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Les coulisses du parfum par Osmoz – Coffret Bois et Résines légendaires

Le voilà! J’ai reçu il y a peu, l’un des nouveaux coffrets de découverte olfactive lancés par Osmoz le mois dernier, dont on a déjà parlé ici. J’ai choisi pour ma part de me faire mon opinion avec le coffret Bois et Résines légendaires, parce que les deux premiers : Accords mythiques et Fleurs originelles m’auraient réservé moins de surprises. Cependant, il s’agit vraiment d’un contenu « de base », c’est à dire que les essences présentées sont élémentaires et sans nul doute les premières que l’on apprend lorsque l’on se familiarise avec cette famille olfactive.

Le coffret n’en reste pas moins intéressant sous plusieurs aspects. Tout d’abord, il est toujours amusant de se plier à l’exercice du test à l’aveugle. Bien que j’aie pu reconnaître une bonne partie des 12 essences, je me suis fait piéger à quelques occasions… Les essences sont bien choisies et de belle qualité (Firmenich), mais un élément m’a plu en particulier : elles sont diluées dans une solution huileuse, ce qui annihile quasiment tout désagrément lié à l’alcool et permet de sentir immédiatement la mouillette sans attendre. Le confort d’utilisation s’en trouve augmenté et « l’âme » de la matière en question est rapidement accessible, même s’il faut prendre le temps de sentir la mouillette pour que toutes les notes se révèlent. Je pense que ce détail dans le conditionnement est dû au fait que le coffret s’adresse au grand public et à des personnes qui ne sont a priori pas familiarisées à l’utilisation de matières premières brutes. Osmoz a certainement voulu s’adapter aux habitudes des novices sur ce point. En effet, combien de fois ai-je pu voir dans les parfumeries des clients se précipiter sur leur mouillette à peine après avoir vaporisé le parfum (en dépit des bonnes recommandations de Nez Bavard bien sûr) ?

[Je me permettrai sur ce point une légère parenthèse pour faire passer un message personnel. Mon âme d’ex-démonstratrice me supplie de faire ce témoignage. Certes, je sais que le public lecteur de ce blog est sensible à l’art du parfum et n’apprendra probablement rien dans ce que je vais dire. Mais pour la postérité, je pense qu’il vaut la peine d’être écrit. Mesdames et Messieurs, le parfum est une œuvre sensible à laquelle il faut accorder un minimum de respect, ne serait-ce que pour l’évolution du parfum. Après avoir été vaporisé, un parfum ne se frotte PAS sur le poignet comme on frotterait un plat à gratin dont la saleté ne veut pas partir, même après avoir trempé 3 jours dans de l’eau savonneuse… Qui aurait l’idée d’appuyer sur Avance Rapide pour écouter une chanson ? Personne. Bon, bah pour les parfums, c’est pareil.]coffret_bois

Voilà, maintenant que le quart d’heure des réclamations est passé revenons-en à notre petit coffret. Le livret d’accompagnement à l’intérieur est bien fait, avec une petite introduction sur le fonctionnement du système olfactif ainsi que quelques conseils pour exercer son sens de l’odorat. J’ai particulièrement apprécié les encouragements à sentir la mouillette à intervalles réguliers (plusieurs heures après l’avoir imprégnée), puis à noter les impressions, les sensations et les évocations. Quelques lignes vierges dans le carnet sont d’ailleurs prévues à cet effet, à côté de la fiche signalétique de chaque matière. On trouve enfin, sur la page de chaque matière des informations sur l’odeur en elle-même, des éléments d’histoire, des citations… Une référence est faite enfin à plusieurs parfums contenant le produit en question, ce qui rend le jeu beaucoup plus concret et aiguise la curiosité.

En conclusion, je dirais que ce coffret est un excellente entrée en matière lorsque l’on veut amorcer une petite éducation à sentir, à apprivoiser son sens de l’odorat et à comprendre le plaisir que l’on peut éprouver à sentir. Pour un public averti, le contenu n’est pas suffisant, mais je ne me suis pas ennuyée et j’ai pu faire découvrir ce coffret à des proches avec plaisir et facilité. Je dirai donc que c’est un excellent cadeau ou outil de vulgarisation. Il devrait d’ailleurs être utilisé par tous les professeurs de collège et de lycée durant les cours d’Olfaction qui devraient exister depuis bien longtemps…

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Nez à Nez : L’Hêtre Rêvé

Bois tendres et secs. Douceur, réconfort, chaleur. Estival, printanier, hivernal? Je ne sais pas trop. Cela faisait un moment que je ne m’étais pas aussi bien retrouvée dans un parfum.

Ce qui est assez extraordinaire avec l’odorat, c’est que l’on a jamais vraiment fini de découvrir les odeurs, d’abord parce que l’on peut en découvrir de nouvelles tout le temps et tous les jours, et parce que les sensations qui les accompagnent varient, sans que jamais on ne soit exactement dans la même situation deux fois de suite. Deux parfums qui se ressemblent ne donneront pas souvent la même sensation, même si on décèle la ressemblance. La ressemblance n’a rien de gênant, dans la mesure où le parfum exprime quelque chose de personnel, de nouveau, de différent, d’unique. Quelque chose que seule la ou les personnes qui y ont travaillé connaissent, un sentiment unique.

C’est l’idée que je me suis faite chez Nez à Nez. L’art de se sentir différent , la devise de la boutique, ne tient pas tant au révolutionnaire des compositions mais plutôt à la charge émotionnelle, sentimentale qu’ils transportent. C’est la grosse différence avec une parfumerie grand public où les fragrances sont figées, froides, monotones et rigides. C’est ce qui différencie à peu près toutes les parfumeries de qualité des autres. Je me suis un instant demandée si les faveurs que j’avais pour ces parfums venaient simplement du fait que la maison se voulait « confidentielle », ou « de niche » comme on dit. Si Hugo Boss avait sorti Ambre à Sade, aurais-je eu la même réaction? … Bon, d’accord, Boss n’aurait jamais sorti Ambre à Sade, ni même aucun autre parfum de la ligne de Nez à Nez. J’en ai conclu que j’appréciais ces parfums à leur juste valeur : ce sont des compositions de qualité (tant au niveau des composants, qu’au niveau de l’exécution), mais surtout, et c’est ce qui a fait la différence pour moi, il s’agit de parfums expressifs. Des parfums qui parlent, qui nous susurrent des choses à l’oreille quand on les porte, qui s’adaptent à un vécu et à une histoire, qui se font uniques sur chacun. Et cela, parce qu’au départ ils sont uniques, comme un tableau. Cette comparaison n’est pas innocente lorsque l’on sait que l’un des deux propriétaires de la marque, est un artiste peintre. Christa Patout semble être celle qui a accompagné en majorité la création olfactive, en collaboration avec Karine Chevallier, le nez qui se cache derrière les compositions. Stéphane Humbert Lucas, le mari de Christa Patout, a sans nul doute créé l’univers visuel de Nez à Nez, et l’on peut admirer plusieurs de ses toiles (si je ne m’abuse) à la boutique parisienne, rue Quincampoix.

Les créations de Nez à Nez ne sont pas complètement inédites et novatrices, et ressemblent peut-être à d’autres produits déjà présents dans l’offre des concurrents, mais ce sont, cependant, de vraies créations, où l’on sent que pour chaque parfum, il y a eu une idée de départ, une sensation, qui a réellement investi le parfum. Je n’ai pas tout aimé (heureusement), mais parmi mes coups de coeur se trouve l’Hêtre Rêvé. Quel titre! Pourtant, on est pas loin d’une atmosphère onirique lorsqu’on le porte. C’est un bouquet de bois secs et chaleureux. Très doux, il suggère une atmosphère cotonneuse. Je ne me suis pas un instant demandée s’il m’allait bien, s’il m’était adapté, s’il m’évoquait quelque chose… Je me sentais bien en le portant, quelque chose d’assez évident pour que l’on n’ait pas vraiment besoin de l’expliquer. Mais c’était assez rare pour que je le remarque. Si je devais lui trouver un équivalent au niveau de la sensation, je le rapprocherais de Muscs Koublaï Khan de Serge Lutens. L’Hêtre Rêvé se compose de : Badiane, mandarine, cannelle, clou de girofle /Santal, vétiver, patchouli, cèdre, gaïac, jacaranca / Cuir, prune, muscs.

Pour en savoir plus sur les créateurs de la marque, vous pouvez lire une interview sur le blog The Scented Salamander.

Sources : nezanez.net , Osmoz

Tom Ford For Men / Suite et Fin

A la suite de mon article sur la campagne de publicité sur Tom Ford For Men, j’ai souhaité, dans un souci d’impartialité sentir ce parfum, et donner mon avis dessus indépendamment du reste. Alors je suis allée sur le stand des Galeries Lafayette, j’ai reçu un pschitt sur la main, ai dit merci et suis repartie.

Tom Ford décrit lui-même son parfum comme « légèrement sale, sensuel et sexy ». (Voir à ce sujet l’article de Now Smell This). Ce n’est donc pas un parfum propret. Mais à quoi s’attendre avec une telle description? A l’énumération des notes, je m’attendais à un vert-cuiré : citron, bergamote, mandarine, basilic, feuilles de violette, gingembre, fleur d’oranger, poivre noir, feuille de tabac, ambre, cèdre, vétiver, patchouli, mousse de chêne, cuir. J’étais assez curieuse de sentir ce parfum, car j’aime beaucoup les cuirés, et puis je voulais voir ce que pouvait bien sentir un parfum dont la campagne de pub était aussi sulfureuse. Mais parlons du parfum en lui-même.

Ce qui est sûr, c’est que ce parfum n’a rien à voir avec ce qu’a fait Tom Ford jusqu’à présent en parfumerie. Le départ est très frais, agrumes avec une note basilic sympathique. C’est le côté vert qui entre le premier en scène mais plus herbal que moussu. Jusque là, rien de très exceptionnel ou de très mauvais. J’ai attendu un peu, et puis sont enfin venus la feuille de violette et la feuille de tabac qui ont fait apparaître l’aspect cuiré-sec (nubuck). C’est le stade du parfum que j’ai préféré, mais je n’ai pas trouvé qu’il ait été vraiment présent, c’était assez discret, un peu en sourdine. Sur la fin, cet aspect a disparu, laissant place à un fond assez classique boisé. Je n’ai pas vraiment ressenti de côté sale, à part peut-être une petite impression de rusticité. Au final je me suis sentie un peu dépitée. C’est un parfum qui sent bon, dont certaines phases sont intéressantes mais qui au bout du compte est drôlement sage… Un masculin un peu basique, sans un vrai parti pris olfactif. Quelque chose d’assez passe-partout, qui devrait plaire à un public assez large.

Je reprendrais alors et à juste titre il me semble, l’expression que j’ai utilisée pour le précédent billet sur Tom Ford : Gros Klaxon, Petit Moteur… La campagne est une grooooosse machine rutilante et bruyante, le parfum est un carburant bien médiocre.

L’Artisan Parfumeur : Voleur de Roses

Un orage vient de passer sur Paris. Sur mon poignet se trouve Le Voleur de Roses de L’Artisan Parfumeur. Qui aurait pu imaginer meilleur moment pour analyser ce parfum? Voleur de Roses est l’un des plus beaux patchoulis que j’aie jamais senti. Même le Patchouli Patch de la même maison ne lui est pas comparable. Car Patchouli Patch est certes quasiment pur, mais il est plus rustique que Voleur de Roses, qui à la rusticité a marié l’élégance.
C’est un parfum que l’on n’aime pas forcément du premier coup. La première fois que je l’ai senti, je l’ai trouvé trop atypique, une note originale, mais que je ne me voyais pas du tout porter tant il me rappelait l’odeur des tapis humides de feuilles mortes. Il y avait aussi cette sensation vineuse et rouge, pas vraiment adaptée à un parfum me semblait-il… Puis un jour j’en ai reparlé avec une collègue qui avait eu pour ce jus un coup de coeur foudroyant. L’ayant ressenti sur elle, ma curiosité s’est réveillée, il lui donnait une belle présence; fraîche et confortable.

Voleur de Roses vaporise (au sens propre) une ambiance autour de lui. Il n’est pas excessivement travaillé et ne se décline pas en une interminable succession de facettes. Alors je l’ai essayé. Quand on le met, on respire une bouffée d’air frais dans un sous-bois à l’automne, puis on trempe les lèvres dans un verre de bordeaux. Quand les notes rosées se dissipent, le patchouli nous habille telle une étole de velours rouge pourpre. Un contraste frais-chaud se met alors en place et ne vous quitte plus : une impression juteuse de pêche de vigne relevée par une sorte de touche cacao-boisée (chocolat noir, d’ailleurs bien plus présente dans Patchouli Patch) apportée par le patchouli. La composition est plutôt minimaliste : notes rosées fraîches/Prune/Feuilles de Patchouli/Patchouli. Finalement, c’est le rapprochement avec le vin qui lui donne pour moi son élégance insoupçonnée, et bien qu’il soit classé dans les masculins, il m’évoque une allure bien plus féminine que masculine.

Pendant un moment, j’ai pensé que le patchouli à trop haute dose ne m’allait pas. Je n’ai pas du tout aimé Euphoria de Calvin Klein dont la note patchouli-glucose surdosée m’avait écoeurée. Même sensation avec Patchouli de Réminissence, probablement l’un des plus connus, qui prenait des accents un peu vulgaires sur ma peau. J’avais ensuite essayé Angel de Thierry Mugler qui ne m’a pas déplu, mais je suis restée effrayée par ce bois jusqu’à ce que je porte Voleur de Roses et que je puisse admirer son évolution luxueuse sur la peau. Parce qu’en vérité, le véritable luxe d’un parfum, qui le démarque vraiment du reste, c’est une belle matière. Car une matière de qualité se suffit à elle-même, nul besoin de la travailler à outrance, de lui donner des accents trop marqués qui lui feraient perdre la richesse naturelle qu’elle détient déjà. Je ne veux pas dire par là que les parfums très construits, contenant de nombreuses matières, sont mauvais ou sans intérêt. Mais je ne boude pas la simplicité lorsqu’elle se présente et qu’elle est réussie. Voleur de Roses est sobre, c’est ce qui le rend si atypique.

Il est aujourd’hui une sorte d’évidence, il me fait, à peu de chose près, le même effet qu’Une Folie de Rose des Parfums de Rosine, je me sens bien, il me va, quels que soient le jour, l’heure, la saison.

Disponible en 50ml et 100ml dans toutes les boutiques L’Artisan Parfumeur et Grands Magasins.

Sources : Photos : Sous-bois : ecl.ac-orleans-tours.fr/clg-ernest-bildstein-gien/, Vin : http://www.la-cave-a-vin.fr, Flacon : http://www.lamurefavorite.com ; Basenotes

Yves Saint-Laurent : Rive Gauche

Nez Bavard visite les classiques en ce moment. En effet, dans un souci d’éducation olfactive et de mise à jour de ma base de données, je m’applique depuis quelque temps à sentir et à découvrir (ou redécouvrir) des grands classiques de la parfumerie. Ce qui fait beaucoup de travail et d’évaluations à faire ! Le N°5 et Cristalle de Chanel ont déjà été critiqués, aujourd’hui j’ai choisi Rive Gauche d’ Yves Saint-Laurent. Rive Gauche, créé en 1971, m’a immédiatement fait penser, lorsque je l’ai senti, à une belle femme à la peau blanche, au rouge à lèvres rouge carmin et chapeau en feutre noir. Cela fait un peu penser à Blanche-Neige mais ce n’est pas exactement là où je veux en venir… Rive Gauche dégage l’élégance avec une parfaite maîtrise. C’est la touche Yves Saint-Laurent, celle devant laquelle on ne peut que s’incliner. Son odeur est classique mais vraiment séduisante. C’est l’un des parfums pour lequel j’ai le plus d’images « clichés » en tête : c’est, pour moi, un parfum parisien, pour une femme de 30 à 35 ans, le genre femme d’affaires indépendante et terriblement chic. Je n’étais pourtant pas née lorsque ce parfum est sorti, je n’ai donc pas connu son lancement et n’ai quasiment jamais vu ses visuels. Mais en cherchant, c’est effectivement à ce type de clientèle que ce parfum était destiné : une femme citadine habillée d’un beau rouge et de collants noirs.
Mais j’ai connu l’empreinte Rive Gauche par le biais de ma maman, et bien que je n’ai aucun souvenir qu’elle l’ait porté un jour, je me souviens très nettement qu’elle avait dans ses produits de maquillage un petit tube bleu dur de la ligne Rive Gauche d’ Yves Saint-Laurent. Le rouge était d’une couleur sublime et sentait d’ailleurs fichtrement bon… Je pense que c’est pour cela que j’ai du mal à me défaire de cette impression d’un parfum urbain pour une femme affirmée. Quand je recherche d’autres évocations, j’en reviens toujours plus ou moins à cette notion d’élégance : comme vêtement, ce serait un superbe manteau en fourrure, comme accessoire, ce serait une paire de lunettes de soleil noires.
Son odeur est assez abstraite, comme le N°5, c’est un fleuri aldéhydé. Les fleurs sont pour mon nez assez difficilement détectables, il forme pour moi un tout, un ensemble harmonieux et travaillé. Il se compose de : Aldéhydes, citron, bergamote, feuilles vertes / Rose, jasmin, gardénia, chèvrefeuille / Vétiver, fève tonka, santal, mousse de chêne.

Ce parfum est avec Paris, le deuxième parfum d’ Yves Saint Laurent qui soit inspiré par la ville de Paris. Il y a derrière ces créations une symbolique toute particulière qui me touche et que je comprends bien, pour moi qui aime cette ville de manière inconsidérée.

Sources : OsmoZ, Images de Parfums

Christian Dior : Bois d’Argent

Retrouvez cet article ici : http://poivrebleu.com/2007/02/25/perfume-christian-dior-bois-dargent/

Bois d’Argent fait partie de 3 eaux de Cologne créées en 2004 par Hedi Slimane, et qui mêlent toutes 3, classicisme et modernité. Bois d’Argent est incontestablement ma préférée, bien que Eau Noire me fasse chavirer presque tout autant (Cologne Blanche étant plus classique). Ne vous fiez pas à l’appellation « eau », ces parfums sont pleins, intenses, construits, et tiennent très bien.
Les flacons sont très sobres : de grands cylindres (200 ml) surmontés d’un bouchon en laque noire, le tout dans un étui cylindrique blanc, le nom inscrit en relief noir.

Bois d’Argent est un parfum de classe absolue. Il est à la fois simple et sophistiqué, dense et aérien, doux et fort, masculin et féminin. C’est un équilibre (presque) parfait entre ses composants. Dans la liste de mes notes parfumées favorites, je dois rajouter aujourd’hui le bois, après le cuir et la pivoine (ainsi que la tubéreuse et l’encens). Bois d’Argent rappelle Bois d’Arménie de Guerlain, par son côté sec, sauf qu’ici, au lieu d’être poussiéreux, il est poudré, comme la coiffeuse d’une élégante dame, sur le bois de laquelle s’est déposée un peu de poudre libre. Je suis prudente avec les notes poudrées car dans certains parfums, je ne les aime pas du tout, elles peuvent rapidement prendre toute la place et étouffer l’ensemble du parfum. Mais ici, elles sont subtiles et délicieuses.
Bois d’Argent est composé comme suit : T : Encens du Yemen/Absolu Iris ; C : Myrrhe de Somalie/Patchouli ; F : Miel d’Alicante/Cuir du Sahara.
On note la présence de l’encens et du cuir, qui sont représentés de façon très délicate dans ce parfum. La myrrhe et l’encens apportent un côté balsamique enveloppant, le miel et l’iris une douceur infinie. Le jus est d’une couleur dorée claire qui parachève la touche de chaleur duveteuse de Bois d’Argent. On sent dans ce parfum le côté aérien de la poudre, ainsi toute sa finesse, au moment même où l’on décèle la fluidité du miel et la souplesse du cuir.
Aaaaaaaah!! Il me suffit d’en déposer une touche sur le dos de ma main pour avoir l’impression de répandre une lumière douce et blanche comme celle de l’aube. La référence au métal (l’argent) dans le titre le confirme : ce parfum est blanc, et sa note boisée aussi, mais il n’a absolument rien de métallique. Le patchouli qui souvent donne une impression humide aux parfums est ici sec et lisse, comme transparent. Sa touche boisée est présente, mais sa force est atténuée, elle est plus sensible, et stable (a contrario de Bois d’Arménie). D’ailleurs ce parfum est assez régulier, la note de fond n’est pas radicalement différente de la note de tête, il est presque possible de retrouver chaque élément du jus tout au long de son évolution.
Porter Bois d’Argent, c’est être sobre, élégant et discret à la fois. Par son côté lumineux et blanc, c’est un parfum à porter le jour, à vaporiser uniformément sur la poitrine et les bras, en fines gouttelettes, aussi fines que les particules d’une poudre.
Ces trois eaux de Cologne ont été éditées en 2004, et sont arrivées un peu comme des exceptions dans l’univers Dior actuel, si bien que pendant un moment j’ai cru qu’il s’agissait de reéditions de l’époque de Monsieur Dior! Mais je pense que c’est plutôt un signe d’excellente qualité, et la preuve que le classique sobre est aussi beau et épatant que le style extravagant et décalé de Monsieur Galliano…

Source : OsmoZ

Guerlain : Bois d’Arménie

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Bois d’Arménie de Guerlain fait partie des 4 fragrances exclusives sur le thème de « L’art et la Matière ». Après la critique de Cuir Beluga, que j’adore porter en soirée, j’ai souhaité présenter Bois d’Arménie, car je n’avais pas pris assez de temps pour l’apprécier lors de mon après-midi aux Champs-Elysées. A côté de Cuir Beluga, ce parfum pourrait paraître moins majestueux. Il est en réalité beaucoup plus intime et feutré, mais néanmois très dense, je n’ai pas pu résister à sa force veloutée.
Sa composition : Encens, Iris, Poivre rose/ Bois de Gaïac, Benjoin, Coriandre/ Patchouli, Baume de Cupahu, Musc.

L’image va peut-être paraître surprenante, mais sur ma peau, Bois d’Arménie me fait penser à un meuble, ou plutôt à une pièce : la bibliothèque. Comme celle du jeu de société, le Cluedo : une pièce privée exessivement calme, pas trop grande, le sol recouvert de moquette et de tapis, la lumière tamisée, les étagères recouvertes de livres aux belles reliures, deux ou trois grands fauteuils confortables pour lire… Et une odeur de sérenité, de calme, de réflexion : très sèche, un peu poussièreuse, et surtout boisée. Bois d’Arménie rappelle le Papier d’Arménie, un papier très parfumé (benjoin enssentiellement), qui lorsqu’on le fait brûler (par petites bandelettes), dégage une odeur balsamique et vanillée très appréciée pour désodoriser l’air ambiant. Bois d’Arménie a adopté cette odeur de papier, mais développe un aspect beaucoup plus fort : celui du bois. Cela lui donne une forte densité, il est de plus très sec et chaud, et a un petit côté poussièreux, comme dans la bibliothèque. Ce jus reconstitue l’odeur d’un bois parfumé. Il est parfumé de par sa nature mais aussi parce qu’il a vécu, et qu’il s’est imprégné des ambiances successives qui se sont créées autour de lui. Sur la peau le parfum évolue comme un meuble se patine, d’abord assez brut (comme jeune) piquant de poussière, il s’étire vers un aspect polissé et patiné (comme vieux), et gagne en sagesse.
Encore une fois, l’effet « matière » voulu par le thème de départ est particulièrement bien représenté.
Bois d’Arménie c’est une odeur calme et puissante (elle m’évoque force et équilibre). Il n’est pas enveloppant comme Cuir Beluga, tout en lui m’évoque la sagesse : l’association avec l’image de la bibliothèque, la force et la beauté du bois, son évolution olfactive de brute à patinée.

Il est mesuré autant qu’imposant, il peut parfaitement convenir à une femme autant qu’a un homme, et se porte à volonté toute la journée. Je ne me considère pas prête pour porter un tel parfum, car il est mature, et bien que je me sois vraiment attachée à la sensation de calme qu’il me procure, je ne me vois pas le porter quotidiennement.

Sources : OsmoZ

English Version
Bois d’Arménie from Guerlain is part of the 4 fragrances created in 2005 for « L’art et la matière ». I’ve discoverd Bois d’Arménie some time ago and here is my review. I’ve already reviewed Cuir Beluga, next to it, Bois d’Arménie could smell less somptuous. In fact, it is much cosy, intimate and felted, nevertheless, it is very dense, I could not resist to its velvety force.
Its composition : Incense, Iris, Pink Pepper / Gaïac Wood, Benzoin, Coriander / Patchouli, Copahu balm, Musc

Maybe this image could be surprinsing, but on my skin, Bois d’Arménie makes me think about furniture, more than that, a room : the reading-room. A private room extremly quiet, the ground coverd by carpets, filtered lights, beautiful books, and some big confortable armchairs to read…The odor of serenity, calm and reflexion : very dry, a little bit dusty, and especially woody. Bois d’Arménie was inspired by Le papier d’Arménie a secial perfumed paper (bezoin), who release a balsamic and vanilled scent, when it burns. The perfume has the smell of this paper, but it also developps another strong aspect : the wood. Bois d’Arménie is very dense, warm and dry, and I found this little dusty impression, that I like the most.
The « material » aspect is really well done, this is a perfumed-wood that is represent by Bois d’Arménie. The scent is all long woody, it is brutal first (like young), and then it evolves weathered and polished (like old), it finished wise. This scent is calm and powerful (it evocates me strenght and stability), everything on it makes me think of wisdom.

It is measured as well as imposing, it is appropriate for men and women, all day long. Personnaly, though I love the sensation of serenity it gives me, I find it mature, for someone how have already lived important experiences.

Sources : OsmoZ


La Wish-List de Nez Bavard

Parfums Bois d'Argent - C. Dior / Ambre Narguilé - Hermès / L'eau de l'eau - Diptyque / Angélique Noire - Guerlain / Splash Forte - IUNX / Egoïste - Chanel / Iris Silver Mist - Serge Lutens / Vétiver Tonka - Hermès
Bougies Amber Ambush - Memo / Foin Coupé - Diptyque / Maquis - Diptyque / Orangers en Fleurs - L'Artisan Parfumeur

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