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Investigations en terres masculines I

Nous le savons bien, le sexe en matière de parfum n’existe pas vraiment. Il ne correspond à aucune réalité olfactive, malheureusement, même lorsque l’on est averti, le réflexe d’aller piocher dans la rangée du sexe opposé n’est pas forcément automatique. C’est pourquoi Nez Bavard s’est vu confier une petite mission par les Services Secrets Parfumés. Etablir une liste de parfums dits « masculins » qui pourraient être portés par les femmes. Selon le succès de sa mission, il se prêtera à l’exercice inverse. Nez Bavard a donc repris avec grand plaisir ses investigations, voici cette semaine l’exposé de son rapport.

Chanel : Egoïste

Comme beaucoup de femmes avant moi, Egoïste est le premier masculin que j’ai eu envie de porter. Chanel a délibérement cherché à donner un aspect androgyne à ce parfum. D’ailleurs la publicité de 1990 nous le montre, avec toutes ces femmes maudissant le rustre mâle qui garde pour lui cette fragrance sensuelle et délicieuse. Cela dit, personne n’est obligé de dire à Jules qu’on lui a piqué son parfum parce qu’il sent vraiment bon, et qu’en plus il nous va particulièrement bien. Soyons clair, ce parfum est parfait sur peau de femme comme sur peau d’homme. Nous ne sommes pas encore dans la dérive alimentaire et le power sugar qui suivra quelques années plus tard, mais il développe avec douceur et finesse un aspect sucré qui picote gentiment le bout de la langue.

Le départ pétillant (mandarine) devient rapidement aromatique épicé avec la coriandre et surtout l’entrée en scène quasi immédiate de la cannelle. Celle-ci, très justement dosée, n’a rien d’écoeurant mais est assez puissante pour faire presque passer inaperçues les notes fleuries de rose et d’oeillet. Il se développe bien un aspect poivré-aromatique : il me semble presque deviner une pointe de lavande qui restera présente très longtemps sur la peau alors que la fragrance prend une tournure de plus en plus chaude, plus sèche et dans le même temps plus miellée : le santal, la cannelle, la vanille et l’ambrette se partagent la scène, avec une petite supériorité de la cannelle et de la vanille sur ma peau. Le fond s’éternise pour notre plus grand plaisir. Egoïste est bien un Chanel, difficile à décrire, dense plutôt mystérieux et agréable à porter. Il ne se dévoile qu’à peine, mais on sent, sous ses airs de séducteur sage, une sensualité et un charme sans limite…

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Chanel : Coco Mademoiselle

Aujourd’hui était la journée parfaite du parfum T-shirt. Une belle journée à peine voilée, une légère brise qui file sur vos jFlacon Coco Mademoiselle (c) Chanelambes, une paire de sandales et votre T-shirt blanc. Le tout parfumé avec Coco Mademoiselle. Conçu en 2001 par Jaques Polge, il a marqué le début d’un nouveau type de construction olfactive : les nouveaux chypre. En effet, contraints par la règlementation européenne de restreindre, voire d’annuler l’utilisation de mousse de chêne dans les compositions de chyprés, les parfumeurs ont dû s’adapter pour retrouver la sensation de matière fraîche et fusante puis dense et terreuse du parfum chypré. Je suppose qu’un substitut synthétique a pu être trouvé, ou bien plus simplement, que l’accord bergamote-rose-vétiver-patchouli a pris le pas sur le classique bergamote-rose-mousse de chêne-patchouli. Ce nouveau type de construction a été repris par la suite, notamment chez Narciso Rodriguez for Her, Agent Provocateur, Liaisons Dangeureuses de By Kilian, mais aussi chez Chanel avec Chance qui suivra 2 ans plus tard. Chance est d’ailleurs à mon goût plus abouti que son aîné, dont les accents sont plus doux et moins anguleux.

L’abandon de la mousse de chêne (nous en sommes tous désolés) donne un peu moins de profondeur aux créations chyprées. Cependant, cette contrainte a aussi permis d’alléger la composition et de la rendre plus lumineuse comme c’est le cas ici. Combiné à une puissante dose de musc blanc, le parfum est présent mais dans un aspect suave et arrondi. Coco Mademoiselle est l’illustration parfaite du parfum que l’on aime mettre après la douche, celui qui vous donne la sensation de rester propre tout en vous habillant. La publicité récente avec Keira Knightley illustre assez mal ce que je ressens lorsque je le mets. En effet, comme beaucoup de créations Chanel, Coco Mademoiselle n’est pas là pour être effacé et faire son timide, mais je lui trouve une simplicité et une fraîcheur douce qui ne s’accordent pas avec les attributs de soirée. Toujours est-il que l’on s’y sent bien dans ce parfum, comme dans son T-shirt.

Peut-être faut-il lui reprocher d’être un peu trop porté par les jeunes filles de bonne famille, des beaux quartiers, qui portent au bout de leur bras des sacs trop chers pour le commun des mortels et qui se parfument (s’il vous plaît) avec un Chanel, tout ce qu’il y a de plus respectable en somme. Mais le confort est à ce prix… Son succès est, quoiqu’il en soit, incontestable. Je ne sais pas s’il n’avait vocation au départ qu’a être un flanker de Coco, si tel est le cas, c’est certainement le flanker le plus rentable qui ait été lancé ces dernières années tant la gamme de produits dérivés s’est étendue. C’est un parfum dont la modernité a du bon, et qui me fait espérer encore de belles choses pour la parfumerie grand public.

Chanel : N° 22

N° 22 de Chanel. De quoi s’agit-il exactement? Il fut lancé en 1922, un an après le numéro 5 et composé aussi par Ernest Beaux. Le N° 5 aura le succès que l’on sait. Nombreux sont ceux qui font le lien entre les deux parfums, si proches dans le temps, et qui ont vraisemblablement été conçus à la même époque, puisqu’Ernest Beaux présenta à Mademoiselle Chanel deux séries de flacons, numérotés de 1 à 5 puis de 20 à 24 pour le choix de son premier parfum. La proximité entre les numéros 5 et 22 est évidente puisque ces deux créations jouent sur le thème du bouquet floral abstrait et sont une parfaite illustration de l’utilisation réussie des aldéhydes. Ils sont certes liés par les matières premières qui sont presque les mêmes, mais ils n’ont, à mon sens, rien à voir l’un avec l’autre. Ils expriment deux situations, deux univers, deux types de sensations assez différentes.

La façon dont les matières se développent dans ce parfum est vraiment saisissante. La tête est (désormais) classique, bergamote et aldéhydes rapidement suivis par une rose cosmétique, poudrée, crémeuse, très ronde. La présence légèrement crissante et savonneuse des aldéhydes est un peu envahissante dans les premiers instants mais elle pose le décor et l’ambiance. Le coeur est foisonnant de généreuses fleurs blanches : ylang-ylang, jasmin, tubéreuse, muguet, lilas, fleur d’oranger, le tout sur un fond solide de vétiver, vanille, encens et peut-être même une pointe de cuir.

Pour moi, c’est sans hésiter, le plus beau des parfums Chanel qui m’ait été donné d’essayer à ce jour, série Exclusifs et grand public confondues, du moins c’est celui qui m’inspire le plus de respect et d’admiration. D’autres tels que Coromandel et le divin Cuir de Russie méritent une attention particulière, mais une fois le N° 22 senti, c’est celui-là désormais qui reste à l’esprit et qui vient lorsque l’on pense à Chanel. Plus encore que le N° 5, car, bien que ce dernier garde toutes les qualités d’un grand parfum, le N° 22 développe un éventail de facettes toutes plus riches les unes que les autres. Il ne cesse d’évoluer sur la peau, oscille entre les odeurs sourdes et lumineuses, et dégage incontestablement une présence hors du commun. Je ne vous cache pas qu’il est assez difficile de le décrire, parce qu’il n’a rien de monotone, de précis et d’attendu dans son évolution.

L’ impression très poudrée sur le départ, devient un peu plus huileuse avec la présence marquée de l’ylang et de la tubéreuse, encore après il y a l’aspect rond de la vanille, et alors la poudre revient… Et comme ça durant des heures. Tout le long les aldéhydes et l’encens (qui a une place particulière dans ce parfum) accompagnent le train et orientent la perception. Mais rien ne se distingue vraiment, les odeurs senties ne sont jamais évidentes (c’est le but, me direz-vous), comme si on voulait nous amener à percevoir un ensemble, une odeur. Les sensations autour du N° 22 sont, de fait, mélangées. Il développe quelque chose de séduisant, chatoyant, un soupçon aguicheur avec son côté cosmétique de femme apprêtée. Puis, d’une autre manière, il a un côté tendre, rond et souple, toujours dans un aspect très féminin, mais plus frais. Le tout est un brin rétro, et révèle une atmosphère suave et moelleuse.

La légende dit que le N° 22 était celui que portait Mademoiselle Chanel, laissant aux autres le N° 5. Légende ou pas, j’ai tendance à sentir le numéro 22 comme plus abouti, plus paisible et finalement plus beau que les autres. Son intemporalité est associée à une indifférence à l’âge, n’importe qui peut le porter. C’est en cela qu’il constitue pour moi une autre référence, plus intime, peut-être moins universelle qu’une autre, mais plus authentique, me semble-t-il.

Le N° 22 fait désormais partie de la collection Les Exclusifs de Chanel disponibles uniquement en boutique Chanel, dans un flacon de 200 ml pour 190€.

Sources : Basenotes, OsmoZ. Photos : Esther Williams

Jeudi, c’est presque patchouli

Oui, parce qu’aujourd’hui nous parlerons de Patchouli, mais Nez Bavard s’est autorisé une petite entorse à la règle soliflorale… Pourquoi ne pas aborder une composition plus complexe sur le thème de cette semaine? Parce qu’il est intéressant de voir comment on peut aborder les différentes facettes de ce coquin charmeur, mais il est aussi important de voir comment il peut s’insérer dans une construction.

Antaeus de Chanel. Tout un programme ! Un vrai masculin puissant et viril des années 80 (1981 précisément) avec sa belle charrette d’aromates et de photos d’hommes musclés. Bon, je vous épargnerai la légende grecque qui nous dit qu’Antaeus est le fils de Gaïa (La Terre) et de Poséïdon, que c’est donc un dieu avec tous ses attributs. Un peu comme notre parfum en fait : myrte, lavande, sauge sclarée, thym… Tous des aromates que les Grecs faisaient brûler et dont les émanations parfumées nourrissaient les dieux de l’Olympe. Mais cet Antaeus a plus d’un tour dans son flacon, c’est aussi un vrai cuiré-boisé, qui doit super bien s’entendre avec Kouros d’Yves Saint Laurent (les 2 contiennent du patchouli d’ailleurs). Sortis la même année, ces 2 parfums sont typiques de l’ambiance olfactive masculine de l’époque, mais je trouve qu’Antaeus a mieux vieilli.

Le bouquet aromatique de départ est très classique, vif et rafraîchissant et bien sûr très typé. Suivra un long stade oscillant entre les aromates et un cuir qui se fait de plus en plus présent, légèrement brutal. Mais enfin, le voilà qui pointe du nez, avec nonchalance et assurance, Patchouli entre en scène. Il est dans ce parfum une sorte d’invité d’honneur, il est présent parce qu’il est utile pour assurer une charge érotique au parfum tout en calmant le côté un peu enragé du castoreum. Posé sur des coussins de ciste et de mousse de chêne, il donne au fond de ce parfum une présence irrésistible. C’est le moment le plus abouti du parfum, on sent tous les composants dans leur juste proportion, tout le monde est à sa place, les bords sont arrondis. Le tout est rassurant et chaleureux avec une petite touche séductrice.

Malgré son aspect légèrement « vieux beau » des années 80, Antaeus mérite d’être senti à nouveau (et surtout essayé car c’est vraiment le fond qui est le plus flatteur). Le patchouli est dans cette fragrance vraiment mis en valeur, il participe au fond au même titre que la mousse de chêne qui renforce l’accent vert et terreux, et donne avec le ciste labdanum la part féminine du parfum.

Jamais Patchouli ne lasse.

Chanel : Chance

Aahahahahahahahahah!!

Ca, c’est l’effet Chance… Un éclat de rire permanent, voilà ce qui se produit lorsque l’on porte Chance de Chanel. Un parfum fait pour sourire, rire et s’esclaffer. C’est ce qui m’a plu en lui, et ce qui explique certainement les raisons de son succès. Il n’est pas particulièrement révolutionnaire, c’est un beau fleuri pétillant et féminin, très plaisant. C’est un clin d’oeil complice, un soleil au beau fixe, une note d’optimisme. Une recette un peu magique, même si elle est classique. Certains ne lui trouveront peut-être rien d’extraordinaire, moi je le trouve justement assez simple pour qu’on puisse inventer sa propre histoire avec. Il se porte si facilement… que ce serait bête de s’en priver! Chance de Chanel s’est présenté comme un parfum inattendu, à la composition nouvelle : l’accord inattendu. C’est en réalité une composition un peu différente de la traditionnelle pyramide, une composition en facette, en constellation, en diament, ou en spirale. Cette architecture donne au parfum une nouvelle perception et une évolution différente. Il « évolue » justement assez peu, la note reste globalement la même tout au long de la journée, mais les éléments brillent de façon différente chaque fois que l’on sent le parfum, tel instant on percevra le jasmin, tel autre la rose…

C’est une construction plutôt intéressante lorsque l’on recherche de la constance dans un parfum. Chance n’est pas le seul à être construit ainsi, il y a aussi Allure (l’un des premiers) et Insolence chez Guerlain. Pour Chance, le citron, les baies de roses, la jacinthe, l’iris, le jasmin, les muscs blancs, le vétiver, le patchouli et l’ambre alternent sur la peau. J’aime beaucoup Chance parce qu’il est riant, même s’il n’a pas l’exceptionnelle profondeur d’Eau Noire ou la classe de Cristalle, il est rafraîchissant, et tout à fait adapté à la saison printanière et au beau temps. Le porter c’est être rayonnante, comme un large sourire sur un visage épanoui.

La parfaite rondeur du flacon fait écho à cette impression de rire permanent, même si en réalité, c’est une sorte de réponse à la parfaite rectitude du flacon de N°5. Chance n’a pas le sillage et l’accord inoubliable du N°5, il tient bien, mais son souffle est léger, parfait donc pour le temps doux ou chaud.

Source :OsmoZ

Chanel : Cristalle

Un parfum vert prairie et saisissant comme l’eau fraîche d’un ruisseau de montagne. C’est Cristalle de Chanel. Créé en 1974 par Henri Robert en Eau de Toilette, il a été repris 20 ans plus tard par Jaques Polge qui a créé la version Eau de Parfum. Cristalle est riant, un coup de fouet fleuri qui claque, aussi impressionnant que la nature à l’arrivée du printemps, qui se met à verdir de toutes ses forces. Il sent la tige verte de la jonquille et est aussi transparent que l’air après la pluie. C’est un parfum particulier, en effet très vert, de ceux que l’on a perdu l’habitude de sentir avec la tendance actuelle. J’ai pris plaisir à le découvrir et à le suivre évoluer sur ma peau. Il correspond à une envie de saison, un parfum moins chaud que ceux de l’hiver, qui sente le printemps sans être non plus une eau légère. Il fait penser à de l’eau mais n’est pas du tout aqueux, n’a pas de note « mouillée » proprement dite, mais une impression de transparence tonifiante.
Le départ est vert crissant à cause du galbanum, c’est d’ailleurs le même départ que le N°19, un parfum vert lui aussi. Puis il se déplace vers une chute de fleurs fraîche : jacinthe, chèvrefeuille, jonquille, jasmin, ylang-ylang, pour rebondir sur la mousse de chêne et les racines du vétiver. Cristalle développe l’accord chypré de base (mousse de chêne, patchouli, labdanum, bergamote…) et l’entoure de fleurs. L’ensemble fait très spontané et sincère, il est sophistiqué juste ce qu’il faut pour être élégant mais sobre. Je sens sur ma peau surtout la jonquille et la jacinthe, j’aime particulièrement cet accord qui me fait vraiment penser à une fleur sentie en plein air. La jonquille dont on parle ici et qui est utilisée en parfumerie est un narcisse de la famille des Amarillydacées. Cristalle est le premier parfum vert que je découvre qui sente autre chose que le bambou.
Ce parfum donne réellement envie d’être porté. Pour une jeune fille, il est bien plus attractif et adapté que le N°5, qui est tout de même assez chargé. Mais une femme plus âgée, l’apréciera justement pour son allure jeune et sa teinte verte pleine d’espoir : le vert est la couleur de l’espérance. Il convient à une humeur joyeuse et enjouée, mais il redonnera le sourire les jours de pluie, et donnera de la vitalité les matins difficiles (dont je suis une championne). Plus que d’autres, c’est un parfum que l’on a envie de vaporiser en brume pour qu’il se dépose sur la peau comme la rosée. Le vaporisateur rectangulaire de Chanel est tout à fait adapté pour cela, il diffuse un large jet de goutelettes très fines qui humectent délicatement la peau… Prendre garde cependant à ne pas en avaler, il sent très bon, mais a très mauvais goût!

Sources : Chanel, OsmoZ, Wikipedia

Chanel : N° 5

Nez Bavard s’attaque aujourd’hui à l’un des plus grands succès de tous les temps en parfumerie : le N° 5 de Chanel. Il me fallait en effet analyser ce parfum et décrire les impressions qu’il provoquait chez moi. Je pense avoir assez attendu et l’avoir essayé assez de fois pour m’être fait une opinion à la fois subjective et raisonnée sur ce parfum. Je dois confesser que je l’ai, pendant un moment, vraiment détesté. Enervant, c’est tout ce qu’il m’inspirait. Puis j’ai lu à son sujet, vu quelques visuels (mon préféré étant sans appel celui de Carole Bouquet), ai pu profiter du battage marketing prodigieusement lourd dont il fait l’objet actuellement, et puis je l’ai réessayé. 1 fois, 2 fois… Tout en continuant mes investigations.

Ce parfum a été créé en 1921 par Ernest Beaux sur la commande de Gabrielle (Coco) Chanel. L’oeuvre de Coco Chanel est caractérisée par sa volonté de libérer la femme des conventions romantiques du XIXe siècle. Plus de corsets, de cheveux longs… Chanel recherche la simplicité et l’élégance : des lignes épurées harmonieuses, des couleurs neutres (noir, blanc, beige, or), avec une touche de fantaisie : les accessoires. Le flacon du N°5 qu’elle a dessiné elle-même est un bon exemple : particulièrement épuré, il est en rupture totale avec les flacons très travaillés de l’époque. Coco Chanel désirait un parfum en accord avec sa mode, elle a eu l’audace de lancer un parfum sous son nom alors qu’à l’époque, la parfumerie et le monde des créateurs étaient deux univers distincts.

« Je veux un parfum artificiel, je dis bien artificiel, comme une robe, c’est à dire fabriqué. Je suis un artisan de la couture. Je ne veux pas de parfum à odeur de rose, de muguet, je veux qu’il soit composé. […] Un parfum de femme, à odeur de femme. Car une femme doit sentir la femme, et non la rose. » Coco Chanel

L’originalité du N°5, toujours d’actualité aujourd’hui, tient au fait que le bouquet floral qui le compose a été rendu abstrait par des molécules de synthèse appellées aldéhydes. Elles ont la propriété d’apporter volume, tenue et puissance au parfum. Leur odeur seule est très forte, verte et incisive. En 1921 leur utilisation était très peu répandue, il s’agissait donc d’un pari audacieux. Dans la composition du parfum elle apporte en plus de la tenue et de la puissance, des facettes nouvelles et mystérieuses aux composants. Le N°5 est composé comme suit : T : Aldéhydes/Bergamote/Citron/Néroli ; C : Jasmin/Rose/Muguet/Iris ; F : Vétiver/Santal/Vanille/Ambre.
Son succès est incontestable depuis sa création, il s’agit sûrement du parfum le plus vendu au monde. Il véhicule l’image d’une femme libérée, élégante et sensuelle. En 1954, lorsqu’un journaliste demanda à Marylin Monroe : « Que portez-vous pour dormir? », celle-ci répondit : « Quelques gouttes de N°5 » Cette réponse charmante et naïve a sans nul doute participé à la construction du mythe Chanel N°5. Par la suite les plus belles femmes du monde ont posé pour ce parfum : Catherine Deneuve, Carole Bouquet… Le nom du parfum serait dû au fait qu’Ernest Beaux aurait présenté à Gabrielle Chanel deux séries d’échantillons numérotés : de 1 à 5 et de 20 à 24. Celle-ci aurait préféré le 5e et comme elle lançait sa collection le 5 mai (cinquième mois de l’année) elle aurait souhaité lui laisser son numéro : « Ce numéro 5 lui portera chance. » Ce choix est sans nul doute un coup de maître car il attise la curiosité et ne suggère pas d’a priori.

En ce qui concerne son odeur en elle-même, elle est justement assez difficile à définir. Cette impression est peut-être psychologique, mais il faut avouer que le N°5 ne rappelle pas de fleur ou de matière première en particulier. Il est entier et incisif. Pour ma part, je n’aime pas du tout sa tête. Tranchante, acide, incisive à cause des aldéhydes, elle m’énerve et je dois éviter de sentir mes poignets pendant les 20 premières minutes, sous peine de faire la grimace. Mais j’ai appris par la suite à vraiment aimer ce parfum. Il est intensément brillant et élancé, et découvre un coeur à la fois chaud, légèrement poudré, et aérien. Il m’étonne, car je le trouve audacieux, encore aujourd’hui. Il garde un côté saillant tout le long de son évolution, mais développe au fur et à mesure une densité crèmeuse et dorée réellement grisante. Ce parfum se projette en avant et a aussi un merveilleux sillage. Passé l’aspect un peu désagréable de la tête, il s’installe dans son rythme de croisière : ni trop entêtant, ni trop pâle. Son jus est d’un jaune ambré intense, le porter me donne la sensation d’être parée, brillante et de dégager une aura lumineuse. Je ne sais pas si je le porterai un jour. Il est de toute façon assez intemporel et peut être porté à tout âge, même par les jeunes filles.

Chanel N°5, l’éternel féminin…

Sources : Wikipedia, Chanel.fr


La Wish-List de Nez Bavard

Parfums Bois d'Argent - C. Dior / Ambre Narguilé - Hermès / L'eau de l'eau - Diptyque / Angélique Noire - Guerlain / Splash Forte - IUNX / Egoïste - Chanel / Iris Silver Mist - Serge Lutens / Vétiver Tonka - Hermès
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