Archive for the 'Boisé' Category



Mercredi… c’est patchouli!

« Comment? Vous ici? Encore! Mais enfin Patchouli, quand allez-vous nous laisser un peu de répit? « 

Au menu de ce mercredi 16 avril : On prend les mêmes et on recommence. Ou presque. En entrée, Nez Bavard vous propose du fenouil, accompagné de Patchouli bien sûr et de muscs blancs. Le plat du jour se compose d’osmanthus, d’iris, de patchouli encore et de muscs. Enfin en dessert : vétiver, santal, patchouli toujours et muscs aussi. Le restaurant s’appelle Patchouli Patch et le chef n’est autre que l’Artisan Parfumeur… Nous célèbrerons ici l’époque glorieuse de l’Artisan Parfumeur, qui en 2002 nous avait offert avec ce parfum un vrai beau patchouli dense et moderne. Vous vous souvenez peut-être de Voleur de Roses de la même maison, un autre patchouli absolument magnifique datant de 1993 mais complètement différent qui me fait mourir de plaisir chaque fois que je le sens. Mais revenons à nos moutons. Patchouli Patch est, comme je le disais, un soliflore réussi sur ce thème mais plus original qu’il n’y paraît.

Cette fois-ci encore, on a bien le côté humide, mais sous un aspect un peu plus surprenant que d’habitude. Habituée à une senteur « tapis de feuilles mortes », j’ai ici l’impression de sentir l’odeur de l’argile qui se mouille quand la pluie commence à tomber, du chemin blanc surchauffé qui exhale aux premières gouttes d’eau une odeur magnifique de poussière humide… La feuille est dans un élément et une interprétation peu courants, mais on reconnait très bien la note et on la distingue du reste, ce qui n’était pas le cas avec l’essai d’hier. J’admire beaucoup ici le travail de qualité sur la matière, à la fois audacieux et juste. On retrouve une petite histoire de la parfumerie patchoulitée dans cet opus : une identité hippie en sourdine avec un aspect encens – fumée dense ; un stade gourmand avec un accord rond et une petite touche chocolat noir ; et enfin une image moderne du patchouli qui se fait poussiéreux (presque poudré), grisonnant, s’alliant avec une sensation plus aérienne et transparente (les muscs sûrement).

Tout le long de l’évolution, on a un patchouli qui s’affirme et qui se maintient à un haut niveau (la bonne qualité de la matière ne fait nul doute). Un petit bémol cependant, le stade humide si particulier ici, est un peu court, et dérive vite sur un rendu plus chaud et plus sec. Mais le plaisir reste grand tout de même. Ce parfum surprend agréablement celui qui le porte, même pour ceux qui sont des familiers de la note. Ici encore, on peut sentir combien notre ami Patchouli parle avec des accents de toutes sortes, si bien que parfois il est difficile de le comprendre. Mais on ne lui dira rien parce qu’on l’aime beaucoup…

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Mardi, c’est patchouli

Hier, vous vous êtes peut-être demandé ce que Nez Bavard voulait insinuer en disant que les parfums au patchouli se concevaient comme des fragrances vulgaires. Et bien il voulait insinuer que parfois notre ami Patchouli traîne avec de vils personnages peu recommandables… Des gens comme Calvin Klein et ses acolytes : la vanille, l’ambre, le musc (des quartiers mal famés bien sûr), qui nous font des Euphoria à vous assassiner l’appétit le plus coriace qui soit.

Enfin, bon, pourquoi je dis tous ça, et bien parce qu’aujourd’hui nous allons parler d’une référence, d’un monstre, d’un mythe, d’une légende patchouli (oui, oui, j’en rajoute), je veux bien sûr parler du Patchouli de Réminiscence. Le rapport avec l’introduction? J’y viens…

Ne nous méprenons pas, ce parfum occupe une place importante dans la liste des fragrances patchoulitées, cependant, autour de lui, une époque mais surtout un univers olfactif se sont cristallisés. Créé en 1970 par Francis Camail, le Patchouli de Réminiscence est rapidement devenu une référence en réponse à l’engouement et à la fascination populaire pour les senteurs venues d’Extrême-Orient à cette époque. Mais le patchouli en a fait les frais, à tel point que pendant un moment, le terme désignait à lui seul un parfum bon marché de mauvaise qualité, souvent synonyme de vulgarité. Pour ne rien rajouter au folklore déjà véhiculé par ce parfum, la maison le qualifie aujourd’hui de « L’âme de Réminiscence ». Et malheureusement, le folklore est fidèlement perpétué par l’odeur.

Non pas que la fragrance soit désagréable, mais elle a tous les atouts d’un parfum vendu sur le marché : le rendu sur la peau est bas de gamme et les matières utilisées n’ont pas grand chose de convaincant pour redresser la barre. Le départ est puissant, un peu confit et tournant autour de notes ambrées, vanillées. Le stade suivant évoque tout à fait l’ambiance hippie, squat, bougie, peace, love, aime ton voisin, encens et compagnie : une sorte de mélange camphré, boisé et légèrement fumé. Le fond n’aura plus rien à voir avec la tête : très sec, on sent surtout le cèdre qui domine et une très petite touche ambrée. Je me suis demandé tout au long où se trouvait vraiment le patchouli dans cette création. Entouré de différentes choses plus présentes que lui, il est timide dans ce parfum (ce qui est carrément un crime de lèse-majesté) et fait, il faut bien le dire, un peu cheap. Je ne dirais pas que ce parfum est raté… Mais il est à mon sens un peu hors sujet (en terme d’odeur), et pas vraiment de qualité.

Les massacres en règle du patchouli n’ont pas tous appartenu à la vague hippie. La mode du patchouli est revenue il y a quelques années pour le pire et le meilleur, et le champion toutes catégories dans ce domaine fut Monseigneur Angel, avec pas moins de 30% d’essence pure de patchouli dans la composition. Même s’il faut reconnaître à Thierry Mugler une audace et un formidable coup de maître à l’époque de son lancement, on est quand même bien loin de la beauté et de la force de cette matière. Mais en cherchant bien, on peut à nouveau redécouvrir et apprécier notre ami Patchouli lorsqu’on le traite avec respect. A suivre…

Lundi, c’est patchouli

Aujourd’hui nous sommes lundi, et le lundi, rime avec patchouli. Comme le mardi d’ailleurs, mais aussi le mercredi et le jeudi et même le vendredi! Tout ça pour vous dire que vous allez en avoir pour la semaine du patchouli, parce que Nez Bavard a repris ses investigations parfumées et serait ravi de vous faire partager ses découvertes… Rien de bien rocambolesque, mais comme le patchouli revient à la mode, je voulais faire un petit tour sur ce qui s’est fait et ce qui se fait aujourd’hui autour du patchouli. Le but ici a été de sélectionner des parfums soliflores (qui portent mal leur nom dans notre cas), dont la note est au centre du parfum, pour tenter de répertorier les différentes façons de travailler cette matière.

Commençons par la douce et belle musique d’ouverture de Bornéo 1834 de Serge Lutens. On conçoit souvent les fragrances construites avec du patchouli comme assez lourdes, je dirais presque vulgaires. Car, certes, le patchouli dégage une sensualité qui n’échappe à personne, mais en sélectionnant avec soin les participants, on se rend compte que cette note est bien plus fine que cela. Je trouve que l’interprétation de Serge Lutens en collaboration avec Christopher Sheldrake est à la fois très actuelle, et très fine. Par actuelle, j’entends que Bornéo 1834 est construit sur une note patchouli-cacao centrale, qui se veut plus ou moins en continuité d’une tendance à travailler cette matière de façon gourmande. Ici, bien que l’on soit en présence d’une vraie douceur culinaire, tout est fait pour que cet aspect ne remplace pas le caractère humide et terreux qui est si propre au patchouli.

Ce parfum s’étire entre la chaleur du bois, du cacao, du labdanum en fond et la fraîcheur humide de la feuille de patchouli qui rappelle un peu l’humus. En cela, je le trouve très équilibré, mais avant tout ce qui m’a marqué ici, c’est sa grande douceur et la formidable sensation de confort tranquille qu’il provoque. Je le trouverai presque discret, et en cela intime, ce qui au final n’est pas plus mal. En réponse à certaines autres créations de Serge Lutens beaucoup plus présentes et capiteuses, celui-ci est plus simple et plus tendre. Il n’est pas pour autant un parfum à réserver pour l’hiver, ses effluves sont présentes mais légères un peu comme une brise.

Bornéo 1834 et Muscs Khoublaï Khan sont les deux fragrances les plus désirables pour Nez Bavard chez Serge Lutens. Voir ici un article intéressant sur le créateur.

Nez à Nez : L’Hêtre Rêvé

Bois tendres et secs. Douceur, réconfort, chaleur. Estival, printanier, hivernal? Je ne sais pas trop. Cela faisait un moment que je ne m’étais pas aussi bien retrouvée dans un parfum.

Ce qui est assez extraordinaire avec l’odorat, c’est que l’on a jamais vraiment fini de découvrir les odeurs, d’abord parce que l’on peut en découvrir de nouvelles tout le temps et tous les jours, et parce que les sensations qui les accompagnent varient, sans que jamais on ne soit exactement dans la même situation deux fois de suite. Deux parfums qui se ressemblent ne donneront pas souvent la même sensation, même si on décèle la ressemblance. La ressemblance n’a rien de gênant, dans la mesure où le parfum exprime quelque chose de personnel, de nouveau, de différent, d’unique. Quelque chose que seule la ou les personnes qui y ont travaillé connaissent, un sentiment unique.

C’est l’idée que je me suis faite chez Nez à Nez. L’art de se sentir différent , la devise de la boutique, ne tient pas tant au révolutionnaire des compositions mais plutôt à la charge émotionnelle, sentimentale qu’ils transportent. C’est la grosse différence avec une parfumerie grand public où les fragrances sont figées, froides, monotones et rigides. C’est ce qui différencie à peu près toutes les parfumeries de qualité des autres. Je me suis un instant demandée si les faveurs que j’avais pour ces parfums venaient simplement du fait que la maison se voulait « confidentielle », ou « de niche » comme on dit. Si Hugo Boss avait sorti Ambre à Sade, aurais-je eu la même réaction? … Bon, d’accord, Boss n’aurait jamais sorti Ambre à Sade, ni même aucun autre parfum de la ligne de Nez à Nez. J’en ai conclu que j’appréciais ces parfums à leur juste valeur : ce sont des compositions de qualité (tant au niveau des composants, qu’au niveau de l’exécution), mais surtout, et c’est ce qui a fait la différence pour moi, il s’agit de parfums expressifs. Des parfums qui parlent, qui nous susurrent des choses à l’oreille quand on les porte, qui s’adaptent à un vécu et à une histoire, qui se font uniques sur chacun. Et cela, parce qu’au départ ils sont uniques, comme un tableau. Cette comparaison n’est pas innocente lorsque l’on sait que l’un des deux propriétaires de la marque, est un artiste peintre. Christa Patout semble être celle qui a accompagné en majorité la création olfactive, en collaboration avec Karine Chevallier, le nez qui se cache derrière les compositions. Stéphane Humbert Lucas, le mari de Christa Patout, a sans nul doute créé l’univers visuel de Nez à Nez, et l’on peut admirer plusieurs de ses toiles (si je ne m’abuse) à la boutique parisienne, rue Quincampoix.

Les créations de Nez à Nez ne sont pas complètement inédites et novatrices, et ressemblent peut-être à d’autres produits déjà présents dans l’offre des concurrents, mais ce sont, cependant, de vraies créations, où l’on sent que pour chaque parfum, il y a eu une idée de départ, une sensation, qui a réellement investi le parfum. Je n’ai pas tout aimé (heureusement), mais parmi mes coups de coeur se trouve l’Hêtre Rêvé. Quel titre! Pourtant, on est pas loin d’une atmosphère onirique lorsqu’on le porte. C’est un bouquet de bois secs et chaleureux. Très doux, il suggère une atmosphère cotonneuse. Je ne me suis pas un instant demandée s’il m’allait bien, s’il m’était adapté, s’il m’évoquait quelque chose… Je me sentais bien en le portant, quelque chose d’assez évident pour que l’on n’ait pas vraiment besoin de l’expliquer. Mais c’était assez rare pour que je le remarque. Si je devais lui trouver un équivalent au niveau de la sensation, je le rapprocherais de Muscs Koublaï Khan de Serge Lutens. L’Hêtre Rêvé se compose de : Badiane, mandarine, cannelle, clou de girofle /Santal, vétiver, patchouli, cèdre, gaïac, jacaranca / Cuir, prune, muscs.

Pour en savoir plus sur les créateurs de la marque, vous pouvez lire une interview sur le blog The Scented Salamander.

Sources : nezanez.net , Osmoz

Montale : White Aoud

La maison Montale, située 16, Place Vendôme pour la boutique parisienne est une sorte de caverne d’Ali Baba des senteurs d’Orient. Ses créations sont pour leur grande majorité inspirées d’Arabie et d’Orient. Jasmin, Encens, Ambre, Roses… ainsi qu’une très belle collection dédiée au bois d’aoud (oud, Aquilara Malaccensis). Le principe odorant provient en réalité d’un champignon qui attaque généralement l’arbre et qui produit une résine. Cette matière n’est pas encore beaucoup utilisée en parfumerie, mais on en trouve une belle illustration dans M7 d’Yves Saint Laurent.

Les parfums Montale peuvent paraître rebutants de prime abord. Il faut en effet s’accrocher un peu les premiers temps, car l’effluve parfumé qui émane de la boutique se répand jusque dans la rue et, par jour de vent, il est possible de le sentir une dizaine de mètres avant ! Je n’ai pas eu de mal à m’acclimater à cette atmosphère, je crois que j’ai tout de suite aimé cette ambiance parfumée un peu débordante et légèrement excessive. Tout est parfum dans cette boutique, c’est comme rentrer dans du parfum et être alors complètement enveloppé… Il faut savoir que les parfums Montale ne sont vendus qu’en concentration Eau de Parfum à 25%, autant dire que vous n’avez que des extraits de parfums tels qu’on les connaît en parfumerie grand public aujourd’hui. La sensation est donc très riche, dense et sirupeuse. L’évolution sur la peau n’en est que plus belle et confirme le soin qui est apporté au choix des matières premières.

Pour aborder le petit monde de Montale (qui comprend déjà plus d’une cinquantaine de références), vous pouvez commencer par White Aoud dont la douceur cotonneuse est presque physique, et qui ne choquera pas les narines délicates, mais il faudra prendre le temps de l’apprivoiser ! Le départ est puissant, et pour ma part me déplaît, même si l’on sent venir la suite dès les premières minutes. On commence par un accord de rose épicé un peu chargé, qui fait penser à une femme sophistiquée ayant mis trop de parfum. Heureusement, déjà après 10 minutes, le parfum s’allonge et se dilue sur la peau pour devenir très lumineux et déployer d’abondants rayons blancs et chaleureux. L’ensemble est très légèrement crémeux, grâce au santal, à l’ambre et la vanille, qui apportent la rondeur nécessaire pour avoir l’impression d’un parfum fondu avec la peau. Mais sans jamais tomber dans la lourdeur ou un côté trop épais, car l’on distingue le patchouli, l’aoud et le vétiver qui donnent plus de présence et de corps à la fragrance.

De loin, White Aoud est l’un des parfums les plus confortables que je connaisse, tant il mélange les sensations de rondeur, douceur, propreté et luminosité.

Tom Ford For Men / Suite et Fin

A la suite de mon article sur la campagne de publicité sur Tom Ford For Men, j’ai souhaité, dans un souci d’impartialité sentir ce parfum, et donner mon avis dessus indépendamment du reste. Alors je suis allée sur le stand des Galeries Lafayette, j’ai reçu un pschitt sur la main, ai dit merci et suis repartie.

Tom Ford décrit lui-même son parfum comme « légèrement sale, sensuel et sexy ». (Voir à ce sujet l’article de Now Smell This). Ce n’est donc pas un parfum propret. Mais à quoi s’attendre avec une telle description? A l’énumération des notes, je m’attendais à un vert-cuiré : citron, bergamote, mandarine, basilic, feuilles de violette, gingembre, fleur d’oranger, poivre noir, feuille de tabac, ambre, cèdre, vétiver, patchouli, mousse de chêne, cuir. J’étais assez curieuse de sentir ce parfum, car j’aime beaucoup les cuirés, et puis je voulais voir ce que pouvait bien sentir un parfum dont la campagne de pub était aussi sulfureuse. Mais parlons du parfum en lui-même.

Ce qui est sûr, c’est que ce parfum n’a rien à voir avec ce qu’a fait Tom Ford jusqu’à présent en parfumerie. Le départ est très frais, agrumes avec une note basilic sympathique. C’est le côté vert qui entre le premier en scène mais plus herbal que moussu. Jusque là, rien de très exceptionnel ou de très mauvais. J’ai attendu un peu, et puis sont enfin venus la feuille de violette et la feuille de tabac qui ont fait apparaître l’aspect cuiré-sec (nubuck). C’est le stade du parfum que j’ai préféré, mais je n’ai pas trouvé qu’il ait été vraiment présent, c’était assez discret, un peu en sourdine. Sur la fin, cet aspect a disparu, laissant place à un fond assez classique boisé. Je n’ai pas vraiment ressenti de côté sale, à part peut-être une petite impression de rusticité. Au final je me suis sentie un peu dépitée. C’est un parfum qui sent bon, dont certaines phases sont intéressantes mais qui au bout du compte est drôlement sage… Un masculin un peu basique, sans un vrai parti pris olfactif. Quelque chose d’assez passe-partout, qui devrait plaire à un public assez large.

Je reprendrais alors et à juste titre il me semble, l’expression que j’ai utilisée pour le précédent billet sur Tom Ford : Gros Klaxon, Petit Moteur… La campagne est une grooooosse machine rutilante et bruyante, le parfum est un carburant bien médiocre.

Christian Dior : Bois d’Argent

Retrouvez cet article ici : http://poivrebleu.com/2007/02/25/perfume-christian-dior-bois-dargent/

Bois d’Argent fait partie de 3 eaux de Cologne créées en 2004 par Hedi Slimane, et qui mêlent toutes 3, classicisme et modernité. Bois d’Argent est incontestablement ma préférée, bien que Eau Noire me fasse chavirer presque tout autant (Cologne Blanche étant plus classique). Ne vous fiez pas à l’appellation « eau », ces parfums sont pleins, intenses, construits, et tiennent très bien.
Les flacons sont très sobres : de grands cylindres (200 ml) surmontés d’un bouchon en laque noire, le tout dans un étui cylindrique blanc, le nom inscrit en relief noir.

Bois d’Argent est un parfum de classe absolue. Il est à la fois simple et sophistiqué, dense et aérien, doux et fort, masculin et féminin. C’est un équilibre (presque) parfait entre ses composants. Dans la liste de mes notes parfumées favorites, je dois rajouter aujourd’hui le bois, après le cuir et la pivoine (ainsi que la tubéreuse et l’encens). Bois d’Argent rappelle Bois d’Arménie de Guerlain, par son côté sec, sauf qu’ici, au lieu d’être poussiéreux, il est poudré, comme la coiffeuse d’une élégante dame, sur le bois de laquelle s’est déposée un peu de poudre libre. Je suis prudente avec les notes poudrées car dans certains parfums, je ne les aime pas du tout, elles peuvent rapidement prendre toute la place et étouffer l’ensemble du parfum. Mais ici, elles sont subtiles et délicieuses.
Bois d’Argent est composé comme suit : T : Encens du Yemen/Absolu Iris ; C : Myrrhe de Somalie/Patchouli ; F : Miel d’Alicante/Cuir du Sahara.
On note la présence de l’encens et du cuir, qui sont représentés de façon très délicate dans ce parfum. La myrrhe et l’encens apportent un côté balsamique enveloppant, le miel et l’iris une douceur infinie. Le jus est d’une couleur dorée claire qui parachève la touche de chaleur duveteuse de Bois d’Argent. On sent dans ce parfum le côté aérien de la poudre, ainsi toute sa finesse, au moment même où l’on décèle la fluidité du miel et la souplesse du cuir.
Aaaaaaaah!! Il me suffit d’en déposer une touche sur le dos de ma main pour avoir l’impression de répandre une lumière douce et blanche comme celle de l’aube. La référence au métal (l’argent) dans le titre le confirme : ce parfum est blanc, et sa note boisée aussi, mais il n’a absolument rien de métallique. Le patchouli qui souvent donne une impression humide aux parfums est ici sec et lisse, comme transparent. Sa touche boisée est présente, mais sa force est atténuée, elle est plus sensible, et stable (a contrario de Bois d’Arménie). D’ailleurs ce parfum est assez régulier, la note de fond n’est pas radicalement différente de la note de tête, il est presque possible de retrouver chaque élément du jus tout au long de son évolution.
Porter Bois d’Argent, c’est être sobre, élégant et discret à la fois. Par son côté lumineux et blanc, c’est un parfum à porter le jour, à vaporiser uniformément sur la poitrine et les bras, en fines gouttelettes, aussi fines que les particules d’une poudre.
Ces trois eaux de Cologne ont été éditées en 2004, et sont arrivées un peu comme des exceptions dans l’univers Dior actuel, si bien que pendant un moment j’ai cru qu’il s’agissait de reéditions de l’époque de Monsieur Dior! Mais je pense que c’est plutôt un signe d’excellente qualité, et la preuve que le classique sobre est aussi beau et épatant que le style extravagant et décalé de Monsieur Galliano…

Source : OsmoZ


La Wish-List de Nez Bavard

Parfums Bois d'Argent - C. Dior / Ambre Narguilé - Hermès / L'eau de l'eau - Diptyque / Angélique Noire - Guerlain / Splash Forte - IUNX / Egoïste - Chanel / Iris Silver Mist - Serge Lutens / Vétiver Tonka - Hermès
Bougies Amber Ambush - Memo / Foin Coupé - Diptyque / Maquis - Diptyque / Orangers en Fleurs - L'Artisan Parfumeur

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