accord iris peut-être?) et franchement insoutenables sur ma peau. Sans oublier, bien sûr, un éternel et désormais incontournable fond de muscs blancs, auquel s’ajoute une note vétiver et cèdre. J’aurais bien aimé une autre évolution moins Char d’Assaut du régiment Sucre Glace sur ma peau, mais rien n’y fait, il s’alourdit terriblement. La version extrême, élixir, est finalement bien plus délicate et intéressante, moins accessible à tous car bien plus marquée en vétiver et en iris (reconnaissable cette fois) dès le départ, mais qui offre une évolution bien plus souple et bien plus proche de ce que j’aurais aimé sentir dans l’eau de toilette. Mais évidemment c’était trop demander, et pour un 50 ml de la version élixir il vous en coûtera 95€, soit 623,18 francs… (Selon l’INSEE, seuls 55% de la population française comptent désormais en euros. Le fait de compter en francs contribuerait à limiter les dépenses. Je veux bien les croire…)

Je reconnais que je suis très critique car le travail est finalement assez bien exécuté et The Beat a le mérite de présenter de gros atouts, bien qu’assez peu subtils, et semble être le résultat d’un minimum de travail (réalisé par Olivier Polge, Dominique Ropion et Béatrice Piquet). Ce qui n’est pas le cas des deux Ultra Red de Paco Rabanne ou du nouveau Boss Pure qui sont en ce moment des exemples parfaits de ce qu’il y a de plus navrant en parfumerie. La campagne marketing de The Beat est résolument rock’n roll, jeune, dynamique, dans le coup et pas inventive. Que celui qui ne pense pas à la campagne de CK One en regardant la publicité de The Beat me jette la première pierre… Néanmoins avec cette sortie, la marque anglaise rompt assez nettement avec son image un peu trop traditionnelle et bourgeoise, sous l’impulsion du nouveau directeur artistique Christopher Bailey. Enfin, faut pas pousser mamie dans les orties non plus, pas de punk pour le moment!

Sources : OsmoZ, Now Smell This


 

mars 2008
L Ma Me J V S D
« fév   avr »
 12
3456789
10111213141516
17181920212223
24252627282930
31  

Blog Stats

  • 197,900 hits

Catégories

Archives


Découvrez Daft Punk!