Paris, 01h18…

La nuit est maintenant tombée sur les toits de la ville. Nez Bavard est de sortie sur son vélo. Lentement, par cette nuit douce et parfumée, il pédale à travers les rues et ruelles et sent avec bonheur l’air qui lui file sur le visage. Ce soir est le premier soir de l’année où l’odeur de Paris est perceptible. Nez Bavard l’avait attendue cette odeur, ce parfum unique de la ville chère à son coeur. Enfin, le voilà. Il aura fait assez chaud aujourd’hui pour que la belle veuille bien découvrir son cou, lâcher ses cheveux, et laisser s’échapper au gré des courants d’air, un peu de son parfum fait de ses toits, de ses rues, de ses pierres…

Car Madame est timide et pudique, en hiver, tout se passe dans son ventre, dans ses veines, la chaleur circule, transporte d’une artère à une autre, sa force et sa vitalité. Mais dehors, sur sa peau, rien ne transparaît, son parfum reste caché sous des écharpes brumeuses, sous des bonnets, il fait bien trop froid ! Pas moyen de déceler son odeur enchanteresse. Puis vient le printemps et avec lui, les premières journées de soleil, qui chauffe les toits, fait verdir les pelouses et fleurir les parcs. A la nuit tombée, c’est l’heure de guetter, lorsque la circulation se fait lente et que le calme est revenu : Paris s’assied et laisse passer entre ses doigts et glisser sur ses bras, le vent. L’air se charge des essences métalliques des toits en zincs, minérales des rues, des pierres des bâtiments et des pavés, organiques de la terre et du sable des parcs. Puis enfin, animales de tous les êtres vivants qui peuplent cette cité, aromatiques des plantes aux fenêtres des balcons et dans les jardins, humides et vertes de la Seine, gourmandes des restaurants et des cafés… Une multitude de petits points odorants viennent composer cet effluve unique et miraculeux.

C’est le meilleur antidépresseur qui soit. Irrémédiablement lorsque l’arôme est perçu (et reconnu), le sourire vient, les soucis s’envolent, et font place à une incroyable sensation de tranquillité. Ne plus penser à rien, juste sentir l’air vous remplir les poumons et le parfum apaiser votre esprit.

Nez Bavard a eu ce plaisir un soir de la semaine passée, à vélo, lorsqu’il rentrait chez lui. Il y a de nombreuses façons de percevoir l’odeur de Paris, Nez Bavard connait cette odeur depuis son plus jeune âge, et est convaincu que cette ville a une identité olfactive unique.

Je crois que l’odeur qui m’a le plus marquée, et celle que je reconnais le mieux dans le mélange d’arômes qui compose le tout, est l’odeur des toits en zinc. Celle que l’on sent quand la douceur de la nuit revient, et qui se révèle encore plus lorsqu’un orage d’été passe sur la ville.

Et vous, quelle est l’odeur que vous préférez dans votre ville ?

9 Responses to “Paris, 01h18…”


  1. 1 walden 27 avril 2008 à 3:07

    Merci pour de cette évocation de ce qui reste l’un des plus beaux parfums que Paris et les parisiens aient jamais produits !
    Personnellement, je crois que c’est à l' »heure bleue », quand la lumière , la chaleur et le bruit lui font moins concurrence, que je le préfère.

    Mon odeur préférée à Paris reste celle du bitume humide et tiède sous la pluie (bien que pour beaucoup cela évoque une odeur désagréable de « chien mouillé »). Un parfum qui s’en approche, par son effet « pierre humide », pourrait être l' »Eau de lierre » de Dyptique.

  2. 2 noisette 28 avril 2008 à 6:50

    Quant à moi qui suis bruxelloise, je reconnais Paris entre toutes à l’odeur de son métro. Foxy qui, lui, y a vécu ne l’apprécie pas particulièrement. Moi en revanche, j’en raffole. Je sais quand je la sens que je suis à Paris. Et j’insiste, pas l’odeur du RER (beurk), l’odeur du métro ! Bruxelles, je ne sais pas. Faut que j’y réfléchisse.

  3. 3 Nathalie 29 avril 2008 à 11:59

    Il me semble la sentir cette odeur de Paris,que vous décrivez si bien, pourtant je ne la connais pas vraiment. Je n’y suis allée qu’en hiver et une seule fois un printemps très maussade mais peut être ai-je rêvé…

    Ici dans mon village les odeurs sont nombreuses, elles se télescopent et ne sont pas toutes agréables, de loin pas. Pas loin il y a des chevaux et une scierie, beaucoup d’effluves nous parviennent de ces deux endroits. Les jardins sont évidemment une grande source d’odeurs; vertes, mouillées, terreuses et végétales. L’odeur que je préfère ici c’est celle qui me parvient des cheminées en hiver quand il a neigé, c’est une odeur merveilleuse et très rassurante pour moi.

  4. 4 Noisette 29 avril 2008 à 8:04

    Ah, oui, c’est vrai, ici mon odeur préférée est celle du chocolat quand on passe devant de bonnes chocolateries😉

  5. 5 marion 9 mai 2008 à 8:25

    Quand on commence à sentir la ville, c’est qu’elle se réveille et que l’été arrive!

  6. 6 cazaubon 14 mai 2008 à 10:57

    Merci infiniment de ce bel article sur les odeurs de Paris, la ville que j’aime le plus au monde. Pour moi aussi, les odeurs les plus marquantes sont le bitume apres une pluie et le metro… ah, Paris je t’aime.🙂

  7. 7 Romuald 15 mai 2008 à 2:46

    C’est le printemps !
    Et c’est certainement l’époque idéal pour découvrir des parfums absolument uniques tel que ceux de Lorenzo Villoresi.
    Jusqu’ici, impossible de les trouver à Paris. Mais surprise, hier,
    dans la petite rue de Valois, à côté du Palais Royal, j’ai découvert une minuscule boutique qui possédait ces chef d’œuvre.
    On se retrouve le nez dans les herbes et les épices. Que des matières premières naturelles et de grande qualité qui se sentent au premier « pshit ». Et pour poursuivre avec la Patchouli… Un patchouli unique et incroyablement brut, plus humide que jamais, une odeur de terre et de feuilles mortes qui par magie se transforme au bout d’une heure en un parfum végétal, presque sec avec un note de foin…
    On comprend pourquoi ce parfumeur à eu le prix Coty en 2006, en tout cas les amoureux des parfums savent dans quelle rue Parisienne se trouve le bonheur pour ce printemps.

  8. 8 missbebop 23 mai 2008 à 1:39

    J’adore l’odeur au printemps des fleurs, fleurs de pommiers, lilas!! Jolie billet, il y a tant de poésie dans les parfums!!

  9. 9 chakim 8 juin 2008 à 10:22

    comme c’est joliment décrit, cette ville ds laquelle je suis née et que je ne quitterais pour rien au monde est merveilleusement bien rendue !
    Les odeurs sont celles que je sens, que j’ai toujours senties et que j’espère je sentirais encore longtemps !
    Merci mille fois de cette très belle description !


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