Archive for the 'Chypré' Category

A Scent, Issey Miyake, Firmenich et autres joyeusetés

Les rencontres entre bloggers sont souvent synonymes de fort agréables moments… La journée du 3 septembre 2009 n’a pas fait exception à la règle.

Méchant Loup d’Olfactorum, Sixtine d’Ambre Gris et moi-même avons été réunis par l’équipe presse d’Issey Miyake (via l’agence Magic Garden) pour une matinée parfum. Accueillis dans les locaux parisiens de Firmenich, nous avons pu rencontrer une partie de l’équipe qui fut chargée de mener à bien le nouveau projet d’Issey Miyake. Onze ans après la dernière nouveauté : Le Feu (dont je reparlerai), les parfums Issey Miyake reprennent la route avec A Scent, une gifle de galbanum amortie par des coussinets jasminés. A Scent est une lecture puis une relecture du floral-vert classique, écrite dans une dimension plus moderne, chère à Monsieur Miyake : un peu comme si Vent Vert et Cristalle étaient les 45 tours vinyle que l’on avait transformés en MP3.

Le galbanum, colonne vertébrale du parfum, a dans celui-ci une dimension nouvelle que je n’avais jamais sentie. Ce qui est BD_3 flacons coterelativement normal, puisque le galbanum qui compose A Scent a été obtenu grâce à une extraction au CO², méthode dans laquelle Firmenich est largement investie, et qui lui confère une très belle transparence et luminosité. La dimension olfactive nouvelle de ce galbanum (qui brut me fait vraiment penser à des petits pois) a été assortie d’une construction qui s’est efforcée de rester sur cette ligne directrice de luminosité, comme l’explique très bien Daphné Bugey dans la vidéo disponible ici.

Au porté, la sensation est un peu schizophrène… L’ancrage classique du parfum est visible pour celui qui aime et connait ses Grands Verts. Mais la plupart des matériaux laissent une bonne impression de XXIe siècle, un peu comme ces cuisines laquées-acier-brossé équipées avec des fours dont les plans datent de 1900… On a, à l’arrivée, une sorte d’évidence, quelque chose que l’on connait déjà très bien, mais qui semble dépouillé des atours habituels. A Scent a, mine de rien, ce quelque chose d’un peu dérangeant, d’un peu bizarre de la vision futuriste, une sensation que je retrouve bien dans certains parfums Comme des Garçons. Mais j’aime cette vision de la parfumerie moderne, celle qui met en avant les avancées technologiques, les beaux matériaux de synthèse, et les constructions qui tirent le meilleur du naturel.

Ce n’est peut-être pas le type de parfum que je porterai tous les jours, mais j’aime A Scent pour l’idée aboutie qu’il représente. Comment transformer un élément aussi trivial que l’air en une idée puis une odeur ? Le but ici n’était peut-être pas vraiment de donner à l’air une senteur, mais plutôt de lui trouver une évocation. Dans cette perspective, l’idée d’un air chargé de vert de Daphné Bugey est une idée parmi d’autres. Qu’est ce qui vous vient à l’esprit (comme odeur) lorsque vous pensez à l’air ? En tout cas l’équipe de Firmenich et d’Issey Miyake se sera bien creusé la cervelle à ce sujet ! Pour ma part, c’est encore et toujours, l’odeur de zinc des toits de Paris qui me revient. Et vous ?

A Scent est disponible en 50ml, 100ml et 150 ml dans son très beau flacon mis au point par Arik Lévy.

Publicités

Sisley : Soir de Lune

Soir de Lune est un parfum à l’ancienne, et qui le revendique. C’est un chypré, mais il n’a rien de la modernité des chyprés sortis ces dernières années comme Chance ou Narciso Rodriguez, au contraire, celui-ci sent un peu, il faut l’avouer les parfums de nos grand-mères. Sorti à une époque plus ancienne, il aurait été parfaitement en accord avec son temps, et aurait sûrement eu des airs de grand classique. Ici, c’est un peu pareil, sauf qu’il y a décalage. On retrouve dans Soir de Lune, une rose omniprésente, dense, chargée d’épices, qui s’approfondit sur la mousse de chêne et le patchouli. Cet aspect rétro lui apporte beaucoup de charme et de distinction.

C’est une sortie à contre-courant de la mode actuelle, dans le sens où il n’a rien de sucré, il n’est pas rond, pas musqué, pas poudré, pas « propre ». Il est au contraire puissant, sombre, terreux, incisif et sent le parfum. Il ne plaira pas à tout le monde, et je pense même qu’il est assez délicat à porter. J’ai rarement porté un parfum d’une puissance olfactive et d’une diffusion pareille. Beaucoup d’autres parfums actuels sont envahissants et présents, mais celui-ci est particulièrement incisif. Composé, en effet, d’absolu de rose de mai centifolia, d’absolu mimosa, de jasmin, et de muguet pour les fleurs, celles-ci lui donnent une charpente épaisse soutenue et intensifiée par un fond tout aussi robuste : mousse, patchouli et santal pour la profondeur, miel et pêche pour le liant. Le résultat parle de lui-même, un sillage particulièrement vigoureux, reconnaissable, une tenue exemplaire et une rémanence exceptionnelle. Ces même atouts peuvent le rendre tour à tour captivant ou irritant.

Lorsque je l’ai senti la première fois, je l’ai trouvé surtout très fort, même si on pouvait aisément discerner un vrai travail de construction et de choix des matières premières (ce qui se ressent dans le prix !), je l’avais alors laissé de côté, pensant y revenir à l’occasion. Puis, un matin, je l’ai reconnu dans le bus, sur une jeune femme brune deux rangs devant moi et qui lisait. Impossible de passer à côté, l’odeur de la jeune femme captait littéralement l’attention, en bien ou en mal, mais ne restait pas inaperçue…

Il est très intéressant de le voir évoluer sur la peau, car bien qu’il soit intensément ancré dans les chyprés, il a sa vraie personnalité, notamment parce qu’il est moins vert que les autres grands chyprés tels Miss Dior, Cabochard de Grès ou Aromatic Elixir de Clinique, dû à la présence de la rose, ici en grande quantité. En revanche, le porter tout les jours relève pour moi du défi car il sent vraiment toute la journée, et sature assez rapidement le nez sans un peu d’entraînement… Quoiqu’il en soit, il laisse une empreinte partout : dans les lieux où vous passez, sur les vêtements que vous portez, dans la mémoire des gens que vous rencontrez… Comme son titre le suggère, c’est un vrai parfum du soir, un beau parfum pour les grandes occasions, pour se faire remarquer.

Disponible dans toutes les parfumeries en 30 ml, 50 ml et 100 ml.

Voir le billet sur auparfum.com

Guerlain : Vol de Nuit

Aaaaah Vol de Nuit…! Je m’excuse d’avance pour le cliché qui va suivre, mais ce parfum me fait irremédiablement penser à la scène de vol (de nuit) dans The Aviator de Martin Scorcese… Ce n’est pas très original, certes, et en plus j’aurais mieux fait de parler d’Antoine de Saint Exupéry, mais non! C’est bien à Cate Blanchett et sa flamboyante chevelure rousse que me fait penser ce parfum. Chronologiquement il aurait pu parfaitement convenir à Katherine Hepburn, qui cultivait parfois un petit côté garçon manqué qui sied très bien à Vol de Nuit et son aspect vert : Orange, citron, madarine, fleur d’oranger, jonquille, galbanum, jasmin, santal, iris, vanille, mousse de chêne.

La guerlinade n’est pas excessivement marquée ici, car elle est atténuée par cet aspect vert, qui va du côté vert-tige au côté vert-bois. Vol de Nuit rime avec luxe, parce que je trouve que le rendu sur la peau fait penser à une lourde fourrure, imposante, chaude, luisante et d’une infinie douceur… En revanche, bien que sensuel et séducteur, je ne trouve pas que Vol de Nuit soit un oriental. Dans une interview exclusive que Vol de Nuit à bien voulu accorder à Poivre Bleu, il a déclaré : « Oh Shalimar et moi sommes des amis de loooongue date! Mais faut pas délirer non plus, nous n’avons pas les mêmes valeurs! »
Comme à l’accoutumée, c’est la petite note animale (même légère) qui doit, en plus de la vanille, de l’ambre et de tout autre baume enveloppant, être présente pour vraiment marquer l’orientalité (à mon goût). Elle n’est pas vraiment présente ici. Vol de Nuit, c’est plutôt un parfum mondain, un parfum du soir qui se porte un peu comme un bijou et qui en met pas mal dans la vue de tout le monde.

C’est une autre composition de Jacques Guerlain (on aura compris maintenant que je trouve que c’est lui le meilleur), qui se serait inspiré du roman d’Antoine de Saint Exupéry et qui aurait voulu en 1933 rendre hommage aux exploits féminins en aviation. C’est à l’origine Caron qui avec En Avion en 1932 avait lancé le concept… repris un an plus tard chez Guerlain. Cela dit, ces deux parfums n’ont rien à voir l’un avec l’autre. Comme toutes les autres créations de Jacques Guerlain, Vol de Nuit est très figuratif, il stimule l’imagination et très rapidement des images précises vous viennent en tête et créent l’ambiance dans laquelle vous aimeriez voir évoluer ce parfum. A la comparaison, En Avion est beaucoup plus abstrait, je l’associe plus à un caractère qu’a un moment, ce serait plus le type de parfum auquel on adhère toute une vie, tandis que Vol de Nuit parle d’un moment. Je crois que l’on a beaucoup décrit les Guerlain de cette façon, mais je trouve que pour le coup cela reflète bien la réalité. Cette idée a d’ailleurs été reprise dans l’Instant, mais le stimulant imaginaire n’a pas opéré sur moi.

Cette année, Vol de Nuit aura droit à son flanker rien que pour lui : Vol de nuit Evasion. (Lire un article intéressant sur les flankers ici) Point de magie dans celui-ci. Il y a du Vol de Nuit dans l’idée, mais je ne trouve pas un réel univers à ce parfum. J’aurais presque pu dire qu’il avait une petite touche originale (une impression bâton de rouge), mais il aurait fallu le sortir comme un nouveau parfum et non pas comme une déclinaison. Parce qu’on se retrouve en fait ici avec un Vol de Nuit sans âme : un parfum sucre-glace pour jeunes filles (super-fashion) découvrant Guerlain et sa nouvelle idée de la non-magie olfactive. Bon, bon, j’en rajoute, c’est vrai… Mais c’est vraiment décevant de voir les concepts des usines à frics être appliqués avec si peu de jugeote. Le plus naze c’est quand même de reprendre le flacon de L’Heure Bleue et de Mitsouko qui est très associé à ces deux parfums et de le coller à cette nouveauté, alors que Vol de Nuit a bien son propre flacon, très caractéristique aussi… pas très cohérent tout ça.

Sur ce, il est L’Heure Bleue (02h06) de se coucher, alors bon Vol de Nuit à toutes et à tous!

L’Artisan Parfumeur : Voleur de Roses

Un orage vient de passer sur Paris. Sur mon poignet se trouve Le Voleur de Roses de L’Artisan Parfumeur. Qui aurait pu imaginer meilleur moment pour analyser ce parfum? Voleur de Roses est l’un des plus beaux patchoulis que j’aie jamais senti. Même le Patchouli Patch de la même maison ne lui est pas comparable. Car Patchouli Patch est certes quasiment pur, mais il est plus rustique que Voleur de Roses, qui à la rusticité a marié l’élégance.
C’est un parfum que l’on n’aime pas forcément du premier coup. La première fois que je l’ai senti, je l’ai trouvé trop atypique, une note originale, mais que je ne me voyais pas du tout porter tant il me rappelait l’odeur des tapis humides de feuilles mortes. Il y avait aussi cette sensation vineuse et rouge, pas vraiment adaptée à un parfum me semblait-il… Puis un jour j’en ai reparlé avec une collègue qui avait eu pour ce jus un coup de coeur foudroyant. L’ayant ressenti sur elle, ma curiosité s’est réveillée, il lui donnait une belle présence; fraîche et confortable.

Voleur de Roses vaporise (au sens propre) une ambiance autour de lui. Il n’est pas excessivement travaillé et ne se décline pas en une interminable succession de facettes. Alors je l’ai essayé. Quand on le met, on respire une bouffée d’air frais dans un sous-bois à l’automne, puis on trempe les lèvres dans un verre de bordeaux. Quand les notes rosées se dissipent, le patchouli nous habille telle une étole de velours rouge pourpre. Un contraste frais-chaud se met alors en place et ne vous quitte plus : une impression juteuse de pêche de vigne relevée par une sorte de touche cacao-boisée (chocolat noir, d’ailleurs bien plus présente dans Patchouli Patch) apportée par le patchouli. La composition est plutôt minimaliste : notes rosées fraîches/Prune/Feuilles de Patchouli/Patchouli. Finalement, c’est le rapprochement avec le vin qui lui donne pour moi son élégance insoupçonnée, et bien qu’il soit classé dans les masculins, il m’évoque une allure bien plus féminine que masculine.

Pendant un moment, j’ai pensé que le patchouli à trop haute dose ne m’allait pas. Je n’ai pas du tout aimé Euphoria de Calvin Klein dont la note patchouli-glucose surdosée m’avait écoeurée. Même sensation avec Patchouli de Réminissence, probablement l’un des plus connus, qui prenait des accents un peu vulgaires sur ma peau. J’avais ensuite essayé Angel de Thierry Mugler qui ne m’a pas déplu, mais je suis restée effrayée par ce bois jusqu’à ce que je porte Voleur de Roses et que je puisse admirer son évolution luxueuse sur la peau. Parce qu’en vérité, le véritable luxe d’un parfum, qui le démarque vraiment du reste, c’est une belle matière. Car une matière de qualité se suffit à elle-même, nul besoin de la travailler à outrance, de lui donner des accents trop marqués qui lui feraient perdre la richesse naturelle qu’elle détient déjà. Je ne veux pas dire par là que les parfums très construits, contenant de nombreuses matières, sont mauvais ou sans intérêt. Mais je ne boude pas la simplicité lorsqu’elle se présente et qu’elle est réussie. Voleur de Roses est sobre, c’est ce qui le rend si atypique.

Il est aujourd’hui une sorte d’évidence, il me fait, à peu de chose près, le même effet qu’Une Folie de Rose des Parfums de Rosine, je me sens bien, il me va, quels que soient le jour, l’heure, la saison.

Disponible en 50ml et 100ml dans toutes les boutiques L’Artisan Parfumeur et Grands Magasins.

Sources : Photos : Sous-bois : ecl.ac-orleans-tours.fr/clg-ernest-bildstein-gien/, Vin : http://www.la-cave-a-vin.fr, Flacon : http://www.lamurefavorite.com ; Basenotes

Les Parfums de Rosine : Une Folie de Rose

Agréable journée pour Nez Bavard en ce 21 avril 2007. Un ciel limpide, un soleil radieux, une température idéale, et une promenade dans le centre de Paris pour aller découvrir… Les Parfums de Rosine! Je me suis rendue à la boutique située dans les galeries du Palais Royal, donnant directement sur les jardins. Un emplacement charmant, au calme ; une toute petite boutique très mignonne, décorée simplement d’un bouquet de roses, une chaise style XVIIIe en satin rose, des rideaux gris bleuté dans le fond, et un miroir accroché. Les parfums sont au nombre de 13, disposés sur trois petits meubles surmontés d’étagères, un quatrième servant pour les bougies, les crèmes et les savons. On pourrait dire que l’esprit de la marque Les Parfums de Rosine est dans la même veine que celui d’Annick Goutal, mais je trouve l’atmosphère des Parfums de Rosine plus légère, plus détendue et plus simple. Le raffinement est toutefois bien présent dans le soin apporté à la présentation : des flacons ravissants, des motifs soigneux, des détails délicats. J’ai tout de même eu l’agréable sensation que le plus grand soin était vraiment réservé aux parfums eux-mêmes, ce qui n’est malheureusement pas toujours le cas.

Une vendeuse souriante nous a accueillies mon amie et moi, et nous a un peu parlé de la maison. Les Parfums de Rosine est une marque reprise en 1991 sous l’impulsion de Marie-Hélène Rogeon, une femme passionnée de roses, qui décida de créer tous ses parfums autour de cette fleur. Le nom : Les Parfums de Rosine est à l’origine une création de Paul Poiret, couturier dans les années 1900 qui créa ses parfums en l’honneur de sa petite fille Rosine. Je suis venue sans a priori, mais j’ai eu peur, l’espace d’un instant, de tomber dans un univers lourd de clichés romantico-fleur bleue, peu inventif et traditionnel. Il s’avère que Les Parfums de Rosine ont trouvé un très juste milieu entre la tradition, le classicisme, l’inventivité et l’audace. Dans la veine traditionnelle, on trouve évidemment : La Rose de Rosine ou Rose d’Amour et son indiscutable odeur de savon crémeux, puis dans la veine imaginative, on trouve les 2 masculins : Rose d’Homme et Twill Rose mais aussi Diabolo Rose avec sa note verte et fusante. L’ensemble est particulièrement rassurant car il s’agit de notes connues, bien que comme je l’ai dit, la maison se permette (pour notre plus grand plaisir) une pointe de fantaisie. On est moins bousculé que chez certains autres parfumeurs, mais en sortant de la boutique j’étais remplie d’un intense sentiment de contentement… Sur les 13 fragrances, 2 seulements m’ont laissée indifférente, sinon, on distingue chaque fois une facette, une beauté différente.

Pour ce qui est des jus eux-mêmes, ils sont conçus selon la même logique que la plupart des marques de niches : des matières premières de haute qualité et une préférence pour les essences naturelles pour obtenir des parfums de catégorie supérieure. Plusieurs m’ont beaucoup plu, je me suis attardée plus longuement sur Une Folie de Rose, un parfum de la gamme des chyprés, d’une vraie élégance, sombre et à la fois lumineux par petites touches. Les roses qui le composent sont lourdes de pétales duveteux et charnus, très ouvertes, au moment où leur parfum est le plus mûr. Mariées à de l’Ylang et du Jasmin, on obtient donc un coeur capiteux, arrondi par une note iris. Le fond est dense : mousse de chêne, santal, patchouli, vétiver, benjoin ; un fond chypré classique. Bien que légèrement conventionnel, ce parfum ne fait pas vieillir, il a un petit côté taquin vraiment délicieux. Il a le petit truc en plus qui me fait craquer et qui me donne envie de le porter… Il crée la différence avec des parfums sympatiques et joueurs et les vrais parfums de confort tant extérieur qu’intérieur. Il y a des parfums que l’on aime, que l’on porte selon l’humeur du jour, et puis il y a des parfums qui nous correspondent, ceux que l’on peut porter quelle que soit l’humeur, et qui nous iront toujours. Une Folie de Rose fait partie de ceux-là, j’aime le sentir, juste le savoir sur moi, et l’emmener partout où je vais. Il se rapproche presque du bijou, pas par son côté artifice, mais par son côté sublimateur et illuminant.

Pour découvrir Les Parfums de Rosine, rendez vous au : Jardins du Palais Royal, 105 Galerie de Valois, 75001 Paris

Sources : Les parfums de Rosine, Photo : http://www.parfyym.pri.ee

Chanel : Cristalle

Un parfum vert prairie et saisissant comme l’eau fraîche d’un ruisseau de montagne. C’est Cristalle de Chanel. Créé en 1974 par Henri Robert en Eau de Toilette, il a été repris 20 ans plus tard par Jaques Polge qui a créé la version Eau de Parfum. Cristalle est riant, un coup de fouet fleuri qui claque, aussi impressionnant que la nature à l’arrivée du printemps, qui se met à verdir de toutes ses forces. Il sent la tige verte de la jonquille et est aussi transparent que l’air après la pluie. C’est un parfum particulier, en effet très vert, de ceux que l’on a perdu l’habitude de sentir avec la tendance actuelle. J’ai pris plaisir à le découvrir et à le suivre évoluer sur ma peau. Il correspond à une envie de saison, un parfum moins chaud que ceux de l’hiver, qui sente le printemps sans être non plus une eau légère. Il fait penser à de l’eau mais n’est pas du tout aqueux, n’a pas de note « mouillée » proprement dite, mais une impression de transparence tonifiante.
Le départ est vert crissant à cause du galbanum, c’est d’ailleurs le même départ que le N°19, un parfum vert lui aussi. Puis il se déplace vers une chute de fleurs fraîche : jacinthe, chèvrefeuille, jonquille, jasmin, ylang-ylang, pour rebondir sur la mousse de chêne et les racines du vétiver. Cristalle développe l’accord chypré de base (mousse de chêne, patchouli, labdanum, bergamote…) et l’entoure de fleurs. L’ensemble fait très spontané et sincère, il est sophistiqué juste ce qu’il faut pour être élégant mais sobre. Je sens sur ma peau surtout la jonquille et la jacinthe, j’aime particulièrement cet accord qui me fait vraiment penser à une fleur sentie en plein air. La jonquille dont on parle ici et qui est utilisée en parfumerie est un narcisse de la famille des Amarillydacées. Cristalle est le premier parfum vert que je découvre qui sente autre chose que le bambou.
Ce parfum donne réellement envie d’être porté. Pour une jeune fille, il est bien plus attractif et adapté que le N°5, qui est tout de même assez chargé. Mais une femme plus âgée, l’apréciera justement pour son allure jeune et sa teinte verte pleine d’espoir : le vert est la couleur de l’espérance. Il convient à une humeur joyeuse et enjouée, mais il redonnera le sourire les jours de pluie, et donnera de la vitalité les matins difficiles (dont je suis une championne). Plus que d’autres, c’est un parfum que l’on a envie de vaporiser en brume pour qu’il se dépose sur la peau comme la rosée. Le vaporisateur rectangulaire de Chanel est tout à fait adapté pour cela, il diffuse un large jet de goutelettes très fines qui humectent délicatement la peau… Prendre garde cependant à ne pas en avaler, il sent très bon, mais a très mauvais goût!

Sources : Chanel, OsmoZ, Wikipedia

Narciso Rodriguez : For Her

Narciso Rodriguez For Her, est un parfum d’un nouveau genre. Impression très moderne, il est en réalité une réinterprétation plus actuelle de l’accord chypré de base (patchouli, mousse de chêne, jasmin, bergamote). Ce parfum est entièrement construit autour du musc égyptien. Un musc très clair, et qui, ici, stylise la composition. Il est accompagné de « miel de fleur », « ambre doux » et « bois tactile » (les dénominations farfelues servent sont le plus souvent là pour stimuler l’imagination, plus que pour décrire réellement la composition) : la rose et le bois de santal (avec son odeur laiteuse) entrent parfaitement dans cette composition moderne et ultra-féminine. Composé par Christine Nagel et Francis Kurkdjian, cette fragrance a vraiment une signature.
Ce parfum ne produit pas d’effet enveloppant, mais son accord caractéristique est bien présent. Je le trouve pour ma part très féminin, il a l’avantage d’être reconnaissable, attirant et moderne. Sa composition lui donne un côté transparent, une impression nette de fluidité. C’est un beau travail de construction et qui a de plus l’avantage de différer assez nettement de ce qui se fait en ce moment. J’éspère cependant que son succès ne va pas le rendre insupportable. C’est potentiellement un classique et je ne serait pas surprise de voir apparaître sur le marché dans quelques temps des copies de cette fragrance. Il est « beau » pour lui-même, ce qui lui donne une grande suffisance (prestance), sans pour autant tomber dans le snob. Le musc qui est au coeur de ce parfum lui donne une perception très personnelle pour chacune, ce qui en fait un vrai parfum de confort, souple et intime. C’est sûrement une des raisons principale de son succès en plus de l’interprétation nouvelle d’une note connue. Le seul bémol est que sa composition est relativement stable et monotone, il évolue sur la peau certes, mais ne vit pas vraiment avec elle. C’est l’huile de parfum : Her Musk (qui ne se compose visiblement que de musc, mais qui est tout de même le complément du parfum…) qui elle, vibre déjà beaucoup plus sur la peau et pousse des notes plus animale à se manifester. Le version eau de toilette est harmonieuse, le musc est central, mais savament contrebalancé entre les notes florales, la vanille et les bois.

L’eau de parfum est une version retravaillée de l’eau de toilette. Elle est légèrement différente de celle-ci, mais le caractère, « l’âme » du parfum sont exactement les mêmes. L’EDP n’est pas nécessairement plus forte, ou plus intense, mais elle est plus sombre. Notamment grâce à la présence plus franche du patchouli, et une mise en sourdine des notes florales, ce qui donne au musc une présence plus animale (comme dans l’huile de parfum). Certaines le trouve pour cette raison plus « gras » et plus difficile à porter. Il est vrai que, étonnament, son odeur est présente au nez presque tout le temps, l’accoutumance n’est pas rapide, et ne se produit qu’au bout de plusieurs jours (il en est de même avec l’EDT).

Narciso Rodriguez a pour moi un réel pouvoir sensuel, parce que sa note animale est revendiquée et exposée. Toute la subtilité et l’érotisme de ce parfum se trouve dans le fait que cette note a été disciplinée, maîtrisée, et qu’elle stimule sans envahir l’espace. Nul doute cependant que ce parfum provoque une espèce d’addiction déraisonnée lorsqu’on le découvre, c’est pour cela qu’il faut tout de même veiller à ne pas tomber dans la bouteille tout les matins, sous peine de donner des mots de tête à tout un wagon de métro.

Dernier point, j’ai relevé une similitude très intéressante entre L’EDP et un parfum de l’Artisan Parfumeur : Voleur de Roses. Un très beau patchouli-rose, très frais, et qui se marie très bien avec For Her, pour celle qui aime les mélanges.

Sources : OsmoZ, http://www.narcisorodriguez.com

Mise à jour du billet le 22/08/07


La Wish-List de Nez Bavard

Parfums Bois d'Argent - C. Dior / Ambre Narguilé - Hermès / L'eau de l'eau - Diptyque / Angélique Noire - Guerlain / Splash Forte - IUNX / Egoïste - Chanel / Iris Silver Mist - Serge Lutens / Vétiver Tonka - Hermès
Bougies Amber Ambush - Memo / Foin Coupé - Diptyque / Maquis - Diptyque / Orangers en Fleurs - L'Artisan Parfumeur

Archives

Poivre Bleu sur Twitter

Erreur : Twitter ne répond pas. Veuillez patienter quelques minutes avant d'actualiser cette page.