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Thierry Mugler : Womanity – La facette sucrée

Le 5 mai dernier, Thierry d’Olfactorum, Sophie de My Blue Hour et moi-même avons pu découvrir Womanity et sa curieuse construction autour de la figue, du caviar et du bois de figuier. Pour vous offrir nos 3 visions tout en partageant à chaque fois quelque chose de différent avec vous, chacun de nos blogs vous présentera une facette du parfum. Le caviar (facette salée) ici, le bois (facette boisée) ici et la figue (facette sucrée) ici-même.

La maison Thierry Mugler est de ces maisons dont on attend avec une réelle impatience les lancements parfums. Elle est jeune, dynamique, inventive : de l’univers futuriste de son créateur, ses parfums ont retiré une dimension résolument moderne et ancrée dans la technologie. D’ailleurs, avant même de savoir si Womanity me plaisait, j’avais déjà une petite idée des qualités qu’il devrait présenter pour me convaincre :

  • Une empreinte d’avant-garde dans l’habile utilisation de nouveaux matériaux « à effet », qui eux aussi peuvent être sublimés (On a vu l’exemple dans Alien avec le cashmeran, un bois de synthèse très velouté)
  • Une sensation de qualité (texture, corps, rémanence).
  • Un réel sentiment de nouveauté (A-t-on déjà senti cet assemblage autre part ?).
  • Et une cohérence d’ensemble. Ce nouveau lancement devait apporter une nouvelle lumière à l’image de la maison, mais toujours en accord avec les lignes existantes.

A l’arrivée, je ne fus pas déçue. Ce jus est résolument dans la continuité des premiers lancements. Les matières qui ont été travaillées l’ont été jusqu’au bout : on le sent aux effets que le parfum développe sur chaque peau, parfois plus sucré, parfois plus boisé, mais aussi salé. Womanity reprend les codes importants de la marque (aspect sucré, boisé, moderne), mais apporte à l’image des parfums Thierry Mugler une nouvelle dimension, et ouvre à mon avis une nouvelle porte pour l’avenir des créations.

La figue sert de base à la construction de la note sucrée : à l’ouverture elle est juteuse, verte, un peu acide. Le temps avance et elle mûrit sur la peau, sa dimension sucrée se révèle et elle se fait plus confite : un peu collante, plus parfumée, plus chargée. Ici, la note de la figue a été obtenue par un nouveau procédé d’extraction au gaz, développé par Mane, ayant permis de reproduire de façon fidèle l’odeur d’une belle figue mûre, fraîchement coupée. Et à ce beau fruit réaliste se rajoute une note lactée onctueuse, à l’ouverture du cœur, donnant au parfum un aspect très gourmand, comme un sirop épais. Si bien que je décrirais cette note comme celle d’une belle figue mûre, plongée dans un bol de lait. Et cette évocation a, comme dans Angel, un côté ludique. Pour moi, elle est associée à l’été, aux fruits que l’on cueille sur l’arbre pour en faire des confitures et dont une grande partie aboutit dans notre bouche par pure gourmandise et impatience.

Comme dans tous les parfums Mugler, la dimension sensuelle est bien présente dans ce parfum. Dans les premiers temps, elle pourrait paraître plus discrète ou en tout cas moins affirmée que dans les précédents opus. En même temps, il est vrai que la bombe de sensualité restera toujours Alien pour moi, avec son cashmeran cotonneux et son puissant jasmin charmeur. Mais Womanity présente les choses sous un autre angle, plutôt intéressant. Sa sophistication est plus naturelle, plus nude et plus près de la peau (bien que le sillage soit présent). Cette sensualité est celle d’un large sourire offert par une bouche pulpeuse posée sur un visage au regard taquin. Elle s’appuie sur le vent iodé de la luxueuse note caviar et la base texturante de la note boisée.

Je dirais que ce lancement a comblé mes attentes : je suis heureuse de la prise de risque que la marque a osé prendre avec cette création, prise de risque que nous ne rencontrons plus beaucoup en ce moment en parfumerie… Et je ne suis pourtant pas une grande amatrice des notes fruitées. J’ai cependant été surprise de lui trouver ici un réel intérêt : grâce à la reconstitution réaliste de la figue, l’évocation du fruit est saisissante et donne alors au parfum une vraie saveur. Ce travail est intéressant dans un parfum, puisque les « saveurs » sont habituellement réservées au domaine du goût, et Thierry Mugler est une des maisons qui cherche d’ailleurs à innover dans ce domaine, ce dernier lancement en est un exemple. Comment évoquer une saveur (acide, amer, sucré, salé) dans un parfum ? Si le sucré est une saveur devenue assez galvaudée, le salé, lui n’avait jamais été exploré en tant que réelle évocation, mais vous en saurez plus en allant lire Olfactorum !

Womanity est le deuxième opus dans lequel Thierry Mugler excelle dans le domaine du gustatif…

A découvrir à partir du mois de juin sur internet, puis au mois d’août en diffusion mondiale.

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By Kilian : Back to Black

Back to Black / Aphrodisiac est la prochaine création à paraître de By Kilian. Celle-ci sera disponible en septembre dans les différents points de ventes habituels. Vous pourrez alors facilement faire porter le chapeau à La Rentrée pour faire avaler à votre porte-monnaie rabat-joie, que vous avez  absolument besoin d’un nouveau parfum pour bien recommencer le travail…

Back to Black a donné du fil à retordre à Nez bavard. En effet, celui-ci est alternativement perçu comme un ambré-boisé ou comme un tabac, mais tout au long du parfum, les impressions et les références olfactives se bousculent, ce qui rend sa lecture plus ou moins ardue.

flacon_Back to BlackL’entrée en matière me fait purement et simplement penser à un verre de cognac. C’est dans ce départ que l’on sent le plus la filiation entre les parfums By Kilian et l’univers des spiritueux. C’est dense, liquoreux, chargé d’arômes fruités, boisés et ambrés qui promettent de se déployer fastueusement sur la peau. Passée la première giclée de liqueur fruitée qui me fait personnellement penser à de la prune, le parfum se recouvre rapidement d’une couche de poudre de chocolat Van Houten, un peu amère (pour le pouvoir aphrodisiaque peut-être…).

La touffeur chocolatée aurait presque des accents de cuir, et l’on sent dans le coeur de la fragrance une référence au Bornéo 1834 de Serge Lutens. Il y a chez By Kilian un accent beaucoup plus prononcé sur les fruits et sur une rondeur chocolatée qui est présente chez Bornéo mais dans un écriture plus sèche. Le patchouli a bien sûr plus de place dans la création de Serge Lutens, chez By Kilian il sert à renforcer une note sensuelle très suave et très riche. La comparaison vaut vraiment le détour, car ces 2 parfums semblent presque se compléter et développent conjointement une atmosphère dense et enveloppante, un peu poudrée. Mais là où Bornéo s’engage fermement dans une cave de bonheur patchoulité, la liqueur fruitée de Kilian s’étire et poursuit son chemin dans une image de petits raisins secs gonflés de rhum et d’épices. J’ai vaguement l’intuition d’une fleur (peut-être une lavande?), mais très légère, visible seulement à travers un filtre ou un brouillard de miel épais.

Dans les derniers stades, le parfum semble vouloir tirer vers l’univers du café sans vraiment y parvenir. La référence est présente ainsi que les facettes de l’odeur du café (chocolat, vanille, tabac), mais le personnage principal est absent. Les volutes finales s’accordent cependant assez bien autour de ce thème. La tasse de café-vanille n’est pas loin, posée à côté de la pochette de tabac à odeur de miel, pendant que des lèvres rouges mordent dans un carré de chocolat noir à la framboise (très nette sur ma peau). La tasse finie, il reste une couche de miel foncé (celui des fleurs de montagne), encore une fois riche et épais qui s’en va doucement mais sûrement vers un fond de miel ambré-fumé.

L’évolution est résolument séduisante, avec ce qu’il faut d’attendu et de surprenant. J’ai pour ma part beaucoup apprécié le travail réussi autour des notes sucrées qui ne sombrent jamais dans de la confiture over-lourde, alors qu’il aurait pu être dangereux de travailler à la fois les fruits (dont une framboise très réaliste), le chocolat et le miel… Et pourtant, ma peau a tendance à faire ressortir cet aspect dans les parfums.

A découvrir donc pour les amateurs de fruités intelligents aimant les univers changeants mais affirmés.


La Wish-List de Nez Bavard

Parfums Bois d'Argent - C. Dior / Ambre Narguilé - Hermès / L'eau de l'eau - Diptyque / Angélique Noire - Guerlain / Splash Forte - IUNX / Egoïste - Chanel / Iris Silver Mist - Serge Lutens / Vétiver Tonka - Hermès
Bougies Amber Ambush - Memo / Foin Coupé - Diptyque / Maquis - Diptyque / Orangers en Fleurs - L'Artisan Parfumeur

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