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Rien que du vent…

Flashback nostalgique. Ceci est une ébauche que j’avais commencée à gratter il y a maintenant plus de 3 mois et que je retrouve ce soir, après le tour des grands bloggeurs ducs…

Assise sur l’immense canapé d’un bar Carrer de la Princesa, les bras chargés de soleil, Nez Bavard sirote un mojito en compagnie de Méchant Loup

Les choses n’ont pas le même goût, loin de France, sous la lumière de Barcelone. Et tandis que la menthe fraîche refroidit le palais et que le citron vert pétille sur la langue, je reviens sur la journée passée et les éléments évoqués. Le goût de la nostalgie n’est pas loin, puisque mon séjour touche à sa fin, et que je foulerai le sol parisien dans moins d’un mois.

Cette période aura été une sorte de désert des parfums, puisque coupée de mes habitudes, je n’avais pas sous la main matières à stimulation olfactive autant que dans la capitale. Mais il aura été entrecoupé de geysers odorants que furent notamment le Grand Prix du parfum et le lancement de Womanity, qui m’auront apporté beaucoup de joie et de bonne humeur.

Reprise ici dimanche 5 septembre.

Et nous voilà de retour en France, dans un drôle de climat mélancolique ou se mêle le souvenir heureux des jours passés et un léger goût de lassitude pour ce qui a été retrouvé dans la capitale. Ce soir je me pose des questions : quel avenir pour la parfumerie ? Quelle estime pour ces marques qui se laissent lâchement tomber bien bas (oui oui, c’est à vous que je parle, Chanel et Yves Saint Laurent) ?

Ambre Gris a parfaitement et très bien cerné le problème dans son dernier post (que je vous invite vivement à aller lire) : tout est une question de plaisir. Et le plaisir, le vrai, est absent de la parfumerie grand public depuis trop longtemps. Et plus ça va, plus j’ai peur qu’il ne s’absente de plus en plus de notre chère parfumerie confidentielle.

Il y a des soirs (comme celui-ci), où j’aimerais repartir, loin, remettre Amaranthine et me laisser amadouer par ces divines odeurs de sables, de crème solaire et de mojitos…

Penhaligon’s : Amaranthine par Bertrand Duchaufour

Amaranthine est un parfum que j’ai aimé dès les toutes premières secondes. Je n’ai pas tout de suite compris pourquoi, car aucune image particulière ne me venait à l’esprit comme cela m’arrive souvent avec bon nombre de ses confrères. Mais là, rien de tout cela.

J’ai alors pris le parti de construire ces images moi-même et me servir de cette non-association visuelle pour marquer dans ma mémoire les lieux, les ambiances et les moments que je vis actuellement : un peu à la manière d’Andy Warhol. Il faut savoir qu’en ce moment, je vis à Barcelone et que depuis mon arrivée ici, je n’avais pas de parfum « attitré ». J’ai trouvé très intéressante l’idée d’associer des moments particuliers et épisodiques de la vie à un parfum particulier. La puissance évocatrice de l’odorat étant en effet ma meilleure alliée pour être sûre de ne pas perdre une miette de mon passage dans cette ville.

Les jours passent et l’histoire d’Amaranthine et la mienne se gravent de concert dans ma mémoire : les soirs de balade à la fraîche ; les après-midi enivrants de beau temps, la tête à l’ombre et un livre de Murakami sous les yeux ; la brise à l’odeur de mer au parc de la Ciutatdella… Ronde, chaude, souriante comme le soleil, Amaranthine m’appartient enfin. Si j’avais par moi-même pu reconnaître une partie des notes, j’ai attendu un long moment avant d’aller consulter une liste plus complète, de peur de faire disparaître le plaisir que j’avais à me glisser le matin dans mon « gant de beauté ». J’étais séduite. Lorsque j’ai pris connaissance des notes, j’ai compris que mes craintes étaient fondées : la magie n’opérait plus, ou mal, comme une recette de cuisine pas vraiment ratée, mais pas vraiment bonne. J’ai alors décidé de les ranger au fond d’un placard, pour continuer de vivre mon aventure avec cette fleur blanche à la taille souple, à la peau douce et au regard piquant. Chaque instant devient une petite éternité que je range dans les tiroirs appropriés de ma grande bibliothèque mémorielle, tous liés par le même fil conducteur.

Cette expérience m’a fait comprendre une chose : l’émotion n’a pas besoin d’être traduite. Que ce soit en musique, en peinture, ou en parfum, il faut parfois ne pas chercher à disséquer une œuvre, à lui chercher une quelconque armature ou à en connaître les secrets. Amaranthine est une réussite car il offre une perception globale, un ressenti puissant et une sensation nouvelle qui fait terriblement plaisir (et beaucoup de bien).

Un grand bravo à Bertrand Duchaufour pour ce parfum d’auteur touchant et un grand merci à Thierry pour m’avoir aidé à retrouver l’inspiration!

Et puisque M. Duchaufour en parlera mieux que moi, je vous encourage à regarder la vidéo que voici.


La Wish-List de Nez Bavard

Parfums Bois d'Argent - C. Dior / Ambre Narguilé - Hermès / L'eau de l'eau - Diptyque / Angélique Noire - Guerlain / Splash Forte - IUNX / Egoïste - Chanel / Iris Silver Mist - Serge Lutens / Vétiver Tonka - Hermès
Bougies Amber Ambush - Memo / Foin Coupé - Diptyque / Maquis - Diptyque / Orangers en Fleurs - L'Artisan Parfumeur

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