Vero Profumo : Kiki

Sur le site internet de Vero Kern, la créatrice des parfums Vero Profumo, on peut lire : « Les odeurs échappent à l’emprise rationnelle, à la langue. » En lisant cette phrase, j’ai immédiatement fait une association qui m’a semblé résumer assez bien la perception du monde des odeurs : une odeur est un sentiment. Elle ne se perçoit qu’à travers le sentiment auquel on la rattache, s’impose à nous de la même façon qu’un sentiment prend sa place dans notre coeur et y plante sa tente. Je vis les parfums de cette façon, et je pense que c’est ce qu’a souhaité exprimer Vero Kern lorsqu’elle a écrit cette phrase.

La perception des parfums Vero Profumo se fait dans cette optique, Rubj, Onda et Kiki sont des parfums addictifs ou répulsifs, les sentiments qu’ils provoquent sont immédiats et incontrôlables. Ces compositions ne sont disponibles qu’en extrait de parfum, et pour une véritable appréciation ne s’essaient qu’à même la peau. L’avantage des concentrations en extrait de parfum est que la composition est mise immédiatement à nu, les défauts ou à l’inverse les qualités sont repérées dès le premier sniffage. Ici, on tire son chapeau pour la qualité des matières premières qui transparaît de suite. Le parfum qui a produit véritablement un effet coup de foudre sur moi est Kiki. Je salivais déjà, avant même d’avoir essayé le jus, à la lecture des notes : une lavande poudrée, musquée, fruitée construite autour d’un accord caramel / patchouli / oppoponax / fruits exotiques.

L’essai a été concluant, je me suis laissée fondre dans ces coussins de lavande musquée puissamment enveloppants et en même temps étonnamment pétillants. Je n’ai su que par la suite que ce parfum me convenait doublement puisque la créatrice l’a conçu en hommage à la ville de Paris, où je suis née et que je ne me lasse pas de traverser en long et en large. L’envol de Kiki me fait penser à une pastille effervescente, ce sont les fruits exotiques qui arrivent en fanfare pour commencer à la fois frais et piquants. Puis vient le meilleur moment, où la lavande, pièce maîtresse de la composition, entre en scène et se laisse observer jusqu’à la fin sous tous les angles. Tournoyant sur la peau, on la perçoit tantôt acide, tantôt cotonneuse, tantôt fardée (poudrée). Elle est assez stylisée dans ce parfum, car bien qu’on la reconnaisse, elle n’a rien de classique. J’avais eu peur que le fond ne se termine sur une note écoeurante de caramel, car ma peau a une fâcheuse tendance à faire sucrer les parfums : il n’en fut rien. Le fond se termine sur un musc propre et sec, intensifié par la présence de la lavande (une odeur de propre pour une grande partie de la population).

Sur les 3 parfums de Vero Profumo, c’est celui qui est le plus confortable et le plus facile à porter, Rubj et Onda étant un peu trop forts les premiers moments. En effet, la concentration en extrait fait que le parfum est bien présent, même pour le porteur. Rubj est un fleuri : fleur d’oranger, jasmin et notes fruitées qui, à mon nez bizarrement, est vraiment ressorti sous la forme d’une tubéreuse. N’ayant pas une affection inconditionnelle pour la tubéreuse, c’est celui que j’ai le moins aimé. Onda lui est très rustique, un cuiré-boisé puissant armé de vétiver et d’épices, qu’il faut savoir laisser évoluer sur la peau car il est âcre au départ. Mais il prend par la suite une tournure animale osée et assumée qui le rend atypique.

Pour plus de renseignement sur Vero Profumo contacter Vero Kern à : profumo<at>veroprofumo.com
ou : Grebelackerstrasse 7
CH-8057 Zürich
SWITZERLAND

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1 Response to “Vero Profumo : Kiki”


  1. 1 furoshiki 25 mars 2008 à 12:50

    Je suis en plein dans les envoronnements aromatiques en ce moment (via le concept des 100 Top Aromascapes of Japan) et associer Paris à la lavande et aux fruits exotiques me semble étonnant. Je n’ai pas beaucoup réfléchi, mais je verrai bien un mélange de tilleul (Convention), de gazon coupé (Palais-Royal), de graisse de machine (métro), de praline grillée et chichis (fêtes foraines), d’odeurs sûres ou raffinées suivant les lieux et les moments, de magnolia parfois, de goudron, de roses sûrement… comme le parfum qui porte son nom (YSL).


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