Christian Dior : Dior Homme

Un lourd flacon en verre épais, un jus d’une couleur mordorée dans lequel plonge un tube d’acier permettant de puiser une fine fragrance d’une surprenante modernité et d’un classicisme abouti. C’est Dior Homme de Christian Dior. Sorti en 2005 sous la direction artistique d’Hedi Slimane, on retrouve dans ce parfum la patte élégante que l’on avait déjà sentie dans les 3 Eaux de Cologne Dior sorties en 2004 (Cologne Blanche, Bois d’Argent, Eau Noire). Olivier Polge est le créateur de Dior Homme.

Au milieu d’un ensemble assez confus et souvent décourageant, ce masculin montre qu’il est toujours possible de faire de très belles choses en parfumerie grand public : composé avec des matières très classiques, il est d’une cinglante intemporalité (et donc modernité). C’est du déjà-senti, mais pas comme d’habitude, sans l’arrière-goût ennuyeux qui suit la plupart du temps après 2 ou 3 sniffs.
Quand je dis déjà-senti, c’est surtout parce que l’on reconnait de suite l’aspect poudré-racine donné par l’iris, qui rappelle la poudre libre ou l’odeur d’anciens cosmétiques… L’iris est le fil rouge de la composition, il est translucide (comme s’il laissait passer la lumière) : c’est un effet polissant qui unit l’ensemble, apporte le détail de finition qui va parfaire l’oeuvre. J’ai vraiment cette sensation de sentir le parfum sur ma peau à travers cet iris, mais ce n’est pas un ajout ou un maquillage, c’est une autre façon de la percevoir. Dior Homme a ce pouvoir d’habiller une peau sans la farder ni l’alourdir, c’est l’illustration d’un élégance discrète et hors du commun. La réussite se trouve comme toujours au niveau de l’équilibrage des notes. J’ai senti ce parfum en 2 étages : un niveau voile qui représente ce que je décris comme l’impression de translucidité, et un niveau peau, l’iris qui s’exprime parfaitement aux 2 niveaux permet d’unifier le parfum. Pour le voile on a : l’iris, la sauge, la lavande, la bergamote puis la vanille et le cacao, à travers lesquels on va distinguer les notes plus corsées qui vont constituer l’effet-peau : iris, ambre, cuir, patchouli, vétiver, muscs. On ne sent pas les aromatiques très nettement au début, c’est plutôt l’iris qui domine, mais après 5 h d’évolution, une belle note de lavande-ambrée se fait sentir. Ma perception est vraiment personnelle, car je suis tributaire de ma peau et de la façon dont elle a permis à cette fragrance de s’exprimer. En effet, je ressens parfois une sorte d’animalité contenue (l’effet voile), arrondie et maîtrisée, là où d’autres peaux ferait sortir ce parfum de façon plus brutale, toujours aussi élégante mais moins douce.

Il va sans dire que ce parfum convient aussi bien à un homme qu’à une femme. En rapport avec ce que je disais dans le billet précédent, il prend sur ma peau sa voix féminine pour parler, sans discordance ou impression de décalage. Porter Dior Homme est alors uniquement une question de goût. Dior Homme a dans ses flacons tous les atouts d’un grand classique : une perception unique d’une note connue, une évolution sur la peau subtile, une utilisation fine et maîtrisée de belles matières, une excellente tenue : tenace sans être envahissante, un résultat qui se suffit à lui-même. Il aurait en effet à mon sens presque pu se passer de campagne publicitaire, tant il est clair que par simple bouche à oreille, il aurait eu le succès qu’on lui reconnait aujourd’hui. J’ai cela dit trouvé que les visuels réalisés ont été particulièrement réussis, bien en accord avec l’impression que m’a fait le parfum : simple, discret, chic. Ils me rappellent, dans le même esprit, la photo qui avait été faite pour le parfum de Narciso Rodriguez : For Her.

A visiter aussi la critique de Dior Homme sur Au Parfum!

Disponible chez tous les revendeurs agrées en 50 ml et 100 ml.

Source : OsmoZ, http://www.dior.com, Photos du flacon : Poivrebleu.

3 Responses to “Christian Dior : Dior Homme”


  1. 1 jeanne 18 août 2007 à 11:55

    Si je puis me premettre une correction, Bois d’Argent (encore un fabuleux parfum unisexe !) a été créé par Annick Menardo et non pas Olivier Polge.

  2. 2 poivrebleu 18 août 2007 à 1:57

    merci pour la petite rectification Jeanne, c’est sûrement l’iris qui m’a fait tourner la tête!

  3. 3 Xcalibur 20 septembre 2007 à 3:33

    Excellent parfum, à la fois doux et leger, idéal pour une journée ensoleillée, un peu comme une alternative aux eternels hespéridés d’été. Et cet iris poudré….Un régal, beaucoup moins opulent que chez « le Mâle » de JPG. Je vais essayer la version Cologne qui vient de sortir.


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