Parfums : Critiques ou pas?

L’idée de ce billet m’est venue il y a un moment déjà, depuis que j’ai remarqué, comme beaucoup d’entre vous, que la critique (de qualité) en parfumerie est totalement inexistante. Lorsque j’ai créé Poivre Bleu, mon objectif principal était d’exposer mes pensées, mes avis et mon évolution au sein de ce milieu. Les mois passant, il est devenu assez naturel pour moi de prendre parti ou de râler lorsque cela me semblait justifié. Il s’agit surtout pour moi d’un plaisir, celui de donner sa perception, de parler de ses goûts, de ses références, de ses idées… mais aussi d’un besoin, celui de donner une vision personnelle, différente de celle des publicités et aussi d’un besoin d’échange et de confrontation entre amateurs d’un même univers.
Après la lecture de 2 articles très intéressants publiés sur deux blogs que je fréquente régulièrement : Les Ateliers du Parfum et le blog d’Octavian Coifan : 1000 Fragrances, j’ai voulu parler de ce sujet si sensible qu’est la critique. Et en ce qui nous concerne, la critique de parfum. Ces deux articles n’ont pas le même sujet, mais ils ont mis en lumière le brouillard épais dans lequel on nage dans ce milieu. Dans La curiosité : un vilain défaut? , Nathalie nous parle du manque de communication et des codes poussiéreux qui y règnent, surtout pour ceux qui souhaitent y rentrer. A son tour, Octavian dans How to lie with fragrances , nous expose les subterfuges et les non-dits qu’utilisent les industriels du parfum pour faire de la désinformation et du mensonge.

Ces articles mettent en lumière, à mon sens (même si ce n’était peut-être pas voulu par les auteurs), le besoin d’analyses, d’échanges et de critiques dont aurait besoin la parfumerie pour évoluer. Pour ma part, ce constat vient du fait que je ressens la parfumerie comme un art. Créer un parfum, c’est utiliser les moyens mis à disposition pour créer une oeuvre et donner une idée du beau, chercher à toucher la sensibilité de chacun. L’oeuvre d’art est donc une production de l’esprit dans le domaine de l’esthétique. Si on retient cette conception, la nomenclature proposée par Jean-Claude Ellena dans Le Parfum, Que sais-je? n°1888 , est tout à fait pertinente. Les parfums se définissent « par une forme, c’est à dire la façon dont le parfum est perçu » : il y a les formes classiques, baroques, narratives, figuratives, abstraites, minimalistes… A partir du moment où l’on définit, on a une base sur laquelle on peut s’appuyer pour juger et donc pour critiquer. Où sont donc ces bases en parfumerie? Finalement, sur quoi juge-t-on un parfum?

J’ai le sentiment (est-ce le vôtre?), que la parfumerie ne s’assume pas à ce niveau (celui de l’Art) ou qu’elle est retenue à un niveau moindre pour les intêrets des plus puissants et des plus riches. Elle n’est pas tirée par le haut, car son histoire s’entremêle de plus en plus avec les considérations commerciales des grands groupes qui la contrôlent. Son évolution actuelle me fait penser à celle du cinéma qui, lui, a été reconnu comme art, bien que la parfumerie soit plus vieille de plusieurs siècles. L’exploitation de la parfumerie à des fins commerciales est, il me semble, tout à fait concevable, c’est le cas de la musique ou du cinéma. Son élévation au rang d’art ne pourrait que lui être bénéfique, lui permettrait de définir ses contours, de se structurer et pourrait par la même occasion faire apparaître une reconnaissance véritable des professionnels de la parfumerie.
Le fait est qu’aujourd’hui, de plus en plus d’amateurs éprouvent un sentiment de frustration par rapport à leur passion. Il y a ceux qui savent (les professionnels) et les autres, qui n’ont pas les moyens et les connaissances pour juger et pour critiquer. Pourtant, cette forme d’expression existe déjà depuis un moment, même si elle est encore très jeune, la prolifération de Perfume-Blogs la matérialise. Je ne préjuge pas des buts individuels de chacun des passionnés qui ont un jour décidé d’ouvrir un blog, mais comme je le disais au début du billet, l’existence des sites internet sur le parfum (et notamment des blogs) vient du fait que la communication sur ce sujet est totalement conventionnelle, calculée, contrôlée et ne fait absolument pas l’objet d’une analyse critique… Alors que l’envie de comprendre, d’apprécier et de discuter est bien réelle. Je trouve ces envies, et les différentes formes de critiques qui en résultent, légitimes, car on ne peut en vouloir aux gens de pallier l’inexistence de références communes en matière de parfum par des tentatives personnelles. Le savoir n’est pas réservé aux professionnels, la curiosité et la volonté d’apprendre permettent au fil du temps de s’éduquer, affiner ses analyses, cultiver et améliorer son nez. Je pense ici aux 3 ouvrages de René Berger sur la Découverte de la Peinture : il y a d’abord L’art de voir (sentir?), puis L’art de comprendre et enfin L’art d’apprécier. Le cheminement pour arriver à la critique de qualité est long, néanmoins, je pense qu’à tous les stades, l’expression (des goûts, des impressions, des ressentis…) est importante et qu’elle ne remet pas en cause les compétences et le travail des parfumeurs. On voit d’ailleurs avec l’arrivée de site internet comme Auparfum.com que la donne change puisque les professionnels eux-mêmes ont envie et besoin de voir la situation évoluer.

Il s’agit bien évidemment dans ce billet de mon opinion personelle, tout le monde (même les passionnés) ne partage pas forcément mon point de vue et ne perçoit pas la prolifération de blogs sur le parfum comme une bonne chose. Si vous avez des impressions à nous faire partager, n’hésitez pas!

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12 Responses to “Parfums : Critiques ou pas?”


  1. 1 Aline et Valcour 15 janvier 2008 à 10:59

    je crois que je me suis deja (trop) longuement exprimee sur ce sujet aux Ateliers de parfums. je remercie Nathalie d ‘ailleurs pour sa generosite, j ‘adore son blog, le votre aussi bien sur Poivrebleu!
    alors j ‘ai tenu a publier l ‘article de Bernard Pommier aux Ateliers de Parfums parce que je crois qu ‘il a raison dans le fond. la critique de parfums sur internet il faut en prendre et en laisser. il y a du bon, du moyen et surtout du mediocre, il y a aussi des styles differents, la diversite ca s ‘est deja plus interessant.

    moi ce que je rejette sont ceux qui ont tendance a s ‘imposer comme Critique avec un C majuscule et un ego demesure (certainement pour palier a leurs propres lacunes) mais qui n ‘acceptent pas de soumettre a la critique des autres et ceux qui se prennent trop au serieux parce qu ‘ils ont un pied dans l ‘industrie du parfum.

    recemment j ‘ai beaucoup flasher sur les reviews de Sarrasins et Chypre Rouge de The Scented Salamander; en plus des descriptions purement olfactives elle va plus loin que les autres critiques en elaborant sur le concept du parfumeur, elle qui connait autant que Serge Lutens l ‘histoire des civilisations arabes nous transporte au coeur du processus de creation de tels parfums.

    pour ceux qui s ‘interessent davantage a l ‘aspect « chimie » de la composition d ‘un parfum, un blogger comme Octavian est excellent dans son domaine, d ‘ailleurs je partage son interet pour les parfums classiques et disparus mais je ne suis pas branchee molecules et formules.

    http://www.mimifroufrou.com/scentedsalamander/2007/09/sarrasins_by_serge_lutens_perf.html

    http://www.mimifroufrou.com/scentedsalamander/2006/07/post_8.html

  2. 2 Héloïse 16 janvier 2008 à 10:57

    Bonjour Poivre Bleu,

    Mes réflexions, après une année de lecture quasi quotidienne des blogs “parfumés”, suite à ma récente passion pour les parfums :

    – la cliente ne sait pas ce qu’elle achète (vintage, reformulé -en bien, en mal ?-…, aucune indication sur les étiquettes…)

    – la vendeuse ne sait pas ce qu’elle vend (manque d’intérêt personnel ?, l’entreprise lui donne-t-elle aussi les infos sur les reformulations ?…)

    – les marques ne communiquent pas sur le sujet,

    – la presse, à mon avis, ne PEUT pas critiquer les parfums. Elle est payée par la pub.
    C’est grâce aux blogs (merci internet !) que j’ai pu me former sur les parfums, les essayer, les comprendre, faire des choix…

    Curieusement les meilleurs blogs sont d’origine anglophone (sauf Octavian) : textes sérieux, bien rédigés, commentaires idem, et ce depuis qq années déjà,

    – le parfum est considéré comme “frivole”,

    – je pense que si la consultation des blogs sur ce sujet augmente, les parfumeurs seraient obligés d’en tenir compte, mais on en est très très très loin !

    Récemment, au stand Guerlain des Galeries, je me suis amusée à observer le butinage de la clientèle. Ces femmes, plutôt jeunes, ont toutes essayé L’Instant et Insolence. Tout à côté se trouvait Mitsouko et L’Heure Bleue. Ces flacons n’ont jamais été effleurés !

    Bonne continuation pour votre blog en 2008 !

  3. 3 aline et valcour 16 janvier 2008 à 5:43

    Heloise vous avez malheureusement raison, dans notre culture occidentale le parfum est considere comme frivole, ce n ‘est qu ‘un « sent-bon » de luxe, on sait que le vin et la gastronomie jouissent d ‘un status demeusure, surtout en France oh ce que c ‘est ennervant! mais meme le cigar c ‘est pris tres au serieux et puis ca donne du « caractere » et une stature! lol
    le parfum dans l ‘Islam eleve l ‘esprit, il est au coeur de la religion islamique, les rapports culturels avec le parfum sont d ‘une tout autre nature. Serge Lutens explique que les arabes ne se parfument pas apres une douche avant de se rendre au restaurant! c ‘est un acte rare d ‘elevation de l ‘esprit. son oeuvre s ‘inspire de cette philosophie, rendre au parfum ses lettres de noblesse.

  4. 4 JulienFromDijon 19 janvier 2008 à 11:41

    Ton papier est très dense.

    Je m’y retrouve dans le côté commercial, mais ce serait vulgaire de ma part de critiquer juste parce que c’est commercial.

    Plus subtilement, je pense que les marques de parfums les vendent trop comme des cosmétiques. Y-a-t’il quelqu’un pour faire des blogs sur les crèmes anti-âge? non.
    Les crèmes anti-âge sont le summum du mensonge publicitaire, même propriété qu’une crème hydratante pour un prix exorbitant.
    Je crois qu’il en va de même pour les parfums, les commerciaux estiment trop que ce qui compte c’est l’étiquette, et qu’on peut mentir sur les composants le contenu et surtout sur l’effet rechercher par le client. Une sorte de dédain pour le client et le parfum, de la part de celui-même qui les vent.

    Pragmatiquement on ne peut leur donner tort, comme le dit un commentaire personne ne touchera spontanément à l’heure bleu. La pub va servir autant à asseoir la marque qu’à attirer le tout-venant sur un produit. Elle va créer l’intérêt, mais elle ne va pas éduquer.
    Et c’est là que ce trouve l’intérêt des perfume-blog : éduquez au sens large et pas prétentieux du terme.
    Eduquer le consommateur pour qu’il sache mieux choisir.
    Eduquer pour mieux apprécier un parfum.
    Eduquer pour être moins déboussolé et profiter du large choix.
    Eduquer pour savoir prendre le temps de sentir un seul parfum évoluer, et savoir se l’approprier.

    Je ne pense pas que les parfums soient perçu comme de vulgaire sens-bons. Pour les étrangers, les parfums font partis de l’image du Paris romantique, la ville de l’amour(ceux qui prennent quotidiennement le métro parisien préfère Venise pour rêver).
    L’odorat est quand même le sens le moins développé chez l’homme, relégué au dernier rang, et c’est connu qu’à défaut d’indifférence on a du mépris pour ce qu’on ne peut avoir ou comprendre : les odeurs sont des emmerdeuses, insaisissable, elle demande un fort investissement de curiosité, de temps et d’argent.
    Le traitement commercial, malgré le luxe apparant, pousse les gens à juger sur l’apparence, à mentir sur le contenu, et l’effet recherché… et au final le dédain des commerciaux sur LE parfum tranparaît.
    Et le prix n’arrange rien, si essayer c’est gratuit, le parfum reste cher à 400-500fr le flacon. Du coup le parfum représente plus le statut social, ceux qu’il exlut, ou la valeur qu’on veut se donner, plutôt que sa valeur humaine d’odeur enrichissante qu’on partage.
    Il y a un certain mépris pour le luxe, pour ces gens pris pour des cons par les marque car ils paient trop cher pour des fringues ou du sent-bon, et malheureusement la réalité est là pour nous dire que nous sommes des cons : le prix des matières premières font rarement 1/7 du prix, et coûtent parfois moins que le flacon.

    Mais soit, pour que la concurrence joue, que les prix baissent, il faut que les consommateurs soit éduqués.
    Je pense si on éduquait tout le monde sur le parfum, il y aurait plus de consommateurs et d’achats réguliers (donc les prix baisseraient), et les marquent n’aurait pas à payer autant de publicités (donc les prix baisserait), et les marquent n’auraient pas à payer trop cher le flacon (« ), et les gens essayerait plus de parfum de différentes marques et feraient jouer la concurrence sur les prix (« ).
    Pour l’heure, c’est l’image du parfum qu’on vent, et pas LE parfum. Normal qu’il y ai un hic.

  5. 5 Aline et Valcour 20 janvier 2008 à 2:35

    oui mais « eduquer » par qui exactement? par une personne comme vous qui peut pas aligner une phrase sans au moins faire trois grosses fautes? vous etes fort gentil ‘Julien « from » Dijon’ mais vous avez trop de certitudes, peu de credibilite et puis vous simplifiez et avancez des choses fausses.
    contrairement a ce que vous imaginez l ‘odorat est le sens le plus developpe chez l ‘homme mais ce n ‘est pas une science exacte! *
    « eduquer » dans une certaine mesure ne veut rien dire dans ce domaine.

    toutefois si vous souhaitez vous « eduquer » en matiere de produits cosmetiques, consultez le blog de Blogdorf & Goodman, un jeu de mots blog/B&G (le dept. store le plus select de New York). c ‘est con comme la lune quand on en a rien a battre mais tres bien fait pour celles et pourquoi pas ceux qui sont branches cremes de luxe et maquillage haut de gamme.
    http://blogdorfgoodman.blogspot.com/

    Le Cinquieme Sens *

    De la naissance a la mort , au rythme d ‘une nouvelle generation tous les vingts jours, les cellules olfactives se renouvellent. L ‘odorat est donc aussi performant du debut a la fin de notre existence.
    Supposer de ce fait nous ayons une egale capacite a receptionner et interpreter une senteur serait illusoire. La sensibilite demeure en ce domaine determinante. Le souvenir et l ‘imaginaire interviennent directement sur l ‘aptitude a recevoir une odeur, sur la qualite et le degre d ‘intensite emotionnelle. La memoire enregistre jusqu ‘a trois cent mille impressions olfactives, creeant un incroyable reseau de multiplication des sensations recues, ainsi renouvelees, ramifiees, reinterpretees. Un laboratoire de chimie ou, comme le dit Marcel Proust, « … on met au hasard tantot la main sur une drogue calmante, tantot sur un poison dangereux ». Selon les individus, un parfum delicieux pour les uns sera insupportable pour les autres. Penser dans l ‘absolu qu ‘il y ait des senteurs reposantes ou aphrodisiaques comme on le pretend ne peut etre credible uniquement que si elles ont ete en relation avec un vecu.
    Tout reste cependant mysterieux…

    Serge Lutens

  6. 6 JulienFromDijon 21 janvier 2008 à 12:02

    Je vais faire court :
    – Je parlais des crèmes anti-âge pas des cosmétiques dans leur généralité. Les crèmes anti-âge sont peu ou pas efficace et seulement vendues sur une image mensongère, d’où le rapprochement que je fais avec les commerciaux qui vendent le parfum, ils ne croient pas dans les vertues naturelles oniriques ou magiques du parfum puiqu’il s’agit de l’image qu’ils auront créée de toute pièce et pour laquelle la plupart des gens vont acheter CE parfum plutôt qu’à son odeur.

    – Je parlais d’éduquer le consommateur. Je nous croyais du même côté : ceux qui préféreraient qu’un parfum plaise pour ce qu’il sent et non pour sa publicité, et ceux qui poussent les gens à acheter des parfums plus rafinés que la gamme axe.

    – Je n’ai pas de certitudes, juste des connaissances que je tiens pour vrai jusqu’à ce qu’on peut prouve le contraire. Poivre bleu le dit dans ce message : les gens sont suffisament intelligent pour comprendre que les critiques sont des avis objectifs et pas des vérités vraies.

    – L’odorat n’est pas le 1er des sens, les aires du cerveaux qui sont consacrées aus sens odorat-goût sont moindre que celle de la vision. Comparé à d’autres animaux nous sommes vraiment nul, et l’odorat nous sert très peu au quotidien.
    Serge Lutens est un poète, et sa citation est partisane, il vend des parfums basé sur son image (sa marque c’est son nom). Votre citation est bourrée de pièges rhétoriques assez typés d’ailleurs, les chiffres scientifiques qui nous font sentir dépassé, la magique régénération des cellules, l’eternité de l’odorat au cours d’une vie, les champs sémantiques des sensations et du rêve, et le langage hyperbolique.

    S’il vous plait, essayer de dire clairement ce que vous pensez faux dans ce que j’avance, et essayer de trouver des vrais arguments, pas des contresens ou des attaques à la personne.

  7. 7 Nathalie 21 janvier 2008 à 3:12

    Julien a raison notre monde est fait pour l’oeil et l’oreille… Depuis que nous avons développé notre préhension et l’utilisation des outils, l’odorat est passé au second plan. Il a définitivement sombré lorsque nous avons arrêté de chasser dans les forêts denses ou il nous était d’une plus grande aide que la vue. Nous communiquons tous les jours à l’aide de l’œil et de l’oreille, c’est un fait, et le monde moderne est construit pour et par l’œil et l’oreille. Et c’est vrai que les odeurs sont des emmerdeuses et qu’elles exigent de nous une certaine disponibilité, une ouverture que tout le monde n’a pas la patience ou l’envie de cultiver. L’odeur demande un temps d’arrêt et décontenance, fait sauter les repères, surtout lorsqu’on la présente désincarnée sur une mouillette. En général les gens sont très peu olfactifs et se sentent mal à l’aise dans ce monde, d’où des réactions gênées, ou parfois même agressives, du genre : « Mais laisses-moi tranquille avec tes mouillettes ! » Mais je pense que le fait que les parfums soient désormais exposés ainsi à la critique encouragera de plus en plus de monde a développer une curiosité olfactive, et part la même, à éduquer son nez. (On peut très bien le faire tout seul d’ailleurs)

    Je suis tombée, en cherchant autre chose dans ma bibliothèque sur un livre intéressant : « Questions de parfumerie », il a été écrit en 1988 par Jean François Blayn avec la collaboration de plusieurs parfumeurs dont Jean-François Latty, Pierre Bourdon, et Maurice Roucel. Petit extrait qui concerne justement notre débat :

    « Les plus beaux parfums flottent dans un espace sans coordonnées ni repère. Confondus avec la pacotille et dans l’esprit du public, tout s’amalgame, se mêle et s’embrouille. La parfumerie accompagne le mouvement de la société où l‘authentique et le frelaté, la création et l’imitation se confondent, sans que nous puissions plus trouver un promontoire d’où il serait possible de faire la différence. Il n’est de liberté ni d’art sans droit de la critique, or ce contre-pouvoir n’existe toujours pas dans le monde de la parfumerie, où au contraire, il semble régner une idée que l’on pourrait formuler ainsi : ce qui nous plaît peut bien être mauvais, mais ce que nous n’aimons absolument pas c’est qu’on puisse nous le rappeler. »

    C’était en 1988, aujourd’hui ce « contre-pouvoir » semble en marche, et je reste persuadée que la parfumerie à tout à y gagner

  8. 8 Aline et Valcour 21 janvier 2008 à 7:47

    Nathalie, entre affirmer que le monde est fait pour l ‘ouie et la vision (ce qui est vrai) et que le sens olfactif est le premier des sens (ce qui est la vrai aussi) il y a une difference! pourquoi donner raison a Julien from Dijon? la vraiment je vous me perdez…

    Julien from Dijon, encore une fois avant d ‘avancer des choses fausses dans un francais confus et difficile a dechiffrer, je vous invite a lire cet article, je vous rassure, il ne s ‘agit pas d ‘un brouhaha scientifique, c ‘est simple a comprendre et interessant:
    http://www.quintesens.com/marketing_sensoriel_olfactif.php

    alors « eduquer » en ouvrant un bouquin sur l ‘Histoire de Parfum d ‘Annick Le Guerrer ou lire les ouvrages d ‘Edmond Roudnitska et les citations/articles de Serge Lutens, la bien sur on ne peut etre que d ‘accord, ca ne peut faire du mal a personne mais s ‘en remettre a l ‘aveuglette comme ca a des bloggers sans credibilite, non parce qu ‘il faut faire tres attention a qui on a affaire. bien sur tout n ‘est pas mediocre et mauvais sur internet, mais il faut savoir en prendre et en laisser…beaucoup! ces sites ne remplaceront jamais la litterature serieuse consacree a ces sujets.
    de toutes mannieres on ne peut pas eduquer les gens contre leur gre, le parfum n ‘interessera jamais que ceux qui s ‘y interessent! la mulitiplication des blogs consacres au parfum ne changera pas les choses dans ce domaine.

  9. 9 Nathalie 21 janvier 2008 à 9:10

    Je pense que ce que a voulu dire Julien en disant que l’odorat était le sens le moins développé de l’homme, c’est qu’il y a une résistance de notre part en tant qu’êtres civilisés » a succomber a un sens perçu comme irrationnel et surtout nous mettant en lien direct avec notre animalité. Dans la tête des gens ce sont les animaux qui sniffent tout. Mais l’homme est beaucoup plus doué en olfaction qu’il ne le pense, bien sur face aux chiens nous perdons, mais je n’ai jamais vu un chien se pâmer en sentant un verre de vin. Ce qui est sur c’est que l’odorat est notre sens le plus intime, le plus archaïque (c’est le premier sens a être apparu sur terre, couplé à celui du goût chez des bactéries) et le plus animal, il est relié directement aux centres émotionnels du cerveau là ou se jouent des émotions comme la peur, mais aussi des sentiment comme l’attachement… Ce qui ne l’empêche pas d’être aussi connecté au parties superieures du cerveau, c’est le seul sens avec celui du goût (mais ce dernier n’est qu’un vassal de l’odorat) a bénéficier de cette double connexion. Alors oui, l’odorat a été totalement sous-estimé chez l’homme. Aujourd’hui il revient sur le devant de la scène mais ne tombons pas dans l’attitude inverse qui consiste à dire que c’est le plus important des sens, qu’on redonne à ce sens sa juste place sans occulter l’importance des autres. Nous avons besoin de tous nos sens pour apprécier la beauté du monde. Par exemple je n’adhère pas à l’idée de parfumer les films, je ne pense pas que l’odorat ajoutera quelque chose de valable à un art conçu pour l’œil et l’oreille, cela serait du parasitage. Cela peut être rigolo de tenter l’expérience et peut être que pour un film sur les odeurs comme « le parfum » cela serait cohérent, mais dans l’ensemble je trouve qu’il ne faut pas tomber non plus dans le tout olfactif et mettre des odeurs partout (on en parlait avec les parfums d’ambiance). Peut être que je me contredis un peu, je ne sais pas…

    Eduquer les gens contre leur gré, c’est sur, cela ne marchera pas, mais on peut très bien commencer par lire des blogs, être intrigué et ensuite vouloir en savoir plus et se tourner vers les experts. Je pense qu’il est possible d’aborder les choses de cette manière. Il est certain qu’il faut prendre avec prudence les informations que l’on trouve sur Internet, pour moi rien ne remplacera jamais un livre

  10. 10 poivrebleu 22 janvier 2008 à 1:16

    Bonjour à tous, merci beaucoup pour vos commentaires.

    Julien, vos observations sont intéressantes, il est vrai que les grandes marques de parfumerie n’ont pas forcément envie de prendre du temps pour créer des vrais parfums et de vraies oeuvres d’art. Mais c’est simplement parce qu’elles n’en ont pas besoin. Lorsque l’on voit comment les créations de Viktor&Rolf se vendent facilement, on comprend que plus d’investissement n’aurait pas été nécessaire quand si peu a suffi à faire un succès planétaire… Et je pense effectivement que cela est dû au manque d’éducation et de sensibilisation. Sur ce plan-là, les choses peuvent changer je pense, notamment sur internet pour commencer, même si les informations ne sont pas toujours de bonne qualité. Je préfère un peu d’esprit critique (même mauvais) que pas du tout.
    En revanche, l’odorat n’est pas le dernier des sens. Il est effectivement totalement sous-évalué dans la culture occidentale, parce qu’il nous touche vraiment dans « notre chair », si je peux me permettre. En effet, comme le dit Nathalie, le centre olfactif est relié notamment aux centres émotionnels (et de la mémoire) et son pouvoir n’en est que plus grand sur nos humeurs, nos émotions, notre plaisir… D’où la pudeur et le dégoût par rapport à ce sens que l’on ne sait pas maîtriser et qu’il faut apprivoiser. Pour plus d’information, lire l’article sur Le Système olfactif à cette adresse:

    http://olfac.univ-lyon1.fr/documentation/olfaction/

    Je pense qu’il y a vraiment quelque chose à faire pour sensibiliser les gens, car de plus en plus, on se rend compte qu’ils sont en demande de vrai et d’authentique ou en tout cas de « travaillé ». Le vrai travail à mon avis est à faire avec les enfants. C’est leur faire découvrir tôt ce monde, qui permettra par la suite de redonner à l’olfaction le statut qu’elle mérite et qui peut-être permettra de faire évoluer les choses dans cette industrie.
    Mais avant de pouvoir élaborer de vrais projets à ce niveau, je crois qu’aborder les choses par internet n’est pas mal placé. Les discussions sont libres, n’engagent pas de frais et peuvent permettre de trouver autre chose que les discours lisses et insupportables des journaux. J’en ai discuté avec une collègue dernièrement, dont le discours commercial (conventionnel, maîtrisé et effroyablement cliché) était vraiment pénible à entendre pour moi. Elle m’expliquait qu’elle voulait faire rêver les clients, et faire autre chose que la potiche serviable. Je pense qu’elle a raison en partie, mais de plus en plus de clients savent ce qu’ils achètent, et pour faire changer les choses, je pense que l’on peut commencer par arrêter de mentir aux gens (comme le dit l’article d’Octavian en lien dans le billet).

    Les blogs sur le parfum sont là pour le plaisir. C’est mon sentiment et ce qui me pousse à poursuivre Poivre Bleu. Ils peuvent très bien suffire à ceux qui aiment le parfum mais ne souhaitent pas pousser plus loin. Après, oui, il est clair que les livres sérieux sur le sujet sont irremplaçables pour ceux qui veulent vraiment se cultiver.

    Je finirai en disant que pour ma part, j’utilise mon nez tous les jours. Je l’utilise pour reconnaître les gens qui m’entourent, me rassurer, ou alors pour humer l’air qui flotte et savoir de quelle humeur est Paris aujourd’hui. J’y fais sûrement plus attention que certains autres, mais nos sens (et donc notre nez) fonctionnent tout le temps. Même la nuit, le nez continue à sentir et les oreilles à entendre.

  11. 11 Aline et Valcour 22 janvier 2008 à 4:13

    oui le nez fonctionne tout le temps, a l ‘origine le nez c ‘est pas fait pour sentir de belles senteurs florales, c ‘est un sens primitif, une defense qui nous protege et sert a nous prevenir de dangers, d ‘apprehender la nourriture et aiguiser notre eveil sexuel. on se sert de notre nez aussi souvent qu ‘un chat, certes de facons moins evidente, c’est la raison pour laquelle l ‘Homme refoule ce sens qui fait appel a notre instinct animal.
    je suis bien d ‘accord sur ce point, les blogs online il faut pas les prendre pour autre chose que pour le plaisir de communiquer entre passionnes et amateurs mais faut pas se leurrer, ca n ‘eduquera personne, de toutes facons ce mot eduquer me gene

    Octavian, dommage que son blog ne soit pas francophone et qu ‘il censure toutes mes interventions sans exception, ce qui prouve qu ‘il a pas envit de s ‘engager dans quelconque debats ou de repondre a certaines questions avec telles ou telles personnes. il a raison d ‘aborder ce sujet mais on aurait pu aller plus loin (on peut pas reduire le monde du parfum a des formules chimiques compliquees, ca interesse personne en plus, le parfum il y a une dimension culturelle, artistique et historique). c ‘est ca le principe des blogs, tout est aborde en surface sans jamais rien approfondir, un univers ou les plus erudits sont les plus ignorer (le site de Therese Duncan ‘The wit of the stairs’ etait de loin le meilleur, le plus poetique, artistique et politique mais vraiment pas populaire) et ou on adule la mediocrite et meme ceux qui racontent carrement n ‘importe quoi.

  12. 12 JulienFromDijon 13 août 2008 à 2:28

    Difficile de comparer ce qui n’est pas comparable : nos sens. Bras en mousse ou jambe en bois ? Comparer le volume des aires du cerveau pour savoir quel sens est le plus développé peut-être… on n’ira pas loin. (l’odorat perd en tout cas)
    Au jeu du « pire des pires », les enfants sacrifieraient volontiers l’odorat plutôt qu’un autre sens, même si en réalité on perd le goût avec l’odorat.
    Je ne pense pas que l’odorat souffre d’une image animale et intime, et donc tabou, mais plutôt qu’il n’est pas assez « noble », au sens utile.
    Simplement parce que l’odorat n’est ni le meilleur sens pour apprendre, pour éprouver du plaisir, pour faire avancer l’humanité, pour avancer dans la vie, pour s’adapter au monde urbain.

    Je pense que peu de personnes voire personne n’aiment les mot « éduquer » ou « sensibiliser », le premier me rappelle les rééducations politiques communiste, le second rappelle que ce sont les enfants qu’on sensibilise.
    Mais, fi de mauvaise volonté, je pense qu’il s’agit d’éduquer -> le consommateur, car dans une société où c’est la demande qui régule l’offre, on a un peu l’industrie du parfum qu’on mérite (aïe).
    Sensibiliser des enfants ou des adultes, c’est avant tout ne pas les prendre pour des imbéciles et stimuler leur intelligence et leur curiosité. Il ne s’agit pas de faire aumone de quelque savoir à ceux qui sont nuls en parfum, mais plus de partager une culture (un savoir transmissible).

    Je suis donc fermement sûr que les blogs « éduquent », car il suscite la curiosité, même celle de ceux qui se contrefoutent du parfum. Curiosité, sensibilité, émerveillement, intérêt, revalorisation du parfum et de l’odorat comme moyen d’apprendre et découvrir.
    Et à parler, comparer, relativiser les différents parfums, on fait un meilleur choix quand on achète, donc nous sommes des consomateurs plus alertes, et nous tirons l’industrie du parfum par le haut.

    Je veux bien lire des livres sur le parfum. Mais la citation de Lutens (plus haut) ressemble à une pub pour le savon, à magnifier le corps humains, à plonger dans la mièvrerie parfum-souvenir, parfum et magie. A quoi bon lire des livres, si c’est pour y retrouver les même préjugés contradictoires et logorrhées entendus partout. Les livres ne sont-ils pas sensés apporter un savoir pour dissiper tout ce flou ?

    Je trouve qu’il y a aussi beaucoup de snobisme dans le monde du parfum.
    Par exemple, être fier de se croire le seul expert en parfum et prendre tous les autres pour des ploucs.
    Celui qui base sa valeur sur cette singularité, celui-là dis-je, cache bien mal son sentiment d’infériorité, et verra d’un mauvais oeil les blogs qui viennent populariser son domaine de spécialité.
    Car sinon que peut-on reprocher aux blogs? Ils attirent des gens nouveaux, remettent en question l’obscurantisme des rayons de parfumerie et les vérités toutes faites des pro, suscitent des passions nouvelles, et établissent une blogosphère de blogs plus ou moins sérieux pour le lecteur plus ou moins confirmé.
    Un mauvais bloggeur qui critique prend le risque de se tromper, de perdre son lectorat, mais le plus important est pour le bloggeur et le lectorat de faire des erreurs pour apprendre.


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