Aaaaah Vol de Nuit…! Je m’excuse d’avance pour le cliché qui va suivre, mais ce parfum me fait irremédiablement penser à la scène de vol (de nuit) dans The Aviator de Martin Scorcese… Ce n’est pas très original, certes, et en plus j’aurais mieux fait de parler d’Antoine de Saint Exupéry, mais non! C’est bien à Cate Blanchett et sa flamboyante chevelure rousse que me fait penser ce parfum. Chronologiquement il aurait pu parfaitement convenir à Katherine Hepburn, qui cultivait parfois un petit côté garçon manqué qui sied très bien à Vol de Nuit et son aspect vert : Orange, citron, madarine, fleur d’oranger, jonquille, galbanum, jasmin, santal, iris, vanille, mousse de chêne.
La guerlinade n’est pas excessivement marquée ici, car elle est atténuée par cet aspect vert, qui va du côté vert-tige au côté vert-bois. Vol de Nuit rime avec luxe, parce que je trouve que le rendu sur la peau fait penser à une lourde fourrure, imposante, chaude, luisante et d’une infinie douceur… En revanche, bien que sensuel et séducteur, je ne trouve pas que Vol de
Nuit soit un oriental. Dans une interview exclusive que Vol de Nuit à bien voulu accorder à Poivre Bleu, il a déclaré : “Oh Shalimar et moi sommes des amis de loooongue date! Mais faut pas délirer non plus, nous n’avons pas les mêmes valeurs!”
Comme à l’accoutumée, c’est la petite note animale (même légère) qui doit, en plus de la vanille, de l’ambre et de tout autre baume enveloppant, être présente pour vraiment marquer l’orientalité (à mon goût). Elle n’est pas vraiment présente ici. Vol de Nuit, c’est plutôt un parfum mondain, un parfum du soir qui se porte un peu comme un bijou et qui en met pas mal dans la vue de tout le monde.
C’est une autre composition de Jacques Guerlain (on aura compris maintenant que je trouve que c’est lui le meilleur), qui se serait inspiré du roman d’Antoine de Saint Exupéry et qui aurait voulu en 1933 rendre hommage aux exploits féminins en aviation. C’est à l’origine Caron qui avec En Avion en 1932 avait lancé le concept… repris un an plus tard chez Guerlain. Cela dit, ces deux parfums n’ont rien à voir l’un avec l’autre. Comme toutes les autres créations de Jacques Guerlain, Vol de Nuit est très figuratif, il stimule l’imagination et très rapidement des images précises vous viennent en tête et créent l’ambiance dans laquelle vous aimeriez voir évoluer ce parfum. A la comparaison, En Avion est beaucoup plus abstrait, je l’associe plus à un caractère qu’a un moment, ce serait plus le type de parfum auquel on adhère toute une vie, tandis que Vol de Nuit parle d’un moment. Je crois que l’on a beaucoup décrit les Guerlain de cette façon, mais je trouve que pour le coup cela reflète bien la réalité. Cette idée a d’ailleurs été reprise dans l’Instant, mais le stimulant imaginaire n’a pas opéré sur moi.
Cette année, Vol de Nuit aura droit à son flanker rien que pour lui : Vol de nuit Evasion. (Lire un article intéressant sur les flankers ici) Point de magie dans celui-ci. Il y a du Vol de Nuit dans l’idée, mais je ne trouve pas un réel univers à ce parfum. J’aurais presque pu dire qu’il avait une petite touche originale (une impression bâton de rouge), mais il aurait fallu le sortir comme un nouveau parfum et non pas comme une déclinaison. Parce qu’on se retrouve en fait ici avec un Vol de Nuit sans âme : un parfum sucre-glace pour jeunes filles (super-fashion) découvrant Guerlain et sa nouvelle idée de la non-magie olfactive. Bon, bon, j’en rajoute, c’est vrai… Mais c’est vraiment décevant de voir les concepts des usines à frics être appliqués avec si peu de jugeote. Le plus naze c’est quand même de reprendre le flacon de L’Heure Bleue et de Mitsouko qui est très associé à ces deux parfums et de le coller à cette nouveauté, alors que Vol de Nuit a bien son propre flacon, très caractéristique aussi… pas très cohérent tout ça.
Sur ce, il est L’Heure Bleue (02h06) de se coucher, alors bon Vol de Nuit à toutes et à tous!
présence d’une griffe dans ce parfum et je la trouve plus évidente à détecter dans celui-ci, même s’il est très léger, un peu sourd. Elle serait composée de baumes, d’iris et de vanille. L’iris domine fortement dans Après L’Ondée, ce qui donne au parfum un aspect limpide, transparent, tout en apportant sa belle note poudrée et en donnant une sensation de confort.
Pour la petite anecdote, la légende voudrait que Jacques Guerlain ait versé quelques gouttes d’éthyl-vanilline dans un flacon de Jicky “pour voir”, et que le résultat soit à l’origine de Shalimar. Cela dit, comme avec le
L’Heure Bleue est le parfum qui m’a réellement introduite à la maison Guerlain, bien plus que Shalimar ; en effet, le mythe Guerlain s’est cristallisé pour moi autour de cette fragrance. Elle se démarque des autres à mon nez, sans que je sache exactement dire pourquoi et sans que cela m’empêche d’aimer les autres. Peut-être la clé de l’énigme se trouve-t-elle dans le nom du parfum?
maintenant parce que devenus “trop” classiques. Sur le plan olfactif, L’Heure Bleue est un oriental-floral composé de : bergamote, anis, estragon, sauge, clou de girofle, rose, fleur d’oranger, oeillet, héliotrope, iris, vanille, musc. La première giclée est légèrement médicinale, car la présence des aromates et du clou de girofle est marquée en tête. Cet aspect me plaît mais devient rapidement amandé-poudré avec l’héliotrope, puis poivré-vanillé lorsque le clou de girofle revient et que l’oeillet apparaît. Ce parfum est plus balsamique que poudré pour moi, même si on ne peut pas manquer de relever sa douceur. Il s’étire ensuite sur un interminable fond où s’entremêlent vanille, héliotrope, clou de girofle et oeillet (à noter que la note oeillet est obtenue à partir de l’eugénol, un des composants principal du clou de girofle).
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