Bienvenue chez JAR

Par où commencer? Tout ceci est légèrement intimidant en vérité. Cela n’a rien à voir avec l’expérience que j’ai eue à la boutique de Jar Parfums, 14 rue Castiglione dans le 1er arrondissement de Paris, mais plutôt avec la façon dont je vais essayer de vous présenter cette maison et les quelques moments que j’ai passés à sentir ses parfums.

Pour la forme, je fais un petit résumé. Derrière JAR Parfums se cache Joël Arthur Rosenthal, rendu célèbre dans le milieu de la joaillerie pour ses créations originales, particulièrement fines et travaillées et qui ne sont accessibles qu’à quelques privilégié(e)s dans le monde. Originaire de New York, il vit à Paris depuis une quarantaine d’années. Tant dans les bijoux que dans les parfums, Monsieur Rosenthal se démarque par sa discrétion et sa volonté de ne garder que de petites structures. Il n’existe actuellement que deux points de vente pour ses parfums dans le monde, l’un à Paris, l’autre à New York chez Bergdorf Goodman. Je me suis rendue à la boutique avec une amie qui souhaitait que je découvre ces créations, où elle avait connu « l’un de ses plus grand chocs olfactifs » m’avait-elle dit.

La boutique, vue de l’extérieur, est très discrète, si on ne s’approche pas, elle semble fermée. Pour moi, l’ambiance était parfaite. On entre dans une toute petite boutique (pas plus de 9m² selon mon estimation), recouverte du sol au plafond par un velours vieux mauve, sièges et mobilier accordés. La décoration est très sobre : 3 glaces sur chacun des murs, un lustre et 2 appliques de chaque côté des glaces. Au centre de la pièce, une table, sur laquelle sont posées 6 boîtes en verre contenant une peau de chamois imbibée de parfum. Le son est feutré, apaisant, on est entre la chaleur d’une bibliothèque et le raffiné d’un petit salon où prendre le thé. Accueillies par un grand jeune homme, nous nous asseyons pour découvrir les parfums. La présence d’un guide s’est très naturellement imposée dans ces conditions, là où généralement on a la sensation de déranger, de mettre une sorte de désordre dans un petit espace intime. Mais le spectateur (car on peut l’appeler ainsi) n’est là que pour sentir. Tous les gestes sont effectués par le démonstateur, qui nous guide : il ouvre une boite, tient le couvercle près de notre nez quelques instants puis referme, et cela 6 fois. Entre temps, on a le temps de réagir, de donner une première impression.

Il faut savoir que chez JAR, aucune information n’est donnée sur les parfums (hormis sur la concentration, les noms et les flacons), pas un seul nom de composant ne sortira de la bouche du maître des lieux. Le nom de chaque parfum est donné après l’avoir senti. Dans la mesure du possible, aucune influence extérieure ne vient troubler la sensation olfactive. Jardénia est celui qui se dévoile le plus, mais comme je n’ai aucun souvenir de gardénia, cela ne m’a pas tellement aidée. Ensuite s’engage la discussion, on ressent, on entend les noms, puis on essaye. Quelques gouttes d’extrait de parfum déposées le long du bras puis réparties par un léger massage à l’aide du goulot du flacon. La concentration en extrait est incomparable à toutes les autres. Même habitué à sentir en eau de toilette ou de parfum, le nez ne peut que saluer l’extrême délicatesse et supériorité de l’extrait sur la peau, qui se fond immédiatement à la personne qui le porte.

Le premier senti sera : Ferme tes Yeux. Je pensais ne pas être surprise et pourtant je le fus. Comme avec tous ceux qui suivirent, je me suis aperçue avec plaisir que la nouveauté était au rendez-vous. Plus agréable encore, je ne pense pas me tromper en disant que les matériaux utilisés sont en majorité naturels, que la construction s’inspire des vieux parfums, et que malgré cela, on est face à des parfums totalement différents qui ne ressemblent (à ma connaissance) à rien de ce qui se fait. Comme je l’expliquais dans le billet précédent, la nouveauté tient plus à l’impression qu’un sentiment unique (une ambiance, un moment, une émotion…) se trouve dans le flacon, qu’à une hypothétique nouvelle formule ou matière jamais-sentie. Voilà ce qui crée le vrai plaisir et la vraie sensation olfactive, car non seulement le sentiment ou l’histoire du parfum est singulier mais de plus la perception de chacun va être totalement singulière. C’est ce qui est criant chez JAR, et c’est à mon avis pour cela que l’on prend autant de précautions pour ne laisser la place qu’à la perception olfactive. Je n’ai de souvenirs précis que de Ferme Tes Yeux, Jardénia et Bolt of Lightning, ayant essayé ces deux derniers sur ma peau. Tous les 3 très différents, je pourrais passer encore des lignes à les décrire, mais je vais tenter d’être brève. Ferme Tes Yeux se rapproche de quelque chose de sombre, de terreux, avec une pointe animale. Jardénia retranscrit visiblement l’odeur du gardénia, mais sans le côté belle fleur opulente… On a, là aussi, un aspect assez sombre, mais plus humide, un peu comme des fleurs fanées. Bolt of Lightning a une ouverture très verte (galbanum? vétiver?) qui évolue vers un fond moins saisissant mais toujours frais et souple.

Les parfums sont exclusivement créés pas Joël Arthur Rosenthal de façon totalement libre, sans aucune contrainte, sans obligations, ni buts. Le démonstrateur nous a expliqué que le monde des odeurs occupait une place très importante dans la vie de son patron et que cette activité n’était qu’une activité de pur plaisir, la vente ne faisant pas vraiment partie des préoccupations de cet homme. Technique marketing ? J’en doute. J’ai lu sur un autre blog consacré au parfum, un commentaire d’une femme disant qu’elle ne voulait pas participer à cette stratégie marketing, trouvant particulièrement insultant que le créateur considère comme très secondaire son besoin de connaître les composants… J’ai ri à la lecture de cette phrase. Car elle résume assez bien l’incompréhension qui règne autour de cette petite marque et de toutes les démarches de ce type. Le fait que l’on ne puisse pas aborder ces parfums avec des moyens rationnels oblige celui qui sent à ne s’appuyer que sur des sensations très instinctives, ce qui visiblement dérange encore beaucoup de personnes. JAR Parfums, une marque bien trop prétentieuse et snob pour beaucoup (même parmi les amoureux du parfum)… mais qui présente et vend ses parfums comme les oeuvres qu’elles sont. Les prix sont prohibitifs ? Pour beaucoup de bourses oui. Rien ne vous empêche d’aller les sentir pour le plaisir.

L’ennui vous me direz, c’est que lorsque l’on a goûté au caviar, l’envie de retourner au surimi est toute relative, voire inexistante…

Lire un article intéressant sur JAR ici (en anglais).

De 285€ à 530€ les 30ml en Extrait de parfum.

13 Responses to “Bienvenue chez JAR”


  1. 1 jeanne 7 avril 2008 à 7:53

    Poivre Bleu ! Justement j’allais vous écrire car je commençais à m’inquieter de votre absence… Je sors d’une entrevue avec Vero Kern et je suis encore toute excitée par notre discussion, mais ce post sur Jar m’agite encore davantage ! Cela fait très longtemps que j’ai envie d’aller dans cette boutique, et votre description va m’aider à me convaincre…

  2. 2 poivrebleu 8 avril 2008 à 12:46

    Jeanne! Oui, je sais, j’ai failli à ma mission de bavardage ces derniers temps, mais soyez sûre que c’est pour la bonne cause. Et puis voyez, je reprends un peu du service. J’ai lu l’interview que vous avez eue avec Vero Kern, ayant eu la chance de la rencontrer moi aussi à la fin de l’année dernière, j’ai bien retrouvé la femme simple, agréable et passionnée avec qui j’avais discuté. Je suis contente que les choses avancent dans le bon sens pour elle.
    Je ne peux que vous encourager à vous rendre le plus rapidement chez JAR, j’ai hâte d’entendre votre avis et peut-être de lire une critique! Vraiment, pour moi ce fut un plaisir. Le démonstrateur est adorable et vous êtes vraiment là pour sentir et découvrir des oeuvres, si j’ose dire. Je parle ainsi parce qu’à aucun moment on ne ressent une sorte de pression pécuniaire comme cela peut être le cas dans (beaucoup) d’autres situations. Je me demande même si l’activité est pérenne… En tout cas, les parfums (puisque c’est de cela qu’il s’agit) sont, allez je m’emporte, exceptionnels. Enfin, je vous laisse découvrir, vous m’en donnerez des nouvelles!

  3. 3 Nathalie 11 avril 2008 à 8:17

    Voila une façon intéressante de faire sentir les parfums, sans influencer, en laissant simplement monter les émotions. Je me rends compte que trop souvent lorsque je sens un parfum je me crispe, je me focalise trop sur la reconnaissance des notes, la classification du parfum, sa décortication. On est aussi, malgré nous, influencé par la description du parfum, par l’histoire racontée autour de celui-ci, par son emballage, par son flacon, par la marque et les symboles qu’elle véhicule, revenir au parfum, c’est-à-dire à l’essentiel, et lui laisser le soin, à lui tout seul, de raconter son histoire, est une démarche très poètique. J’y trouve quand même quelques contradictions mais peut être est ce les miennes…? Le parfum me parait s’inscrire profondément dans la culture et il me parait difficile de l’en extraire totalement, certes le parfum, ou plutôt je dirai « le senti » touche au monde des instincts mais il trouve sa place dans la culture comme une oeuvre de l’esprit et non comme quelque chose créé « sans but », cela me parait impossible de créer sans but, (je ne parle pas d’argent ici), si ces parfums étaient créé sans but, personne n’en aurait jamais entendu parler… Enfin il me semble… Mais en tout cas les parfums comme vous nous les décrivez nous donne envie de les découvrir🙂

  4. 4 poivrebleu 11 avril 2008 à 10:49

    Bonjour Nathalie,
    Je vais me reprendre un peu parce je me suis peut-être mal exprimée. Ce que j’ai voulu dire dans le billet, c’est que le créateur ne veut mettre l’accent que sur la sensation de celui qui sent et qui porte le parfum, et sortir un peu de nos habitudes d’analyses… En revanche je suis persuadée qu’il a une conception du parfum et que celle-ci est, de fait, empreinte de sa culture. Il crée pour son plaisir et pour le plaisir de partager ses créations avec ceux qui voudront bien les découvrir. D’autant plus que je crois vraiment que sa démarche est artistique. Le fait de ne pas connaître la composition peut être frustrant un premier temps, mais en y repensant on se rend compte combien cela est libérateur pour la perception et les sensations.
    Merci pour le commentaire et les encouragements…

  5. 5 jerryb 19 avril 2008 à 9:09

    Bonjour,
    Prenons Ambre Sultan, Féminité du bois, Patchouli Patch, ce sont de très beaux parfums, construits autour de matières premières de premier choix et qui créent eux aussi un choc olfactif la première fois. Il sont aussi créés avec une liberté artistique !
    Je ne vois dans cette marque qu’un exercice de style pour créateur fortuné qui sait à qui il s’adresse, sans le moindre doute. Comment fait il pour se payer ce lieu s’il ne vend pas ? Et nous, amateurs de parfums, ne sommes nous pas blasés du tout venant, dont même Serge Lutens fait partie maintenant ? On aime JAR parce que c’est beau, et heureusement que ça l’est, mais sommes nous du même monde ? La belle parfumerie serait à ce prix élitiste ? Sans doute, mais la démarche de Véro Kern,elle, me semble beaucoup plus humble et tout aussi méritoire.

  6. 6 poivrebleu 19 avril 2008 à 12:27

    Bonjour Jerryb,

    Je comprends vos remarques, JAR n’est pas la seule marque dont les parfums créent des émotions et surprennent… Heureusement, sinon on serait bien triste, je pense. Mais je crois que les créations chez JAR sont avant tout là pour le plaisir. Enfin, en tout cas, c’est ce que j’ai ressenti en y allant. Sincèrement, je ne me suis pas sentie dans un monde inaccessible et inabordable pour moi. Sûrement parce que ce n’était pas le sujet… Quant aux prix, il faut tout de même se rappeler qu’il s’agit d’extraits de parfums vendus en 30ml. Et que les prix de Vero Kern (dont j’admire tout autant que vous la démarche et le sens créatif) sont dans la même veine que ceux de JAR. Kiki en 7,5ml vaut 105€ et en vaudrait 420 en 30ml (respectivement 15ml à 165€ en vaudrait 330). La démarche de Vero Kern est différente, elle est plus itinérante et moins secrète sur ses parfums!

  7. 7 JulienFromDijon 21 avril 2008 à 10:56

    Parfum élitiste, parfum cher, parfum de niche, ou parfum de Sephora, le principe reste le même.
    Le principe c’est qu’on veut nous faire acheter un produit de luxe (>50€), une dépense qui mérite qu’on puisse essayer le parfum gratuitement autant de fois qu’on le désire.

    De pouvoir essayer et réessayer sans constamment se sentir épier ou critiquer du regard par les vendeuses parce qu’on repart sans avoir rien acheter.
    J’ai cette angoisse, et je n’aime pas l’idée mercantile qu’il faille être bon client pour s’autoriser d’essayer et re-essayer des parfums dans la même boutique.

    Aussi j’aime la démarche de JAR (décrite par poivre bleu / j’y suis jamais allé). Je la trouve à l’opposé de l’élitisme.
    Apparement JAR veut privilégier la découverte du parfum, généreuse et gratuite, en chassant l’idée qu’on nous laisse essayer qu’à la condition qu’on achète quelque chose un jour ou l’autre.
    JAR semble s’interesser à toute personne, qu’elle puisse ou non être en mesure de dépenser 150€ dans l’instant.

    L’élitisme c’est l’idéologème des pubs.
    Non de dire « vous pouvez vous payer une marque prestigieuse et être quelqu’un », les pubs disent a contrario « si vous ne pouvez vous payer ce produit de luxe, vous n’êtes personne ».
    Une boutique élitiste sera donc celle qui fera de la discrimination, en repoussant les clients dont l’apparence préjuge qu’ils ne dépenseront jamais superficiellement dans un parfum de 150€.

    Tant qu’on vous laisse essayer les parfums à votre guise sans vous pressez, je pense qu’il n’y a pas de raison de se plaindre, et que les parfumeries c’est génial car ce sont les seuls magasins où on peut tout goûter tout essayer… gratuitement, quoi qu’on en dise!

    On nous vend un produit de luxe

  8. 8 jeanne 8 juin 2008 à 1:18

    j’ai enfin été chez JAR, je peux enfin donner mon avis ! C’est de loin ma meilleure experience en parfumerie depuis longtemps. Vous entrez dans un petit salon, et tout d’un coup, un jeune homme apparaît, vous fait vous asseoir en face de lui, et vous tend des couvercles de bocaux en verre renferment des tissus imbibés de parfums que vous n’avez jamais sentis auparavant. Et là, le miracle se produit : le jeune homme ne vous dit rien, ne vous demande rien, il vous laisse sentir, et vous donne juste le nom du parfum en refermant le bocal.. Inutile de décrire en détail les parfums un par un, mes préférés furent également « Ferme tes Yeux » et le « sans nom » (qui doit être « bold of lightning » ?, le premier est un accord de bois et de miel, crémeux, terreux et animal, qui laisse sur la peau un odeur de bête sucrée et tenace. Tous ont une personnalité et une audace qui vaut largement les prix pratiqués compte tenu de la concentration et de la qualité évidente de la composition. ALors comme le dit Poivre Bleu, allez-y pour sentir, personne ne vous obligera à acheter, JAR est une des rares « galeries d’art de parfums » à entrée libre afin de découvrir le « caviar », pour changer du surimi…

  9. 9 poivrebleu 8 juin 2008 à 12:45

    Aaaah! Merci mille fois Jeanne pour votre description! Je suis contente que vous ayez pris du plaisir vous aussi à découvrir cette collection de parfums si particulière. Le second que vous avez aimé, avait-il un départ vert saisissant? Si tel est le cas, je pense que oui, il s’agit de Bolt of Lightning. J’ai cru comprendre qu’il y avait d’autres projets en cours, mais je ne sais pas quand ils vont sortir. J’ai hâte!

  10. 10 Six' 22 juin 2010 à 12:00

    …je suis OBSEDEE par Jarling. J’y suis retournée, je l’ai ré-ré-essayé et il m’a mis les larmes aux yeux. Maintenant que le caviar m’a explosé au nez, j’ai envie de flanquer tout surimi à la poubelle. Sais pas si je dois te remercier😉

  11. 11 poivrebleu 28 juin 2010 à 10:02

    Mais de rien ma belle!! Je suis très heureuse de t’avoir fait découvrir ce joyau! Je ne crois pas me tromper de terme d’ailleurs… Moi je suis toujours fan de Jardénia et son aspect totalement dérangeant et importable, c’est de la haute couture version parfum! J’espère qu’on se revoit bientôt!

  12. 12 matt 21 février 2011 à 7:02

    c’est avec tristesse que j’ai pu constater aujourd’hui que les prix avaient augmenté. je ne suis plus sûr du nom du parfum dont je suis tellement accro (avec la canelle en note de fond) mais il est passé à 300e au lieu des 280 annoncés il y a 6mois.
    Même choc olfactif, envie encore plus renforcée de m’acheter ce caviar… HELP!!!

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