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Ralph Lauren : Notorious / Histoire d’un désamour

Retour sur un essai par jour de chaleur.

Notorious… Quelles associations faites-vous avec ce mot ? Pour Nez Bavard, ce fut immédiatement une ambiance américaine de grosses voitures, d’épaisses chaines en or, de basket Nike… Hip/Hop, R’n’B style en somme. Et oui, parce que pour moi, Notorious, c’est la chanson de Puff Daddy featuring Lil’Kim et de feu Notorious B.I.G. , ce rappeur américain assassiné en 1996. Chanson dans laquelle on entend « No-no-notorious » (et que j’ai retrouvée grâce aux indéniables talents de chercheur de mon frère…), qui a en partie bercé mes jeunes années… Cela m’étonnerait pas que les équipes de Ralph Lauren aient cherché à établir ce type de parallèle, puisque dans la communication visuelle, on se trouve plutôt dans une ambiance de films noirs des années 50, femmes fatales et volutes de cigares…

J’avais entendu parler de Notorious lors de sa sortie en 2008, et je m’étais amusée à me demander ce que pourrait bien sentir un parfum de rappeur/rappeuse. J’étais loin du compte lorsque j’ai senti ce jus il y a un peu plus de 2 semaines, chez Manor à Genève. Le premier essai me laissait dans un halo de muscs lumineux, ponctué par des pics épicés et boisés, mais bizarrement, je n’y trouvais pas mon compte. J’étais un peu interdite, parce que j’aurais aimé un peu plus de rondeur vanillée, de profondeur boisée et surtout de sillage ! Une célébrité se remarque, surtout un rappeur ! Elle ne reste pas dans l’ombre de l’intimité… On n’est pas star pour rien, non ? Une fois le visuel découvert, il me laissa encore plus perplexe : non seulement je ne retrouvais pas mes rappeurs et leurs bijoux clinquants mais en plus, je n’y trouvait pas la classe Lauren Bacall, Ingrid Bergman et autres belles empoisonneuses… Non pas que Notorious manque  de chic, mais il ne correspondait pas au visage qui lui avait été donné.

Cela dit, ce parfum m’intéressait, je ne lui trouvais rien de commun et au contraire, tout d’original. Je crois bien que j’avais envie de l’aimer. Je suis alors partie le réessayer pour comprendre ce qui m’intriguait tant dans cette fragrance aux associations incongrues. J’avais toujours dans la tête ma chanson, qui trottait sagement du matin au soir. Et lorsque j’ai trouvé ce qui le rendait spécial à mon nez, il me fut totalement impossible de m’en débarrasser : le curry. Un curry collant et presque écœurant qui s’accrochait solidement à ma peau et au travers duquel je ne voyais plus rien. Un curry blanc peut-être, en volutes, en tissu soyeux et lumineux, mais un curry tout de même. A ce stade, plus rien ne collait, ni mes rappeurs, ni la belle Laetitia Casta, ni le flacon. Je ne me sortais pas de ma cuisine indienne et de mes doigts poisseux… Je n’ai pas l’habitude d’être rebutée par les odeurs de cuisine dans les parfums ou par les notes détournées ou surdosées, mais je n’ai jamais rencontré une telle incompatibilité de genre. Sur mon T-shirt, le parfum restait acceptable, voire presque agréable, mais sur ma peau, c’était un désastre.

Pour ma part, ce jus que je trouve néanmoins vraiment beau (quoique importable), a pour moi été victime d’associations fatales et surtout d’un manque de cohérence entre l’odeur (l’essentiel et l’élément vital de ce qui fait un parfum) et le visuel. La magnifique publicité qui a été faite par Wong Kar Wai (pour qui l’on meurt d’amour et d’admiration il est vrai) détone trop cruellement avec un parfum original mais totalement décalé et inapproprié. Il manque des fleurs (venimeuses si possible), de l’alcool, des cigarettes et de la sensualité…

Un parfum à adopter ou à détester !

Et juste pour l’amusement, voici Notorious version rap :

Une note pour Poivre Bleu

Faut-il toujours avoir raison? Faut-il toujours faire rigoureusement attention à ce que l’on dit? Un peu de fraîcheur et de maladresse est-il si condamnable lorsque l’on parle de parfum? La question est posée. J’ai eu aujourd’hui le grand honneur et le plaisir de rencontrer Olivier Cresp, qui a participé à la confection du tout dernier Lancôme, prévu pour le mois de septembre. Nous reparlerons de la discussion que moi-même et Sixtine d’ Ambre Gris, avons eue avec lui.

Mais sa rencontre et ma lecture quotidienne des blogs ont soulevé chez moi des questions. Je manque de formation, je le sais. Et j’en souffre. Je voudrais faire mieux, faire plus juste, ne pas me tromper, ne jamais me tromper. Parce qu’il n’est rien de pire pour moi, que de répéter des bêtises. Et je suis, autant que faire se peut, attentive à ce que j’écris. Je tiens à cela, parce que je tiens à ce que mes avis soient construits et aient une valeur aux yeux de celles et ceux qui les lisent. J’ai peu d’outils entre mes mains, mais ils sont là. Chacun a les siens, ce qui fait que 2 opinions sur un même parfum seront toujours différentes, c’est cela qui rend la critique riche, intéressante et constructive. Certains détails techniques ne sont connus que des parfumeurs eux-mêmes, ou des professionnels de la parfumerie. Les blogs doivent-ils répondre à une exigence d’exactitude? Est-ce bien leur rôle?

Mon avis est que non. Bien que je nourrisse tous les jours le désir de progresser et d’affiner mes avis, je ne souhaite pas devenir une sorte d’examinateur au jugement arbitraire qui ne serait plus capable de voir au delà des apparences. Je ne veux pas juger les idées, les interprétations, les impressions d’autrui. Je veux pouvoir confronter les sensations, les avis, les critiques, puiser dans les connaissances de l’un, de l’autre, pour aboutir à un tout plus riche que les parties prises individuellement. N’est-ce pas cela aussi blogger?

Journée contradictoire que celle que je viens de passer. Je suis un peu déçue ce soir, de voir que parfois, la maturité n’est pas forcément là où on l’attend, et que l’âge et les connaissances n’y font malheureusement rien. Mais Monsieur Cresp m’a fait le plaisir de parler de lui, de son métier, de donner ses impressions sur la parfumerie, et m’a montré qu’on pouvait parler à plus petit et moins aguerri que soit avec plaisir et conviction.

Voilà une petite analyse de moi-même, du chemin parcouru, et du chemin qui reste à parcourir.

Photo : Greta Garbo


La Wish-List de Nez Bavard

Parfums Bois d'Argent - C. Dior / Ambre Narguilé - Hermès / L'eau de l'eau - Diptyque / Angélique Noire - Guerlain / Splash Forte - IUNX / Egoïste - Chanel / Iris Silver Mist - Serge Lutens / Vétiver Tonka - Hermès
Bougies Amber Ambush - Memo / Foin Coupé - Diptyque / Maquis - Diptyque / Orangers en Fleurs - L'Artisan Parfumeur

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