IFRA 43 / Suite et Fin… ?

Ah voilà qu’elle en remet une couche !!

Oui, Nez Bavard en remet une couche, c’est vrai. Mais il me semble important de ne pas laisser ce sujet s’éteindre avec le temps, même si on en a déjà beaucoup débattu sur la blogosphère. Et puis j’ai promis à Thierry de répondre précisément à un commentaire qu’il avait laissé sur un précédent billet.

Depuis 2 mois, beaucoup de propos ont circulé et grâce à quelques blogs, notamment Grain de Musc qui se donne beaucoup de mal pour que l’information parvienne à tous, on en sait un peu plus sur les enjeux au coeur de cette industrie. Je vous encourage vivement à aller consulter la réponse qu’a donnée Stephen Weller (directeur de la communication de L’IFRA) à Denyse Beaulieu sur Grain de Musc ici et ici, mais aussi à lire la lettre adressée au magasine Perfumer and Flavorist. Pour finir : quelques éléments intéressants sur 1000 Fragrances ici et . Beaucoup d’entre vous auront peut-être déjà lu ces interventions, mais pour ceux qui nous rejoignent, il est important d’en prendre connaissance avant de se faire un avis.

jasmin blancJ’ai commencé par réagir de façon assez épidermique à la nouvelle, parce que j’avais peur pour la parfumerie et avec un sentiment d’injustice face à tout ce qui se tramait dans l’industrie. Quel poids les amateurs de parfums ont-ils ? Et doivent-ils se résoudre à n’en avoir aucun ? D’après les différents éclairages, il semblerait que la piste du complot des sociétés de matières premières soit à écarter du débat. Non, ce qui se démarque dans la lettre de Stephen Weller, c’est bien la pression politique des organes de régulation (Direction Générale « Santé et Protection des Consommateurs » et Comité Scientifique sur la Sécurité des Consommateurs), et la volonté de l’IFRA de trouver des solutions pour permettre aux matériaux de subsister dans la palette des parfumeurs (même si les quantités autorisées dans un produit fini s’en trouvent réduites). Certes, mais le problème reste entier. Le souci de préservation d’un patrimoine n’a pas germé une seule seconde dans la tête des décideurs et je suis persuadée que la pression des lobbys anti-parfums entre aussi en jeu. La psychose de l’environnement sécurisé, exempt de tout danger (et donc de tout risque de danger) continue de faire son chemin dans nos sociétés occidentales, presque à notre insu.

Aujourd’hui, je dirai que bien que je sois mieux informée, la situation me soulève encore le coeur, et je reste profondément déçue du manque de réactivité de l’industrie et des marques. Oui, la palette des parfumeurs s’enrichit avec la découverte de nouvelles molécules, mais non, je ne crois pas que faire disparaître la mousse de chêne et le jasmin de l’éventail de création soit une réussite pour la parfumerie moderne. J’aime les parfums, je suis portée par mon admiration et mon amour pour eux, comme d’autres sont portés par leurs convictions et leurs idéologies. Je n’ai pas envie de voir mourir à mes pieds des chefs d’oeuvre que l’on ne pourra pas recréer à l’avenir, même avec la meilleure volonté du monde. Je dis un grand OUI à la qualité, à la nouveauté, à l’envie des parfumeurs de continuer à créer. Mais je refuse de rester coite et d’approuver bêtement les choses parce qu’a priori je ne peux avoir aucune influence.

Nous ne sommes pas uniquement des êtres de chair et de sang, et les arts ont une importance capitale pour le bien-être de l’esprit et donc du corps. La beauté fait partie des choses dont nous ne pouvons nous passer, quelles que soient les formes qu’elle puisse prendre. Les parfums dégagent eux aussi leur beauté, je ne surprendrai personne en affirmant cela. Oui, mais à quel titre cette beauté est-elle reconnue ? Quelques événements prennent place dans le monde, comme les FiFi Awards aux Etats-Unis (prix décernés aux meilleures créations chaque année) ou le Prix Jasmin ici en France, mais leur portée reste limitée et il m’arrive de penser qu’il existe un décalage entre la réalité objective de la parfumerie aujourd’hui et ce qu’elle véhicule réellement. Même si je comprends qu’il faille subir les choses pour le moment, je ne désespère en aucun cas pas de voir les choses évoluer dans le bon sens pour la Parfumerie, c’est à dire de la voir clairement être reconnue comme un Art.

Je crois en effet qu’il faut rester positif, s’informer et continuer de faire la promotion d’une parfumerie de qualité avec les moyens qui sont à notre disposition. Je ne propose pas de solution miracle, et je ne peux pas à moi seule, renverser la vapeur. Mais c’est bien pour cela que je désire continuer à parler, à discuter et à susciter l’intêret et le questionnement. Toutes vos remarques et vos éclairages sur la situation seront les bienvenus.

24 Responses to “IFRA 43 / Suite et Fin… ?”


  1. 1 Méchant Loup 17 juin 2009 à 6:39

    Je me sens directement concerné alors j’ouvre le débat.

    Vaste débat en effet et louable démarche.
    Mais qui jugera de la qualité de ce qui est beau ou non, de ce qui est artistique ou pas et surtout, à qui ça doit parler ?

    Qui et comment ? Quand les personnes « normales » je veux dire par là des amateurs de parfum qui aiment se parfumer mais ne sont pas des passionnés « jugent », comment font ils ? Devront ils tous être des esthètes en puissance ?

    Tout le monde veut il et peut il avoir du Rembrant ou du Kandinski chez soi ?

    Cela voudrait il dire que la démarche et le processus de création et de composition est plus artistique si l’on créer un dans tes bras en taillant dans un bloc de cashmeran alors qu’on en a les moyens et le temps que de faire une petite robe noire autour d’un accord patissier fin et bien construit ?

    A la condition que les deux soient acceptées comme des oeuvres, la parfumerie serait elle un art ? Cela veut dire aussi que l’Eau Indigo est dans le lot, non ?

    Qui a eu raison ente M7 et l’Homme chez YSL ? Qu’y pouvons nous si ça se vend ?

    Alors, oui, j’aimerai bien que rien ne change, que rien ne bouge et que la mousse de chêne, la jasmin et même peut être la vanilline restent, c’est clair. J’aimerai aussi que tout le monde soit à même de comprendre le parfum comme nous, mais ce n’est pas le cas et je n’y peux pas changer grand chose si ce n’est en parler avec mon regard et que les gens se l’approprie comme ils le souhaitent.

    Je ne dis pas qu’il ne faut rien faire, mais je dis que notre démarche est d’être optimiste. Cela ne vaut pas dire qu’il ne faut rien faire, et Denyse s’y emploie avec passion. J’accepte juste mieux que certains sans doute, que le monde bouge et que l’ordre soit bousculé, avec mes moyens et mon poids à moi.

    Accessoirement, avant d’être mêler à un débat ou je suis nommé directement, j’aimerai bien être averti, car il faut être disponible.
    Quand je dis que je regrette la tournure que prend le blog de poivrebleu, oui, je suis sincère, je le regrette vraiment.
    Vous m’avez longtemps fait rêver, maintenant, je me sens obligé et je n’aime pas spécialement.

  2. 2 Muguette 17 juin 2009 à 7:18

    Je ne suis pas d’accord du tout avec Méchant Loup, je trouve que cet article est très juste, je ressens les choses exactement comme ça. Je pense qu’on peut rester positif, aller de l’avant, accepter que les choses changent tout en ayant envie de défendre les belles choses faisant partie de notre patrimoine. Quel genre de nez n’a pas envie de pouvoir utiliser de le merveilleux Jasmin de Grasse s’il en a envie??? Méchant Loup, si à l’avenir vous étiez le créateur d’un chef-d-‘oeuvre tel Mitsouko (je vous le souhaite), aimeriez-vous qu’il soit reformulé et que votre original disparaisse? Surtout que RIEN de justifie la disparition de ces matières premières, encore une fois il ne s’agit que d’allergie chez un pourcentage infime de la population, il aurait suffit de mettre en place un étiquettage. Je n’ai jamais cru à la théorie du complot, la réalité est bien plus triste: celle d’une industrie du parfum indifférente à cet Art, tant qu’il y a du profit, ils n’ont même pas levé le petit doigt pour se défendre. A la limite j’accepterais la disparition des originaux si au moins leurs formules étaient préservées.
    Après, la question du genre de personne qui fait vendre, je pense surtout que c’est comme pour tout: littérature, musique, cuisine, c’est surtout une question d’éducation. C’est évident que la majorité des gens n’y connaît rien aux parfums, mais je peux dire que quand on prend le temps d’écouter les gens, on peut les aider à trouver des parfums de qualité à leur goût. La preuve, ma meilleure amie qui a troqué un jus de fruits frais insipide et sans tenue contre Cristalle, que je l’ai convaincue de tester sur peau et d’en attendre une petite demi-heure l’évolution. Et j’ai plein d’autres exemples similaires. Ce qu’il faudrait, ce sont des finalement des vendeuses qualifiées et vraiment à l’écoute chez les nociforarionnaud!
    Je suis ravie que PoivreBleu reprenne la plume, j’ai très envie de plein de nouvelles critiques, c’est vrai, aussi sur des nouveautés que vous avez appréciées! N’avez-vous pas aimé les dernières eaux d’Ellena pour Hermès?

  3. 3 Méchant Loup 17 juin 2009 à 8:00

    Moi aussi j’ai envie que Poivre bleu retrouve sa plume, celle d’avant, positive, enjouée et axée parfums.
    Pas le ton polémique des derniers articles et encore moins le fait de me citer nommément. En effet, pourquoi relancer un débat qui visiblement reste stérile sur les blogs (hormis grain de musc, qui elle agit parce qu’elle en a l’envie, l’ambition et le temps)?
    C’est cela qui me gène et ce d’autant plus que j’y suis mêlé parce que j’ai eu le malheur de déplorer cette tournure. Grand dieux, supprimez les commentaires, j’accepte que l’on touche mon point de vue, mais y être mêlé à ce point sans le vouloir vraiment est très gênant. Ma place et mon « vrai » combat n’est pas là, ma vision non plus. Mon rôle se limite à en parler et à en créer de temps en temps, avec les moyens dont je dispose et pour les gens qui ont envie de les connaitre. C’est tout et croyez moi, c’est un combat qui occupe ! En parfums, les contrefaçons et le commerce qui en est fait autour sont des sujets plus graves à mon sens. Attention je ne prends cet exemple que pour illustrer ce qui m’importerait, merci de ne pas attiser ce débat. Merci ! Se plier à une norme à laquelle on choisi de se contraindre en connaissance de cause d’après ce que j’ai compris, pour toucher des marchés et avec des moyens contre lequel je me sens bien petit (déjà que je suis pas très grand !) est donc un débat qui pour moi est stérile de fait.

  4. 4 Méchant Loup 17 juin 2009 à 10:55

    J’ai comme l’impression que nous nous sommes mal compris ? Non ? Désolé si je me suis un peu emporté. Chacun s’exprime et après tout, un blog est fait pour ça ! A bientôt et sans rancune de ma part.

  5. 5 Muguette 17 juin 2009 à 11:51

    Bon moi je pense également que ce qui ne sert à rien, c’est une explosion polémique qui ne débouche sur rien de concret, la montagne qui accouche de la souris. A quoi ça sert d’avoir râlé pendant moins d’un mois et puis plus rien? Non, ce n’était pas juste un coup de sang pour le plaisir de se révolter, c’est un sujet qui touche beaucoup de monde, et peut-être que si nous avions su que qui se tramait nous aurions été plus réactifs que les industriels et que ça aurait changé quelque chose en faisant contre-poids aux lobby anti-parfum, après-tout les français ont obtenu qu’on ne puisse pas commercialiser du vin rosé résultant de mélange de vin rouge et blanc, il me semble que le chocolat est protégé aussi (ils voulaient commercialiser sous le nom de chocolat de la graisse végétale), les exemples ne manquent pas, il suffit de savoir se faire entendre. Il est sûrement trop tard, peut-être est-il impossible légalement de faire marche-arrière sur ces lois (est-ce impossible???), mais si c’est possible, alors que ceux qui se sentent concernés signent une pétition, qu’on sensibilise les médias, aussi, faisons ce qui est dans nos moyens. Et continuons à en parler, ne serait-ce que pour informer les gens. Moi j’ai déjà prévenu une amie qui a fait un petit stock d’extrait de Chanel N5. Et encore une fois, cela n’enlève rien à la qualité de certains parfums créés aujourd’hui, ne mélangeons pas tout! Mais le Jasmin de Grasse, quand-même!!! Zut!
    Muguette

  6. 6 tambourine 18 juin 2009 à 10:19

    mais méchant loup, je crois que poivre bleu n’a aps vu le mal à vous citer, elle avait d’ailleurs dit dans les commentaires relatifs au précédent post sur l’ifra qu’elle répondrait à vos propos qu’elle trouvait justement pertinents, je ne crois qu’il y aucun mal à y voir, enfin je m’avance peut-être.

    C’est sûr qu’on ne peut passer son temps à se plaindre que c’était mieux avant et que ça peut paraître stérile plutôt que de chercher des solutions compatibles avec les données d’aujourd’hui.

    Il n’en reste pas moins que ce qui se passe aujourd’hui est scandaleux pour qui aime les parfums, et surtout ce qui est dingue, c’est que peu de personnes prennent la peine de communiquer dessus excepté j’ai l’impression, Mme delacourte et monsieur lutens; donc d’une part on floue les gens et d’autre part, la fait de communiquer sur le sujet a son importance dans le sens où ça permet d’alerter els gens sur el fait de stocker leurs parfums s’ils le peuvent dès aujourd’hui. C’est sûr que l’idéal serait de se bouger tous comme le fait grain de musc, (et merci à elle d’ailleurs) mais ce n’est pas toujours possible, en attendant expliquer ce qui se passe permet au moins d’informer les gens, ce qui ne me paraît pas inutile!

  7. 7 tambourine 18 juin 2009 à 10:23

    (quand je disais que peu de personnes prennent la peine de communiquer sur le sujet, je faisais référence au style des réaction du service client qui continue à faire de la langue de bois hallucinante sur les reformulations, et ça je trouve ça particulièrement incorrect pour les consommateurs, surtout quand c’est aussi flagrant en l’espèce. )

  8. 8 tambourine 18 juin 2009 à 10:23

    le service client de Caron, mince, je vais y arriver! désoéle

  9. 9 Tom 18 juin 2009 à 11:07

    Merci PoivreBleu pour votre implication et votre souci d’informer. Ce buzz est utile.
    Ne perdons pas de vue les objectifs : sauvegarder, s’il est possible, la beauté des parfums et le champ d’investigation des créations olfactives, hors d’une normalisation et d’une uniformisation dangereuses ; préserver les formules d’origine et la capacité des parfumeurs à les offrir à leur clientèle, peut-être même en éditions limitées ; faire admettre et reconnaître que la parfumerie est « aussi » un art.

  10. 10 Méchant Loup 18 juin 2009 à 11:07

    Merci Tambourine, nous avons discuté avec poivre bleu et il s’agit bien d’une erreur d’apréciation de ma part. Il n’y a donc aucun mal. Informer est une bonne démarche, polémiquer, je ne veux pas.

  11. 11 poivrebleu 18 juin 2009 à 6:41

    Méchant Loup,
    Le débat sur la possible reconnaissance de la Parfumerie comme un art sera long et aride je n’en doute pas. Mais pour répondre en partie aux questionnements que vous soulevez, je me suis permis de faire quelques constats simples.
    Tout d’abord définir le cadre. Pour ma part la limite se situe entre parfumerie fine et parfumerie fonctionnelle, comme pour la peinture il y a la peinture comme discipline artistique et la peinture en bâtiment par exemple. Même si dans la pratique les limites sont floues, je pense qu’une ligne de démarcation peut être tracée. Cela veut dire que tout ce qui se présente comme parfumerie de « luxe » peut potentiellement être considéré comme de l’art, et de fait, oui, L’Eau Indigo par Kenzo en fait partie. La Petite Robe Noire aussi au même titre que Bolt of Lightning de JAR ou encore Alien de Thierry Mugler.

    Deuxième chose, il me semble que les Arts se sont toujours adressés à tout le monde. Finalement chacun peut émettre un avis ou un jugement en écoutant Tchaïkovsky parce que nous sommes tous capable de ressentir, d’être émus, touchés ou au contraire de rester totalement indifférents. D’un autre côté, dans toute les disciplines, des érudits sortent du lot, on reconnait des experts, on leur donne du crédit et on respecte leurs avis comme étant ceux de connaisseurs (Je pourrais parler de Luca Turin pour ne prendre que cet exemple). On pose donc bien ici la question de la critique, qui est finalement indiscociable d’une conception artistique du parfum. Or en parfumerie jusqu’à il y a peu de temps, personne ne prennait la peine de donner son avis. Même si les voix qui se font aujourd’hui entendre sur internet n’ont pas toutes vocation à devenir des experts, elles sont la preuve que ce milieu demande à évoluer. Jugeront donc ceux qui auront l’envie de juger et qui seront reconnus capables de le faire et respectés par une communauté (les amateurs, les passionnés, les professionnels…), ainsi qu’on peut le voir dans les autres disciplines.

    Le gros bloquage vient, il me semble, du fait que la parfumerie est depuis trop longtemps considérée simplement comme une industrie qui a pris le tournant ultra-commercial qu’on lui connaît aujourd’hui. Ceci couplé avec le fait qu’aucune forme de critique reconnue et acceptée par les industriels n’existe encore (corrigez-moi si j’ai tort). Pourtant, le parfum a, comme les autres oeuvres de l’esprit, un pouvoir symbolique puissant. C’est une image de la beauté et il ne fait nul doute qu’il dépasse une conception purement chimique comme un tableau n’est pas un simple assemblage de couleurs. Dire que l’on ne peut pas faire évoluer la Parfumerie vers l’art parce qu’elle est trop commerciale et trop ancrée dans des pratiques mercantiles est un faux prétexte. Le cinéma est un art reconnu et pourtant quoi de plus commercial qu’un Spiderman ou un Rocky 53… ?

    Pourquoi cette évolution ne serait-elle pas possible ? Ce changement fait-il peur ? Lui donner ce statut ne serait pourtant que justice et que juste reconnaissance de cet art qui existe de fait depuis de longues années. C’est le décalage dont je parle dans le billet. Le parfum véhicule tout ce qui est propre à une oeuvre d’art : des matières, une forme, un ordonnancement de ces matières en interactions qui s’assemblent selon une volonté humaine et sensible… Il y a la beauté, la vision, la symbolique, le ressenti, la volonté esthétique du créateur. Et pourtant, on ne cesse de la percevoir (par volonté ou par ignorance je ne sais pas) comme une activité moins élevée tributaire des enjeux financiers et politiques de notre monde moderne.

    On touche maintenant du doigt le véritable noeud du problème qui se pose et ma profonde conviction concernant ce sujet. Si il y a art, il y a beauté, il y a intérêt pour la communauté à sa conservation et à sa promotion. Il y a donc patrimoine, et qui dit patrimoine dit préservation, entretien et renouvellement de ce patrimoine… C’est en cela que je trouve que ce changement pourrait être positif, parce que les industriels seraient tenus de communiquer bien plus largement qu’ils ne le font actuellement, et surtout le parfum ne serait plus uniquement un produit de consommation, nous ne serions plus seulement des consommateurs à protéger (de l’allergie…). On ne pourrait donc pas modifier à l’envi des formules reconnues comme des chefs d’oeuvre, et il pourrait au moins y avoir réflexion sur les dangers réels et sérieux que ferait courir à la communauté une non-reformulation de certains parfums. Sans parler aussi des problèmes de propriété intellectuelle, de plagiat et autres…

    Il y aurait encore des quantités astronomiques d’encre à faire couler sur ce sujet, j’espère cependant avoir jeté les bases d’une réflexion qui m’intéresse. Je ne suis pas étrangère aux difficultés et aux problèmes soulevés par cette question. Je ne m’attends pas non plus à ce que ce projet soit accueilli à bras ouverts par la communauté et les professionnels. Mais il faut bien commencer quelque part non?

  12. 12 poivrebleu 18 juin 2009 à 7:14

    Muguette, merci de nous faire partager votre sentiment. Il est vrai que souvent, l’éducation des gens en matière d’olfaction laisse à désirer. Mais il me semble que c’est aussi le cas dans de nombreux autres domaines eux aussi artistiques. Et vous avez raison de dire que l’on peut faire évoluer la situation, et faire découvrir aux autres de belles choses. J’y crois fermement et c’est en travaillant dans ce sens que les changements prennent place. J’ai moi-même réussi à convaincre mon ami de troquer son Scorpio contre un Roadster de Cartier… Autant vous dire qu’il y a gagné au change et moi aussi…

    Concernant les dernières eaux de Jean Claude Ellena chez Hermès, j’ai effectivement été bluffée par l’Eau de Pamplemousse Rose et ai redécouvert avec plaisir l’Eau d’Orange Verte (même si elle n’est pas de lui). Je reprendrai bientôt la plume pour des critiques un peu plus positives, c’est promis. J’avais besoin ces derniers temps de prendre du recul par rapport à la critique de parfum. La plume aussi se construit sur le temps!

    Je ne sais pas s’il est impossible de renverser la vapeur, mais pour le moment, je n’y crois pas. En revanche, je veux croire à un retour aux formules dans un avenir plus lointain, pourquoi pas.

  13. 13 poivrebleu 18 juin 2009 à 7:27

    Tambourine,
    Merci encore pour votre soutien et vos remarques pertinentes. C’est vrai que très peu de professionnels acceptent de communiquer sans langue de bois et je pense que nous devons remercier chaudement Sylvaine Delacourte et Serge Lutens pour avoir fait ce choix.
    Dans toute cette affaire, je pense que je n’ai pas vraiment voulu relancer le débat ou attiser une polémique qui avait déjà fait rage. J’avais vraiment envie d’asseoir ma position, et de poursuivre sur autre chose, de lancer une réflexion et proposer des solutions avec les moyens qui sont les miens pour le moment. Cela aura peut-être été pris comme la goutte de trop, car je n’apporte pas vraiment d’éclairage neuf il est vrai.
    Je ne regrette pas pourtant d’avoir posé les idées et les mots dans ce billet, parce que je pense que c’est en parlant tôt que le chemin peut se faire dans la tête des gens.

  14. 14 carmencanada 18 juin 2009 à 9:07

    Puisque je suis moi aussi largement citée… Je ne crois pas être la seule à me remuer — il y a aussi Octavian Coifan de 1000fragrances qui écrit énormément sur le sujet; Luca Turin; Chandler Burr; Helg de Perfume Shrine… et bien d’autres blogs de langue anglaise.

    Je ne crois pas non plus qu’il s’agisse à strictement parler d’une polémique, puisque tous les amoureux du parfum sont d’accord, je crois, pour déplorer les reformulations en douce et le peu d’ardeur que l’industrie a mis à défendre un patrimoine qu’elle ne considère pas, en tant qu’industrie, comme un patrimoine. Je ne parle pas des personnes impliquées au niveau artistique, bien entendu.
    Certains font leur deuil plus aisément, je crois que c’est la seule chose qui nous distingue et là, c’est une question individuelle.

    J’ai en effet fait de nombreux efforts pour éclairer l’état de fait qui nous occupe. J’ai poursuivi mon enquête mais le manque de temps m’a empêché de rédiger d’autres posts.
    Je précise cependant, à charge de reprendre tout cela plus posément lorsque j’en aurai l’occasion, que dans cette histoire, tout le monde est un peu « coupable »:

    Les dermatologues qui ont tiré la sonnette d’alarme pour avoir plus de fonds de recherche.

    Les fabricants de parfum qui n’ont pas jugé bon de commander leurs propres tests pour faire évaluer l’innocuité PRÉCISE d’un composant PRÉCIS et celle d’un mélange parfumé PRÉCIS, plutôt que d’accepter les résultats de chercheurs sur des matériaux de provenance non identifiée — du moins pour les matières ou parfums qu’ils jugeaient essentiel de défendre.

    Les marques qui ne l’ont pas fait non plus.

    L’IFRA qui accepte sans murmurer ces résultats et établit des normes qui vont souvent au-delà même des seuils déterminés par les tests.

    Les parfumeurs qui ne se sont pas mobilisés (certes, ils sont salariés des labos, donc peu libres, mais ils ont des organisations professionnelles).

    Les politiciens peu renseignés qui se plient à l’idéologie du tout-sécurité.

    Je reviendrai sur tout cela lorsque j’en aurai le courage. Merci à Poivre Bleu d’avoir relancé le sujet.

    P.S. Pour ce qui est du jasmin : on en emploie de si petites quantités, mis à part dans Joy et N°5 en extrait et sans doute quelques parfums de luxe, que sa restriction d’emploi, toute scandaleuse qu’elle soit, ne changera pas grand chose.

  15. 15 Muguette 18 juin 2009 à 9:47

    Mais enfin, question essentielle: il est bien-sûr trop tard, il fallait réagir à la racine, mais serait-il possible, s’il y avait une mobilisation de défenseurs de la parfumerie (industriels, parfumeurs, consommateurs, etc…), d’obtenir une marche arrière sur cette loi ou bien est-ce légalement impossible?

  16. 16 poivrebleu 18 juin 2009 à 9:58

    Merci beaucoup à vous Denyse de prendre part à la discussion. Les points que vous évoquez en effet sont très intéressants. La responsabilité se répartit sur plusieurs entités, il est en effet peu constructif de faire porter le chapeau uniquement à l’IFRA parce que c’est elle qui est la plus visible. On se trouve donc bien dans une situation de grand immobilisme de la part des professionnels. Je ne sais pas trop quoi penser des scientifiques… je serai tentée de dire que leur point de vue est très clinique, mais qui sait si eux non plus ne trouvent pas un intérêt dans un durcissement de la règlementation.
    Si nombreux sont les coupables, nombreux sont aussi les malheureux qui subissent les conséquences de ces décisions.
    Je me pose aussi la question de la survie de la culture du jasmin à Grasse, a-t-elle encore un intérêt?

  17. 17 carmencanada 19 juin 2009 à 7:36

    Muguette, encore une fois, l’IFRA ne fait pas la loi: c’est un organisme d’auto-réglementation de l’industrie du parfum. Les membres adhérant à cet organisme s’engagent à respecter ses normes.
    Les normes en questions peuvent être, éventuellement, intégrées à la directive européenne sur les cosmétiques, mais ce n’est pas automatique: seule cette directive a force de loi.

    Et cette mobilisation n’aura pas lieu puisque:
    1) c’est l’industrie elle-même qui a mis en place ces normes sous diverses pressions.
    2) le public n’est ni suffisamment informé (secret sur les formulations), ni suffisamment concerné pour réagir.
    3) Ce ne sont pas les associations de défense des consommateurs qui réagiront contre la « fraude » des reformulations puisqu’elles sont le fer de la lance du « zéro risque ».

  18. 18 tambourine 19 juin 2009 à 9:20

    et ça va paraître idiot ce que je dis mais en toucher un mot à que choisir ou 60 millions de consommateurs, dans le sens où la eprsonne qui achète, au même prix un parfum mal reformulé, est flouée?
    parfois ce type d ‘association de consommateurs peuvent se révèler assez efficaces…

    à part ça je me pose une question, des parfums relativement récents, sortis il y a maximum une dizaine d’années, voire moins ( 3, 4 ans) risquent-ils d’être reformulés?

  19. 19 poivrebleu 19 juin 2009 à 10:26

    Muguette,
    Je crois que Carmencanada a répondu à votre question. Les normes de l’IFRA sont de fait acceptées par les industriels puisqu’elle fait partie du processus de « veille » sur les matières première et représente donc en quelque sorte l’organe qui assure la sécurité des consommateurs dans l’UE (concernant les parfums). Plus qu’au niveau de l’IFRA, il faudrait donc agir auprès des industriels et des marques qui, au lieu d’accepter sans piper mot les normes de celle-ci, pourraient demander des études plus précises et plus poussées comme l’a suggéré Carmencanada dans son premier commentaire. Mais ce type de recherche demande du temps et de l’argent, et visiblement, les industriels ne sont pas prêts à s’investir sur ce point pour défendre leurs produits (patrimoine…). Il faudrait aussi agir auprès du grand public, c’est, il me semble, ce que nous nous efforçons de faire toutes et tous sur nos blogs respectifs. L’action pourrait être plus large, mais il faudrait pour cela se regrouper et agir sous couvert d’une entité ou d’une association…

  20. 20 poivrebleu 19 juin 2009 à 10:50

    Tambourine,
    Vous avez raison, il serait peut-être possible de creuser en ce sens. Cependant, comme l’a évoqué Carmencanada, il serait sans nul doute impossible d’agir au niveau des nouvelles normes sur la restriction des matières premières, puisque ces associations prônent aussi la sécurité maximale du consommateur. En revanche, il serait peut-être possible de faire valoir, comme vous le dîtes, que les consommateurs sont lourdement dupés en achetant au même prix et sous le même nom un produit qui est différent de ce qu’ils ont acheté il y a 1 an par exemple.
    Je ferai un parallèle peu glorieux, mais en agro-alimentaire, lorsqu’une recette change, cela est bien souvent précisé sur l’emballage. Alors, certes, pour eux, c’est souvent synonyme d’augmentation des ventes, mais je crois qu’ils sont légalement tenus de le faire en plus. Il serait bien surprenant que cela soit différent pour les parfums (ce problème a d’ailleurs été soulevé sur Grain de Musc dans la lettre adressée à Perfumer & Flavorist, voir le lien dans le billet). En tout cas, c’est un sujet à approfondir.

    Sur votre 2e question, je pense que oui, même les parfums récents (10 ans) risquent d’être touchés. Quand les premières rumeurs étaient apparues il y a quelque temps sur la mousse de chêne, j’avais immédiatement pensé à Soir de Lune de Sisley que je trouvais absolument génial (un chypre classique et très puissant) avant même de penser à Mitsouko, mais surtout parce que celui-ci ne date que de 2006 ! Je ne connais pas du tout sa formule donc je ne peux pas vraiment dire, peut-être contenait-il déjà une mousse de chêne « aux normes », mais je ne serais pas étonnée que la marque soit obligée de le reformuler. Pour savoir exactement, il faudrait connaître les formules et les comparer aux restrictions annoncées, ce qui me semble trèèèès long à faire.

  21. 21 poivrebleu 19 juin 2009 à 11:10

    Tom, vous avez raison, je crois bien que c’est l’uniformisation et la recherche du « lisse » qui nous font le plus de mal ces derniers temps. Sécurité maximum, ne jamais avoir peur de rien… Parfois je me demande à quoi bon sortir de chez moi puisque je risque de me faire écraser dans la rue par un chauffard en moins de 5 minutes… Il faut se battre en effet pour que subsiste la couleur, le décalé et les parfums que l’on aime. Je ne sais pas si la solution des éditions limitées serait possible. Où les vendre? Cela serait-il légal, et si le grand public s’aperçoit qu’il y a une version pour amateurs de parfums et une version grand public, j’ai bien peur que cela crée un raz de marée. Encore une fois, je me répète, mais je pense que la solution tend vers l’art comme vous le dîtes aussi.

  22. 22 carmencanada 19 juin 2009 à 5:00

    Et surtout impossible, puisqu’à moins de faire une analyse à la chromatographie gazeuse on en est réduit à y aller au pif, sans savoir si la dose d’un matériau est au-dessus ou en-dessous de la nouvelle norme.

    Encore une fois, je doute que les associations de consommateurs soient mobilisables — en Allemagne, elles sont le fer de lance des restrictions sur les produits parfumés. Mais bon, on est en France…

  23. 23 Zoe 6 juillet 2009 à 1:15

    Bonjour cher tous,

    Juste une maigre pensee:
    Et si les « grands mechants » n’etaient pas ceux que vous croyiez:
    Appliquer quelque chose sur sa peau ou avec nos poumons, c’est s’exposer à un risque. Ce risque n’a PAS toujours ete scientifiquement evalue pour les pafums et ne l’est toujours PAS. Aussi, rien ne sert de tirer sur le regulateur à bout portant, le grand mechant ne serait-il plutôt pas les industries des pafums et ses fournisseurs qui veulent à tout prix massifier l’offre (à tout prix)? Ne peut on pas penser que l’intrusion dans la blogosphere du Dir de l’IFA n’est pas plutot une façon d’induire de façon intelligente et perverse une pensee boule de neige toute faite aupres des bloggeurs: le mechant c’est le regulator, regulateur, regulatueur : « Direction Generale “Sante et Protection des Consommateurs” et Comite Scientifique sur la Securite des Consommateurs »… Ite Missa est. Mais de qui se moque-t-on? L’IFA n’a jamais eu je vous cite encore ‘la volonte’ de ‘trouver des solutions pour permettre aux materiaux de subsister dans la palette des pafumeurs’. L’industrie des molecules et matieres premieres des pafums qu’elle reperente cherche juste à se proteger, car la gestion du risque pour les contacts avec la peau et les poumons n’est pas au point. Nombre de molecules et de matieres premieres sont cancerigene meme a des dosages minimes et surtout par le faite de leurs applications repetees (Cancer des poumons, ovaires, uterus, sein, foie) – mais aussi mutagenes et/ou toxiques pour la reproduction…
    Alors STOP à l’intox des groupes de pressions que sont les associations des Industries, dont les membres ne cherchent qu’une chose: modeler la pensée qu’est la cible de la blogosphere. C’est cette cible (vous memes mesdames et messieurs) qui vont ensuite faire parler leurs blogs et representer des groupes de pression des consommateurs passionnes (pseudo ‘independants’ -en restant exterieure à l’industrie) apres du regulateur. C’est malin. Et c’est pour demain. Et c’est vous tous que je viens de lire. Cette industrie est motivee par une chose: faire du chiffre d’affaire avec leur clients (jusqu’ici rien d’anormale) qui sont les marques de pafums et de cosmetiques mais AUSSI la pafumerie fonctionnelle, bougie, sprays, voiture etc… Elle est loin de notre passion pour l’art de la pafumeries

    Et vive la pafumerie artisanal, qui vend pour un public plus restreint, tout en suivant les regles des regulateurs😉 et de l’IFA.

    Merci!

  24. 24 poivrebleu 8 juillet 2009 à 9:23

    Bonjour Zoe,
    Merci tout d’abord de votre participation au débat. J’ai eu du mal à bien vous comprendre, je me permets de reprendre quelques points. Corrigez-moi si j’ai tort. Tout d’abord, même si je n’ai pas toutes les clés en main pour répondre à la question que vous posez, le rôle qu’a joué la communauté européenne dans cette histoire de régulation est à mon sens évidente. De plus, même si on a pu en douter et qu’on en doute encore, je ne pense pas que les fabricants de matières premières accueillent d’un très bon oeil le fait de voir leur palette diminuer (que les matières soient naturelles ou synthétiques). Ils cherchent sûrement à se protéger comme vous le dites, parce que la psychose du « risque zéro » triomphe un peu partout et laissent pour cela l’IFRA faire son travail (bien que visiblement les tests ne soient pas menés avec la rigueur nécessaire et les restrictions qui en découlent, elles-même peu cohérentes avec les résultats).
    Il me faut vous rappeler que l’intervention de Stephen Weller, directeur de la communication de l’IFRA, fait suite à une lettre que lui avait envoyée Denyse Beaulieu du blog Grain de Musc, à laquelle il a accepté de répondre et qui nous a tous intéressés. Il n’y a donc eu aucun calcul de sa part je pense, à part peut-être celui de sortir du mutisme, ce qui, dans cette industrie, ne fait pas de mal.
    Je ne suis pas partisane de l’idée du complot, et je vois mal comment la pensée de la blogosphère pourrait être, d’une façon ou d’une autre, modelée. Le fait est qu’en parfumerie, nous en sommes déjà depuis bien longtemps à une offre de masse qui a d’ailleurs de plus en plus le don d’énerver le consommateur. Le retour et l’essor des petites marques en est la preuve.
    Pour les amateurs de parfums, le problème reste le même, que le méchant soit le régulateur, l’industrie, l’IFRA, que sais-je encore… Chacun est fautif dans cette affaire. Mais nous ne souhaitons pas voir des « indispensables » disparaître de nos parfums, tout ça pour des risques allergènes


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