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Narciso Rodriguez : For Him

Je ne sais pas par quel type de procédés magiques le talentueux Francis Kurkdjian a su recréer un musc aussi criant de sensualité, toujours est-il que Narciso Rodriguez est un monstre en la matière. Après le succès du féminin, le couturier a appliqué la bonne recette du « On prend les même et on recommence« . En 2007, Francis Kurkdjian refait une interprétation autour du musc égyptien cher au créateur.

Je ne sais pas trop ce que le terme « musc égyptien » recouvre. Cependant, lorsque l’on cherche les éléments qui peuvent rapprocher le masculin du féminin, on perçoit de façon assez nette le caractère assumé de la note sensuelle voire sexuelle du musc qui sert de pilier à la construction des deux fragrances. Le musc présent dans les deux compositions mêle un véritable aspect sécrétions (le côté sale et animal) à une certaine rondeur et douceur qui compense l’impression débraillée…

Il me semble cependant que le masculin est plus aventurier dans ce domaine. Le départ en bouquet aromatique annonce une construction assez classique de fougère, mais laisse rapidement la place à la feuille de violette et son aspect cuir râpé qui fait penser au nubuck. A ce moment de l’évolution, il me rappelle Tom Ford For Men avec une facette plus fraîche. La suite devient plus contrastée. L’offensive séductrice et aguicheuse dévoile une légère odeur de transpiration métallique, contenue par une note de fleur blanche, mais qui restera présente jusqu’à la fin. Le coeur s’aiguise et s’arrondit, le musc sort ses plus beaux habits accompagné très discrètement par l’ambre. Sur le fond, le patchouli nous entraine comme lui seul sait le faire dans son lit de terre humide et fraîche, et continue de tanguer avec ce musc coquin décidément infatiguable. On terminera par ce long stade boisé-musqué-frais, qui s’étire sur la peau chaude apportant le contraste. On se souvient aussi du fond de patchouli dans For Her, mais qui était beaucoup plus moelleux et miellé.

Narciso Rodriguez For Him a les atouts d’un beau classique masculin, mais avec une vraie part de nouveauté inattendue et de risque. Bien que pour moi il charrie une grande dose de sensualité, jamais ce parfum ne tombe dans l’excès. Il reste fin et classe et surtout assez frais, ce qui le rend proprement irrésistible. A tel point que j’éprouve un plaisir non dissimulé à le porter et le sentir se dévoiler sur ma peau au fil des heures.

Le Papier d’Arménie édition 2006

Le traditionnel Papier d’Arménie est fabriqué depuis 1885, dans la banlieue parisienne, à Montrouge. Il a été créé après le voyage d’Auguste Ponsot en Arménie, qui avait remarqué que les habitants faisaient brûler du benjoin pour assainir leurs maisons. Le Papier d’Arménie est mis au point avec le pharmacien Henri Rivier, et connaît un grand succès à l’Exposition d’hygiène de 1888 ainsi que l’Exposition universelle de 1889. En effet, le composant principal du Papier d’Arménie, le benjoin, est connu depuis l’Antiquité pour ses propriétés antiseptiques, cicatrisantes et expectorantes. L’odeur du benjoin aurait aussi une action positive sur le mental, chasserait les idées noires et énergies négatives et aiderait à développer l’enthousiasme et la joie. Plus de renseignements sur www.papierdarmenie.fr

L’odeur du Papier d’Arménie est assez familière pour beaucoup d’entre nous, il reste l’un des meilleurs moyens pour parfumer et désodoriser une maison de façon naturelle et efficace. Je le connaissais depuis longtemps mais je m’étais, il est vrai, quelque peu lassée de son odeur pendant un temps. Puis à l’occasion de l’année de l’Arménie en France, Francis Kurkdjian et l’entreprise Papier d’Arménie ont collaboré pour mettre au point une nouvelle édition de ce dernier. Le petit carnet a changé de costume pour une version plus traditionnelle, et le parfum des lamelles s’est étoffé… On y retrouve toujours le benjoin, mais la senteur se fait plus orientale avec la myrrhe, l’encens, la vanille et les notes boisées. J’ai trouvé ce parfum vraiment signé, comme Eau Noire l’avait été : on retrouve cette force de l’essence et de l’arôme qui nous lie les poignets en nous laissant spectateurs ébahis et conquis. On aime le voir brûler lentement, voir la fumée légère onduler et laisser petit à petit le parfum investir la pièce, et venir se faufiler jusqu’à nos narines.

Etant un peu plus complexe, le parfum de l’édition 2006 du Papier d’Arménie tient plus longtemps que le traditionnel, et parfume les pièces davantage dans un esprit de parfum d’intérieur travaillé et raffiné, que dans une action désodorisante. Celle-ci est toujours efficace mais on ne la devine pas, on fait brûler le petit morceau de papier buvard plus par plaisir que par nécessité. Le parfum classique dégage certes une odeur très agréable, vanillée et douce. L’édition 2006 a une odeur familière mais elle fait voyager, suscite plus de pensées rêveuses. J’ai grand espoir que cette édition soit poursuivie, car elle rencontre un grand succès auprès des clients, même pour les utilisateurs inconditionnels de la version traditionnelle.

Sources : http://www.lepapierdarmenie.com, http://www.franciskurkdjian.com, Wikipedia


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