Posts Tagged 'annick goutal'

Investigations en terres masculines IV

Annick Goutal : Duel

Un parfum d’été souffle entre vos doigts et décoiffe vos cheveux. Vous marchez sur un chemin de terre, vos pieds sont gris de poussière et toutes les touffes de plantes autour de vous sont sèches et blondes. Vous voilà maintenant allongé dans les herbes hautes, à regarder les nuages passer. Non, vous ne rêvez pas, vous portez Duel.

Duel est une surprise inattendue. N’affectionnant pas particulièrement les créations chez Annick Goutal, je ne pressentais rien de folichon à la découverte de ce parfum. Et bien j’avais tort ! (Comme souvent, mais pas trop quand même). Duel semble très classique au premier abord, un départ hespéridé puissant, quelques pointes de néroli qui font rapidement penser à une Cologne. Mais c’était compter sans le concours du petitgrain, du maté, du foin (et de son amie la coumarine), et des muscs relevés par un léger accord cuir. En effet, lorsque le parfum est devenu intéressant, j’ai d’abord senti un accord de thé, qui me faisait penser à du Earl Grey. Mais quelque chose me dérangeait. Le thé s’est révelé être l’accord de maté, une boisson traditionnelle d’Amérique du Sud préparée avec le Yerba Maté ayant des vertus excitantes comme le café. L’odeur est légèrement amère et rappelle celle du thé et du foin. Rarement utilisé en parfumerie (ou peu évident), je l’avais déjà rencontré dans Comme des Garçons 2, emmitouflé dans des volutes d’encens. Ici, le côté thé fraîchement infusé de la plante est beaucoup plus en avant et il entretient la sensation fraîche du départ, faisant durer la bergamote.

Mais, comme souvent, c’est le fond qui achève de vous conquérir. L’accord foin sort de sa grange et vous donne l’impression de grimper sur les ballots de foin empilés dans les champs. On se dévergonde un instant avec une bonne dose de musc et l’animalité du cuir, mais tout en restant très distingué grâce à la présence de l’iris qui apporte sa beauté brute. Duel porte en lui la dualité annoncé par le titre, un homme, une femme, peu importe finalement…

Disponible dans toutes les boutiques Annick Goutal et grands magasins, 100ml 72€

Annick Goutal : Petite Chérie et Eau de Camille

Comme toutes les semaines, je poursuis mes recherches parfumées, et je me suis attardée aujourd’hui sur les parfums Annick Goutal pour la saison estivale, j’ai retenu Eau de Camille et Petite Chérie, deux parfums rafraîchissants.

Eau de Camille

L’Eau de Camille est créée en 1983 par Annick Goutal pour sa petite fille Camille, et retranscrit la fraîcheur et la vivacité de la jeunesse. Ce n’est pourtant pas une eau enfantine, elle est verte et légèrement fleurie, un bon choix pour la saison chaude. Le terrain des parfums d’Annick Goutal est encore en friche dans ma tête, car je ne les ai pas encore bien cernés, et je pense avoir encore du chemin à faire avant de les comprendre et de bien les connaître. L’Eau de Camille est une odeur à surprises, c’est le type de parfum dont les stades d’évolution sont assez marqués et qui changent assez nettement de l’un à l’autre. La première touche est celle du galbanum, cette note caractéristique qui donne le caractère vert au parfum et que l’on retrouve dans Cristalle ou le N°19 de Chanel. Cette note saisissante réveille les sens, mais à la bifurcation suivante, j’ai trouvé l’Eau de Camille décalée sur ma peau, comme trop chargée de sève verte et de fleurs fanées… J’avais lu que ce parfum contenait du seringa, et j’attendais beaucoup de son essai sur ma peau. Même si au retournement suivant, j’ai avec plaisir retrouvé un équilibre aérien entre la verdure, la fraîcheur et les touches fleuries, je n’ai pas senti la sensation émouvante et blanche du seringa. Cela dit, la feuille de lierre vert sombre donne la touche finale qui me fait aimer le parfum, car c’est elle qui apporte à L’Eau de Camille sa distinction.
L’Eau de Camille est composée de chèvrefeuille,seringa, bouquet floral, troène, lierre.

Petite Chérie

Le parfum Petite Chérie est le successeur de l’Eau de Camille, il fut créé en 1998 pour la fille d’Annick Goutal, désormais jeune femme. Je le trouve étrangement plus enfantin, et pour ma part plus jovial et innocent que L’Eau de Camille. Je n’aime pas d’habitude les parfums fruités, car les notes « fruits » en parfumerie sont quasiment impossibles à obtenir à partir de l’élément naturel, et proviennent le plus souvent d’une reconstitution synthétique. J’accorde une grande importance à la présence de composants naturels dans un jus, car c’est un gage de qualité et de beauté (même si beaucoup de parfums synthétiques me plaisent aussi). Pour ce qui est de Petite Chérie, je dois m’avouer vaincue et m’incliner devant une si jolie composition. Il fait partie des parfums qui touchent profondément et qui parlent mieux que des mots ou des gestes. Le mariage poire-vanille est d’un raffinement inespéré, la succession des notes est harmonieuse et travaillée. Le départ est juteux comme un quartier de poire tout juste pelé, il en a le sucre et la fraîcheur. Il glisse ensuite vers la rondeur des muscs, le crémeux de la vanille, mais en gardant bien l’esprit fruité de la poire, qui est soutenu par la pêche, et décoré d’une rose pas encore tout à fait épanouie. Petite Chérie est une excellente découverte, un vrai plaisir de beau temps, nouveau et familier pourtant. Ses notes sont : Pêche, Rose, Poire, Herbes fraîches, Muscs, Vanille.
J’ai une préférence nette pour Petite Chérie, car je le trouve plus libre et plus agréable à sentir que L’Eau de Camille. Je ne le catégorise pas, il m’empêche presque de réfléchir car il accapare l’esprit par sa nature enjouée, en laissant une forte impression de pouvoir s’abandonner aux événements. A porter jusqu’au bout de l’été et encore plus si affinités…

Sources : Annick Goutal, OsmoZ

Annick Goutal : Songes

Surprenantes surprises pour le premier Annick Goutal analysé par Nez Bavard. Dans le petit monde des parfumeries de niches Annick Goutal est une référence en la matière avec L’Artisan Parfumeur. Ces deux maisons jouent sur le même créneau du parfum associé à l’émotion, au plaisir et au souvenir. Chez Annick Goutal, réside une ambiance très féminine du soin apporté à chaque détail : la beauté des flacons, le rafinement des boutiques, le soin des mots employés… Tout ceci crée une ambiance très romantique, très boudoir qui sont la signature de la marque. Bien que j’apprécie les belles choses et le plaisir d’un produit bien présenté et agréable à regarder, je ne suis pas très sensible aux éléments que je considère comme superflus. Le soin apporté au détail doit se faire de façon mesurée et surtout discrète, c’est ce qui pour moi sera la véritable preuve de la qualité et de la finesse du produit : le plus important reste le contenu du flacon.

Publicité pour Songes, Annick GoutalJ’ai souhaité commencer mon exploration des parfums d’Annick Goutal par Songes, tout d’abord parce qu’il est assez récent, et ensuite parce que son titre est terriblement évocateur. Ce parfum m’a surprise. Un tel titre se rapportant pour moi à l’univers de la nuit et des rêves se devait d’être flottant, aérien, cotonneux… Il est opulent, vanillé et charnu. Mais il évoque finalement assez bien les chaudes nuits d’été. Il est assez exotique et rassemble le tourbillon des senteurs du soir dans un jardin sur une île. Sa composition s’adapte bien à cette impression : Frangipanier, Tiaré, Jasmin Sambac / Encens, Vanille Bourbon, Baume Copahu, Ylang ylang / Vétiver, Santal, Ambre, Styrax. Il faut y rajouter une pointe de tubéreuse. L’ensemble est très charnu, enveloppant et chaud. Une fois que la surprise de la première inhalation est passée, on se rend compte que ce parfum est très agréable, très tendre, ce qui vient à l’esprit sont des instants intimes, le soir, assis dans un hamac en train de regarder les étoiles tout en discutant avec un proche. Pendant un moment ce parfum m’a vraiment fait rêver… Mais à ma grande déception (et surprise) il a tourné. La douceur carnée et enveloppante du parfum des fleurs à la tombée de la nuit, qui nous entouraient de leur beauté s’est effacée pour laisser place à une lourde sensation de vanille ambrée et sucrée. Mes sensations qui l’instant d’avant étaient si confortables et familières sont devenues pesantes et dérangeantes. La nuance était pourtant très fine, mais elle a tout changé et s’est intensifiée, pour finalement me laisser penaude, une porte ouverte mais désormais infranchissable.
C’est finalement l’impression d’un parfum un peu vulgaire qui m’est resté dans le nez. Il est certes bien moins désagréable que d’autres, mais la façon dont il se conclut alors qu’il avait si bien démarré déçoit, car le fond n’a plus rien de commun avec la finesse du coeur. Je serais tentée de dire qu’avec ce parfum, Annick Goutal a voulu donner une réponse à une clientèle demandeuse de senteurs sucrées et gourmandes, mais je ne le dirai pas, je vous laisse le soin d’en juger par vous même.


La Wish-List de Nez Bavard

Parfums Bois d'Argent - C. Dior / Ambre Narguilé - Hermès / L'eau de l'eau - Diptyque / Angélique Noire - Guerlain / Splash Forte - IUNX / Egoïste - Chanel / Iris Silver Mist - Serge Lutens / Vétiver Tonka - Hermès
Bougies Amber Ambush - Memo / Foin Coupé - Diptyque / Maquis - Diptyque / Orangers en Fleurs - L'Artisan Parfumeur

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